Tu peux me faire confiance [Ange & Soldat 76]

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Ange
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Jeu 15 Juin - 18:32



Tu peux me faire confiance
Ange & Soldat 76


« Et je pourrais conclure cette conférence sur le bilan annuel de l’hôpital de Zurich Inc. par remercier nos investisseurs et actionnaires qui nous ont permis d’avoir une croissance de 6,54% par rapport à l’année passée. »

Je regardais ainsi les quelques spectateurs qu’il y avait devant moi, soit principalement des employés, des médecins, quelques investisseurs et deux journalistes. Nous nous trouvions dans la grande salle de formation et cela faisait une heure que je présentais les chiffres de l’année passée et que je parlais des budgets pour celle qui allait arriver. Le département de pédiatrie et de médecine légale furent ceux qui eurent la plus grande coupe dans leur finance, au contraire des urgences et de la chirurgie esthétique. Il restait quatre minutes avant la fin du temps impartie.

« Vu que nous avons encore un peu de temps, vous avez le libre cours de poser quelques questions sur les budgets de l’hôpital. »

Un des journalistes leva la main et je fis un signe de la tête pour lui accorder la parole.

« Madame Ziegler, est-ce vrai que vous avez eu des contacts récemment avec des membres d’Overwatch ? »

« C’est avec plaisir que j’aurai répondu avec précision à cette question si nous n’étions pas dans une conférence consacrée au budget de l’hôpital. Mais je dirai simplement que oui j’ai eu un contact avec un ancien agent d’Overwatch, que la discussion a porté sur le simple fait de prendre des nouvelles de nos vies respectives et que non, il n’est pas question de former une nouvelle génération d’agent. »

Je vis par ma dernière phrase que je venais de lui couper l’herbe sous le pied. Personne n’osa poser une autre question sur l’ancienne organisation internationale. Du coup la conférence se termina.

Sonya mon assistante vînt me rejoindre à la sortie de la salle. Elle travaillait pour moi depuis trois ans et c’était un réel miracle qu’elle soit encore motivée. Je n’étais pas une patronne facile, j’attendais toujours l’excellence de ceux qui étaient sous mes ordres.

« Madame Ziegler, j’ai pris rendez-vous demain à 14h pour votre intervention chirurgicale, madame Heinzg a préparé tout ce dont vous aurez besoin. Afin de ne pas éveiller les soupçons, j’ai bien entendu fait passer le mot que vous serez en réunion et injoignable. Votre baby-sitter s’occupera d’Ana jusqu’à votre retour et elle ira bien entendu la chercher à l’école. Est-ce que vous voulez que je réserve quelques choses pour votre repas de ce soir ? Un nouveau restaurant italien vient d’ouvrir en ville et … »

« Non merci, Sonya, je dinerai avec ma fille chez moi. Cela fait quelques semaines que je lui promets son plat favori. Je vais rentrer, vous pouvez dévier mes appels professionnels vers Hanz. Profitez-en pour prendre votre après-midi. Nous nous voyons demain à 8h. »

« Bien madame, je vous remercie. Est-ce que vous voulez que je fasse quelques choses avant que je parte ? »

« Non, c’est bien gentil. Passez une très bonne fin de journée Sonya. »

« Vous aussi madame. »

La dernière fois que je m’étais permis de quitter le travail avant 18h, remonte facilement à l’anniversaire d’Ana il y a deux mois et demi. Je pris simplement mon sac dans mon bureau et descendit dans le parking de l’hôpital. Mon autopropulsion, une magnifique Audi rouge, était garée dans la partie réservée aux cadres supérieurs et à cette heure-ci il n’y avait personne. Comme par réflexe, je mis ma main sur mon pistolet dans mon sac, le temps de traverser cet étage. J’avais entendu dire que des anciens agents d’Overwatch avaient été retrouvés morts et je ne comptais pas être sur cette liste. Alors que j’arrivais à peine au niveau de mon véhicule, que j’entendis des pas derrière moi. Instinctivement, je me retournais et braqua mon pistolet sur cette personne.








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Soldier : 76
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Sam 17 Juin - 4:35



Tu peux me faire confiance
Ange & Soldat 76


C'était tout juste, pense t-il derrière la vague protection d'un muret. Une rafale fuse au-dessus de sa tête et 76 étouffe un râle contrarié. Sa blessure à l'épaule vient le rappeler à l'ordre en tirant sur son articulation : il n'est plus tout jeune. Plutôt caustique, détaché de l'affrontement, il se sent les deux pieds dans une routine un brin trop familière. Où qu'il aille des plaisantins essaient de ramener sa tête sur un plateau. Aujourd'hui la résistance qu'il combat court sur ses nerfs. D'un geste mécanique et presque las il active sa visière, ses tirs embrochent trois armes adverses qui implosent dans les mains de leurs porteurs. Déstabilisés les mercenaires tombent de leur piédestal comme un château de cartes et le soldat les réceptionne en contrebas pour les assommer tour à tour d'un revers de crosse méthodique. Il les ligote, en sifflant pour lui-même son irritation entre ses lèvres, histoire que les autorités légitimes fassent un minimum leur boulot.

S'il n'est pas d'humeur agréable la destination n'y est pas innocente. Ah, Zurich tu as laissé des plaies non cicatrisées. 76 aime à se dire que les lieux n'ont pas d'emprise sur lui mais le passé s'imprime dans chacun de ses choix et se réverbère dans chaque souvenir qu'il a laissé ici et là. Être proche de sa tombe le rend amer. Il n'a pas brisé son épitaphe pour rien. Pas de médailles ni de célébrations. Qu'il ne reste rien du héros tombé.
S'il se trouve en Suisse, version officielle dont il s'est persuadé, c'est pour inspecter une fois encore les locaux de l'explosion en quête froide d’éléments à assembler désormais qu'il digère l'identité du Faucheur. La vérité est moins avouée – elle rentre en contradiction avec les promesses qu'il a ratifié dans son esprit. Une vieille amie et douce conseillère manque. La douleur lancinante qu'il transporte avec lui ne fait que le lui rappeler davantage. Il s'amuserait presque à l'imaginer le réprimander. Sa bienveillance demeure un phare lui permettant d'admettre que le monde peut parfois valoir le coup.

Angela reste un appui précieux, leurs échanges épistolaires l'aidèrent plus d'une fois à retrouver du baume au cœur, mais il se doit d'éviter le plus possible de lui imposer sa présence physique. Cela entraînerait immédiatement le risque de l'exposer, ce qui s'avère d'autant moins envisageable dès lors qu'il fait l'objet d'une chasse à l'homme d'ampleur internationale. L'ange s'est retiré du front pour mener une vie de famille et le soldat ne peut que respecter un choix aussi sage. Un choix qu'il n'aurait jamais été capable de faire et qu'il n'a pas le droit de venir perturber.
Pourtant il y a ce Faucheur qui n'épargne aucun ancien agent – aveugle aux vies qu'ils mènent actuellement. Uniquement animé par l'appel du sang versé.

76 garde soigneusement Angela dans son viseur tout en s'efforçant de ne pas être une interférence dans son quotidien. Pour autant la liste des tombés s'allonge chaque semaine et il ne sait prévoir les déplacements de l'ennemi. Le soldat n'est pas convaincu que son amie soit assez bien armée, informée, pour prendre la mesure de cette menace inhumaine. Sait-elle qui se cache derrière ce masque de mort ? Il en doute. L'information est bien gardée. Si elle venait à l'apprendre, si elle se trouvait confrontée à lui, saurait-elle s'absoudre de son empathie pour abattre un vieil ami ? Probablement pas. Sa vocation est de rendre la vie et pas de la retirer. Une telle décision se prépare. En allouant un temps pour le deuil, un temps pour l'acceptation. Lui-même ne sait exactement à quelle étape il se trouve. Mais ils doivent être rationnels et il serait certainement préférable que l'information vienne d'un lui présent  – qu'elle ne soit pas transmise par l'intermédiaire d'une lettre, sûrement trop formelle, pouvant dissimuler à son regard la réaction de la jeune femme.

Plus ou moins résolu sa destination s'est finalement verrouillée. 76 détaille l'hôpital de Zurich Inc de l'extérieur. La bâtisse est impressionnante, une onde de chaleur parvient presque à gonfler son cœur de fierté : Angela a fait un sacré chemin des ruines d'Overwatch à la direction d'un tel site. Sa bonté gantelée de rigueur semblerait si stable, survivant au chaos ambiant pour mieux le panser.
Ayant surpris des conversations il comprend que son amie est en réunion alors il patiente à la hauteur du parking, à l'ombre des regards. Son véhicule est rapidement identifié. Bras croisés, il s'adosse à un mur pour préparer son approche. Il n'est résolument pas doué pour ça et en arrivant à cette conclusion un soupire de fatigue lui échappe déjà.
Quelques minutes les séparent de 18 heures lorsqu'il distingue une silhouette, aussitôt reconnue, rapidement progresser vers la voiture rouge. 76 gomme la distance entre eux en s'avançant dans son dos. Il aurait sans doute dû s'annoncer cependant l'idée ne lui vint pas en tête. Il ne supposait pas Angela aussi sujette à l'inquiétude. Mis en joue et sincèrement surpris, le soldat présente la paume de ses mains gantées à son interlocutrice selon un mouvement d'apaisement. « Angela. » Il l'interpelle d'une voix stable, aussi douce qu'il le peut. « C'est Jack. » Il lui propose ce nom car elle est une exception. Face à elle il sonne comme encore acceptable, porte des restes de sens. Pour donner vie à sa déclaration il ôte sa visière et abaisse son masque. Son visage traversé de cicatrices apparaît alors qu'il s'essaye à un sourire avenant. « J'aurais voulu te prévenir de ma visite mais elle n'était pas exactement prévue. Désolé de débarquer à l'improviste. »Il tâtonne pour ensuite laisser son expression faciale se murer dans la gravité. « Je dois te parler. En privé. Tu n'es plus en sécurité. » Il se lance directement, ne sait pas exactement ménager autrui et plante dans ses yeux un regard appuyé.











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Ange
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Sam 17 Juin - 15:28



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Mon arme était pointée vers Jack Morrison, mon ami et ancien commandant des forces d’Overwatch. L’un des seuls en qui je pouvais avoir confiance, car c’était, non je ne vais pas parler au passé, car c’est un homme d’honneur. Il avait levé ces mains, pour montrer qu’il n’avait aucune intention hostile à mon égard. Enlevant même son masque, son visage était marqué par des années de luttes et surtout par son âge qui le gagnait. Je compris lentement qu’il n’y avait aucun risque et que mon stress était la raison de cet acte. Alors que je pointé le canon de mon arme vers le sol, il s’excusa de ne pas avoir prévenu plus tôt qu’il comptait passer. Il n’avait pas besoin de s’excuser, je savais bien qu’il n’était pas du genre à venir sans une bonne raison.

« Ce n’est rien Jack, je suis désolée, c’est moi qui suis un peu sur les nerfs ces dernières semaines. Tu sais sûrement ce que c’est, le manque de sommeil, les responsabilités, tout ça. Ne t’excuse pas, tu es toujours le bienvenue pour moi. »

Il prit alors un regard bien plus sévère et m’annonça que je n’étais plus en sécurité. Il ne m’apprenait malheureusement rien, je savais bien que plusieurs anciens agents d’Overwatch trouvaient la mort à travers le globe. La mort n’avait pas besoin de ça pour frapper tous les jours.

« Jack, je sais, je sais bien que nous sommes des cibles. Winston m’a contacté il y a peu de temps, il s’est fait attaquer et il a pris l’initiative de rassembler l’organisation. Il voulait que je revienne dans Overwatch, mais non. J’ai refusé. D’autres avaient déjà accepté, et je sais bien qu’ils trouveront. J’ai confiance en toi aussi. Vous allez trouver ceux qui ont fait ça et vous allez les tuer, comme toujours. C’est tout ce que vous savez faire de toute façon, la guerre. Prendre des vies c’est votre quotidien. Depuis des années c’est votre quotidien la guerre. Mais ce n’est pas le mien, moi j’œuvre pour la paix. »

Ces derniers mots avaient été dits en baissant les yeux. Il avait été guidé de mon esprit à ma bouche, directement par mon état mental, par la fatigue et par le ras de bol de tout ça. Pourtant, alors que ces mots étaient point pour point ce que je pensais, je ne voulais pas croiser son regard. Je ne voulais pas voir ces yeux  alors que je l’accusais d’être responsable de l’état du monde. Même s’il était mon ami, même s’ils étaient tous mes amis, Winston, Tracer, Reinhardt. Même si je les appréciais énormément, je n’avais jamais voulu participer à leur guerre, à ces combats ou à ces massacres. Je voulais simplement que le monde vive en paix et Overwatch, comme toutes les organisations militaires, ne permettait pas cela.

« Tu es blessé ? »

En relevant les yeux alors que mon âme était allégée de ces quelques mots, j’aperçus enfin son épaule qui semblait en mauvais état. Du sang séché se trouvait sur cette partie de son corps, et il continuait à perdre un peu de son liquide sanguin par une déchirure dans sa tenue, mais aussi dans sa chair. Je rangeais mon arme dans mon sac, sortit une petite lampe de poche et m’approcha de lui. Je braquai désormais de la lumière sur lui et la blessure semblait à première vue assez critique pour s’en occuper, mais elle ne mettrait pas la vie de Jack en danger. Il fallait le désinfecter, le nettoyer et lui permettre de se reposer.

« Viens, entre dans mon véhicule, je t’emmène chez moi pour m’occuper de ta blessure. »

Je lui disais ces mots, alors que je l’aidais à rejoindre mon autopropulsion, comme s’il avait besoin d’un support pour ces quelques pas.

« Jack, je ne voulais pas te blesser avec ce que je t’ai dit il y a quelques secondes. C’est juste que je suis fatiguée de l’état dans lequel notre monde se trouve. J’aimerai réellement être un ange pour aider tout le monde, mais je ne suis qu’une humaine. »









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Soldier : 76
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Mar 20 Juin - 23:55



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Ange & Soldat 76


Toujours le bienvenue hein ? Le soldat esquisse un sourire en coin, piqué de regrets, tandis que son regard s'absente pour une seconde. Si son interlocutrice avait connaissance de ce qu'il apportait avec lui peut-être ne tiendrait-elle pas le même discours. Ou peut-être bien que si. Angela a trop souvent congédié ses émotions en faveur du bien commun. Il la détaille d'une œillade silencieuse, ne sait exactement par quel bout amorcer ces retrouvailles. 76 n'est plus habitué à ce registre, sa voix masquée proférant davantage de menaces que de discours civilisés. Dans le vague, il secoue sobrement la tête à l'affirmative pour marquer sa compréhension. « Oui je sais c'que c'est. Tu devrais penser à te ménager. Le monde a besoin de toi en un seul morceau et il s'arrêtera pas de tourner pour une ou deux nuits de sommeil. » Il sait parfaitement que ce n'est pas aussi évident. Le soldat se permet de déposer une main à la surface de l'épaule de son amie, appuyant le soutien que ses mots effleurent sûrement gauchement.

Lorsque Angela reprend la parole la main de 76 se retire d'elle-même. Une fatigue caustique le gagne, elle n'est pas dirigée vers l'ange pourtant son visage se ferme à elle. Son humeur se destine à l'état du monde, à ces erreurs du passé qui ne cessent d'alimenter la débâcle présente. Qui n'offriront jamais l'oubli. La voix gorgée d'une amertume qu'il ne sait contenir le soldat répond immédiatement. Sans retenue. « Tu ne sais pas à quel point vous êtes exposés. Tous ceux qu'il connaissait. » Sa sentence tranche avec brutalité comme si elle n'admettait pas d'être contrariée. C'est pourtant de la douleur qui se lit en filigranes et 76 passe une main virulente sur ses paupières à dessein d'organiser ses pensées. Il vient de vendre l'information, ce «il » lui brûle la gorge. « Désolé...» Marmonne t-il faiblement, n'ayant pas anticipé son emportement et il vient chercher son regard avec toute la tempérance dont il dispose encore. « Overwatch se rassemble si on peut dire. J'en ai entendu parler de cette initiative. » Un rictus factice lui échappe, marqué de désillusion. « Mais ils ne savent pas à quoi ils s'exposent, Angela. Ils ne savent rien de l'ennemi. » Son inspiration est profonde et visiblement coûteuse. « Le Faucheur. Celui qui s'attaque aux anciens agents. Toi et moi on le connaît très bien. C'est Reyes. » Sa déclaration est désuète en comparaison du poids de l'information transmise mais 76 ne savait comment l'articuler autrement. Il y a de la difficulté dans le simple fait de formuler ce nom. Il poursuit aussitôt sans laisser le temps à la révélation de se reposer. Le factuel le remet en selle. « Et il agit visiblement en coopération avec le Talon. J'ai reçu sa visite y'a pas longtemps et sans un coup de main je serais actuellement de l'histoire ancienne. Il ne nous fera pas de cadeaux. Tu dois prendre des dispositions, Angela. T'éloigner le temps que je règle ça. La tentative de récréer Overwacth ne te préservera de rien, il connaît parfaitement leur façon d'opérer. »

76 voit le regard du médecin décliner et comprend aussitôt que le sang versé s'est trop longtemps immiscée dans sa vie. Il reçoit sans colère les accusations tacitement alignées à son encontre : il les partage en partie, donnerait cher pour pouvoir défaire certains de ses choix. « Angela... Je suis un soldat. La guerre c'est ce que je connaîtrai jusqu'à la fin. Mais ce n'est pas ton cas. Je te demande de me faire confiance une dernière fois. C'est bientôt terminé. » Il n'y croit pas lui-même. Il n'y aura jamais de point final, jamais de retraite. Même s'il en venait à arrêter le Faucheur derrière lui attendraient des dizaines d'autres. Overwatch a lancé une machine mortifère par excès de son propre orgueil : la course à la vengeance. Et il y a aussi, plus haut, ceux qui tirent les ficelles et qui ne cesseront jamais d'user de chair à canon. Pour autant Morrison est sincère sur sa promesse de la solliciter, elle, pour l'ultime fois.

Il ne s'attendait vraiment pas à ce que son amie remarque son épaule, lui-même n'y pensait plus. Subitement 76 surprend la plaie à suinter de rouge à nouveau. Il apparaît hébété durant une seconde lorsque la jeune femme fuse sur lui pour l'ausculter. La laissant faire le soldat temporise pourtant la gravité de la blessure. « C'est juste une égratignure Angela. Ça m'apprendre à faire plus attention à mon angle mort. Je la sens à peine.» Il ne ment pas. L'accoutumance à la douleur associée à son amélioration métabolique lui permettent souvent de relativiser les dégâts. Parfois trop, parfois jusqu'à la lisière de l'inconscience. Admettons qu'il n'est guère attentionné. Le soldat cède finalement, ne trouve pas l'intérêt de lui opposer un argumentaire certainement en tort et monte alors dans le véhicule. « Tu ne devrais pas me conduire chez toi. Tu sais bien que je suis recherché. Et y'a ta fille. On devrait juste achever cette conversation dans un endroit à l’abri des regards. » Le soldat reste la cible d'une chasse à l'homme qui ne s'épuise jamais. Bien qu'il se soit assuré de ne pas être suivi le risque potentiel est accolé à chacun de ses pas. « Ne te justifie pas. Tu as le droit de penser chacun de tes mots. Je suis moi-même plus très sûr de ce qu'a été Overwatch. » Il se souvient, avec une étrange nostalgie, de cette époque où il défendait l'organisation face aux médias et détracteurs. Armé d'une foi inaliénable, convaincu d’œuvrer pour le Bien indiscutable. Les temps changent. « Crois-moi, si les anges existent y'a pas de doute sur le fait que t'en sois un. » Si sa voix se faisait sombre elle dérive sur quelque chose de doux. Il termine en lui offrant le premier sourire sincère esquissé depuis longtemps.











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Soldier : 76
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Ven 14 Juil - 6:29



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Ange & Soldat 76


La pluie s’écrase muettement et le temps est inconséquent.
Le regard du soldat se fige dans le vide et 76 perd du terrain. La piqûre de rappel touche trop juste. Elle lui cause une paralysie temporaire – le souvenir s’insinue dans son vieux corps comme du poison. Il n’a pas l’énergie de grincer et la mauvaise foi l’abandonne. Un instant tout semble insensé. Le présent est acide. Il ferme puissamment les yeux. L’épuisement le rattrape et il plisse lourdement son visage. L’âge s’imprime sur ses traits. Ses protocoles sont encrassés par le déni. Il ne peut plus songer à ça. Pas comme ça.

Amorphe il observe Reyes du coin de l’œil alors que la paume de sa main soutient lascivement son menton tuméfié. Si son visage tangue à intervalle régulier le soldat conserve un sourire immatériel au bord des lèvres. La fatigue l’embrume paisiblement puisque son équipier est à côté. Que l’odeur des viennoiseries danse jusqu’à lui en partance d’un petit kiosque bien incarcéré dans la vie civile.
L’aéroport est bondé mais les deux hommes ont institué une bulle improvisée. Leurs sacs sont adossés contre le pilier soutenant l’affichage et eux deux jonchent le sol dans un épuisement partagé. Ils se rient de leur dignité déchue et des badauds y assistant. Tour à tour ils sortent mollement de la léthargie et l’un indique à l’autre d’un geste désarticulé qu’une destination a un nom imprononçable. L’autre partage son dernier sandwich sous une impulsion de bravoure. Quelques éclats de rire et des échanges soudain plus lourds. Ils sont désossés par le programme d’amélioration des soldats. Amaigris et éprouvés. Morrison sait que s’il croît encore en ces promesses c’est parce que Reyes et lui essaient tout pour leur donner du sens.

L’enchaînement de scénettes seraient sans fin. La crise omniaque. Overwatch. Blackwatch. Reyes est présent à chaque moment clef de son existence depuis maintenant plus de trente ans. Comment pourrait-il oublier ce partenaire perdu. Alors il se cloisonne dans un mutisme où trente années de phrases et d’images s’imposent à lui. Il n’y a pas de solutions et Angela a raison – Gabriel est indéniablement leur ami. Le fatalisme l’enlace et c’est doux-amer. Peut-être que la fin serait méritée.
Mais un soldat ne s’éteint jamais. Un éclat terni anime ses yeux de regret et la colère prend furieusement le relai la seconde suivante. 76 ne peut renier le passé mais il peut le congédier plus loin en s’enchaînant au présent. A cette fonction guerrière et mécanique qui simplifie tout. Qui sépare Reyes du Faucheur dans la nomination de l’ennemi. Une partie de lui-même est morte et seul le combattant veut encore persister. Inutile de s’adresser à Jack Morrison. Il ne l’autorise plus.

L’aigreur rigidifie ses épaules et 76 déchire le silence d’une négation abrupte de la main. Il crache ses mots, spatialise inconsciemment son interlocutrice, ne restreint pas sa virulence. Il l’écrase de sa hauteur pour la faire plier face à la version des faits qu’il sait lui-même branlante et n’admet aucune concession pour préserver sa vérité. « Qu’est-ce que tu crois Angela ? Reyes était mon meilleur ami. » Il cherche la légitimé en soulignant qu’il le connaissait sûrement mieux que quiconque. Qu’il est le plus en droit de le regretter. Le plus en droit de vouloir pour lui une sépulture décente. Une mémoire propre. « Mais c’est plus vraiment lui depuis un bail. » Sa voix meurt en bouche et son regard s’abaisse. C’est faux. C’est faux et se le murmurer érode sa logique binaire. S’ils ont perdu Reyes c’est en partie à cause de sa propre vanité. Mais le soldat ne l’exprime pas. Inutile de se flageller. Il doit assumer cette responsabilité par les actes. « Et en admettant qu’ça soit lui… Tu voudrais qu’on le laisse distribuer la mort parce que la culpabilité nous bouffe ? »

Son esprit a un raté. Il essaie de traiter l’information mais c’est infiniment trop coûteux. Il aurait pu laisser ses genoux fléchir et son teint virer au blême. L’information manquante. Le rouage absent qui faisait dissoner l’ensemble de son histoire, celui qu’il poursuivait, lui explose au visage sans sommation. Reyes agonisant. Mourant. En charpie. Le prototype. L’écho se réverbère dans son crâne sans qu’il ne parvienne à adjoindre mots et sens. Le soldat a les bras ballants. La dernière fois que le monde environnant lui avait semblé aussi noyé dans la distance il n’était qu’une jeune recrue. Baignée pour la première fois dans les explosions de provenances confuses. Ah. La belle époque.

Les pleurs du médecin lui assènent le coup dont il avait besoin et le soldat vient fermement encadrer ses épaules, stabiliser son tremblement. Il s’entend à peine parler et ne sait pas exactement sur quelle pente il s’engage mais ne la libère pas. Il ne peut pas se résoudre à relâcher ce semblant de prise. De réponse. Pas après tout ce temps. Certainement est-il égoïste en ne concevant plus le monde hors des réponses traquées. « Tu aurais préféré mourir. » Il connaît et c’est déjà un vague repère. « Mais tu es bien vivante Angela. C’qui signifie que tu as encore du boulot à faire ici. Que tu peux pas te payer le luxe de penser que ta vie est finie. » Et le rappel vaut également pour lui. Bien qu’hachée sa voix redescend progressivement tandis que son regard vient chercher le sien. Sans y réfléchir sa main trace un sillon le long de la joue de son interlocutrice pour y gommer une larme. Il la veut focalisée. « Tu lui as sauvé la vie. Une partie de moi t’est reconnaissante. » La révélation est acide et le fait grimacer. L’écartèle. Il ne veut pas la mort de Reyes. Pas de Reyes mais celle de la menace. La différence est impossible à délimiter. « Et l’autre se dit que tu pouvais pas anticiper et que tu peux pas être tenue responsable des actions d’un autre. J’aurais sûrement fait la même chose. J’aurais pas accepté de … » Il se coupe et ne reviendra plus sur cette phrase.
« Mais bon sang. Pourquoi ? » S’exclame-t-il soudain sans marquer de transition tandis qu’il se penche sur elle sous la fièvre. « Pourquoi tu me l’as caché ? Est-ce que te tu rends compte qu’il y a peut-être quelque chose à faire au final ? » Ses pupilles sont secouées et sa voix impérieuse. « Je veux tout savoir de ce prototype. De c’qu’il aurait pu causer. »

(Hrp : Je pense que tu as lu le message de Faucheur mais je veux encore une fois m'excuser de la perte d'une partie de nos posts. Je ne sais pas dire à quel point je suis confus. Si je peux faire la moindre chose n'hésite pas à me mp).











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Sam 15 Juil - 17:58



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« Qu’est-ce que tu crois Angela ? Reyes était mon meilleur ami. Mais, ce n’est plus vraiment lui depuis un bail. Et en admettant qu’ça soit lui… Tu voudrais qu’on le laisse distribuer la mort parce que la culpabilité nous bouffe ? »

« C’est lui Jack, je suis sûre que c’est lui, je suis sûre qu’au fond de cet être il est encore là et qu’il souffre quand il tue. Il souffre de tuer ces collègues, il souffre d’être ce que j’ai … j’ai … j’ai fait de lui. J’aimerais tellement l’aider, mais je ne peux pas, je ne sais même pas pourquoi il est devenu cet être. Ni qu’est-ce que j’ai fait. »

Mes pleurs sont de plus en plus forts, de plus en plus prononcés et repenser à Gabriel et à cet horrible jour à Zurich me déchire cœur et âme.

« Tu ne sais pas Jack ce que c’est que de se lever le matin en pensant toute la nuit aux horreurs qu’on a fait. Non toi, tu es un soldat, tu as l’habitude de donner la mort. Moi je suis qu’un médecin, une femme de science, je ne supporte pas que la mort soit donnée à cause de moi. Je ne supporte plus de vivre. Si je reste, c’est uniquement pour ma fille. Tu sais, parfois dans mon bain, je me dis que même Ana serait mieux avec son père, Willem, qu’avec moi. Lui il s’occuperait bien d’elle. Moi, je lui paye des baby-sitters et des personnes pour s’occuper d’elle quand je travaille. Ces jours-là Jack, j’ai tellement envie de mourir. »

Il était le premier à qui je parlais de ça. Le premier qui pouvait entendre et comprendre la fragilité qu’il y avait en moi. Il me remercia alors d’avoir sauvé la vie de Gabriel. Je ne savais pas quoi répondre. Lui avais-je réellement sauvé la vie ? Est-ce que je ne l’avais pas plutôt contraint à une vie de solitude et de mort ? Est-ce que je n’avais pas plutôt ouvert une souffrance sans fin dans son être ? Oui, j’aurai dû mourir ce jour-là. Je regardais les voitures passées devant la station, en prenant Jack par surprise, il ne pourrait pas me rattraper si un bus passé, il était rapide certes, mais il n’avait … C’est alors que le commandant Morrison dans toute sa splendeur me secoua mentalement pour me demander pourquoi je lui avais caché.

« Je te l’ai caché, car j’ai honte de moi Jack. Et qu’est-ce que tu veux faire ? Tu crois que je n’y ai pas pensé ? Que je n’ai pas tenté de reproduire mon travail et ce prototype de Caducée ? Jack, le prototype est dans les décombres du QG, Gabriel m’a attaqué après l’avoir … transformé. Et dans la hâte, j’ai laissé là le bâton. Tu veux tout savoir ? Tu n’es pas scientifique, qu’est-ce que tu ferais de ces informations ? »

Je me ravisai et détourna le regard du sien. Sur le moment, je me sentais être des années en arrière, à Overwatch, sous les ordres de Morrison.

« Désolée commandant, je n’ai pas à vous parler ainsi. Les plans et les calculs se trouvent sur un disque dur chez moi. Il y a aussi quelques reproductions du Caducée, mais je n’ai jamais pu reproduire ce qui est arrivé à Gabriel. Souris, chats, chiens, j’ai réussi à les ramener à la vie, mais jamais à faire pourrir leur corps avec le prototype. Ni à faire surgir leur âme comme avec Gabriel. Je n’ai jamais osé retenter l’opération sur un humain autre que … que … autre que moi, à part notre ami, je suis la seule sur qui je l’ai utilisé, à quatre reprises. »

Comptant la fois où je m’étais soigné dans les décombres du QG, je ne voulais pas spécialement préciser pourquoi j’ai eu besoin par trois fois de me ramener à la vie alors que j’étais à la porte de la mort.

« Jack, ça ne servira à rien, même si je te spécifie en détail comme marche cette nanotechnologie, il n’y a rien qui me permet de comprendre l’état de Gabriel et l’aide que l’on pourrait lui apporter. »

Je me dirigeai vers ma voiture, lentement, je me sentais vraiment mal, mon esprit me faisait souffrir à l’instant.

« Viens, je t’emmène chez moi. Tu as sûrement faim aussi. »








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Lun 24 Juil - 3:40



Tu peux me faire confiance
Ange & Soldat 76


Le regard du soldat se voile et il rejette violemment le visage de côté en mordant sur ses dents. Les mots d’Angela forment autour de lui un brouhaha insupportable – il se ferme avec virulence comme si la tentative visait à le dénuder, à exposer ses doutes à l’air libre. Ses poings se referment avec brutalité sur le vide. Là où combattre serait automatique, inscrit dans ses chairs, cette situation nuancée le dépasse. 76 est fissuré entre l’ardeur naïve qui crépite au creux de ses entrailles et qui brûle de ramener ce qui pourrait rester de Reyes et la complexité glacée de l’équation. Tout serait plus évident si Faucheur n’était qu’un ennemi à faire tomber et le soldat n’est pas prêt à abandonner cette simplification. « Il souffre ? » Grince-t-il en riant, amer de sarcasme. « Toujours moins qu’ceux qu’il envoie six pieds sous terre. » Il se fait volontairement cruel et profite des pleurs de l’ange pour imposer sa sentence. Il n’aime pas le faire mais pense qu’il s’agit d’un mal nécessaire – il n’a pas le droit d’hésiter s’il entend protéger ceux qui restent. Il sera inflexible à leur place.

Pourtant sa conviction se fane et sa voix retombe un peu. Il n’arrive pas totalement à mentir face à lui-même aujourd’hui. Sûrement est-ce car le médecin sait appuyer sur ses contradictions. Suite à un soupire coûteux il dépose sa main contre l’épaule frêle d’Angela.  « Si Gabe est encore là-dedans je le verrai. J’compte pas l’abattre comme un chien. » Le ton est celui de la confession et 76 entrebâille légèrement le blindage. « J’ferai en sorte d’être sûr, tu as ma parole. Mais qu’il soit une victime ou non je dois mettre fin au bain de sang tu l’sais aussi bien que moi. J’préfèrerais que ça se passe bien. Si y’a encore du bon à espérer. » De la tristesse traverse cette promesse à voix basse. Il lui épargne le détail de sa confrontation avec le spectre et la balle reçue de sa part. Le bon y est absent.

Ce que le docteur lui confie le gèle sur place pour une seconde. La négation est fiévreuse et le traverse dans un soubresaut sûrement mal avisé. Il l’empoigne de ses deux mains fermes. Il ne peut pas l’autoriser. Il la retient physiquement ne voulant pas la voir se dissiper. « Ne dis pas ça. T’as vu tout c’que tu m’as raconté sur ta gamine ? Elle a besoin de toi auprès d’elle et tu le fais bien. Mieux que quiconque pourrait. » Il tente de se modérer et vient une nouvelle fois chercher son regard. « Angela… » 76 déglutit, prend progressivement conscience du poids de la confession qu’il reçoit alors il relâche lentement son emprise asphyxiante. « Je comprends. » Il laisse le silence confirmer la solennité de son affirmation et ordonne ses pensées. « J’ai pensé qu’à moi en réagissant comme ça, à comment ce serait de plus t’avoir mais je comprends. Y’a des jours où continuer semble plus rimer à rien. Et ils sont parfois nombreux. Même un soldat le sait. » Mais il se garde d’approfondir. « Tu pouvais pas anticiper ce que ça allait faire. Ce jour-là à Zurich t’as juste fait ce que tu fais toujours. T’as tout tenté pour sauver quelqu’un. La question c’est qu’est-ce que t’aurais pu faire d’autre ? Le laisser à l’agonie ? Le reste c’est pas de ton ressort. » Il ne sait comment le lui démontrer. Son plaidoyer est pauvre ainsi formulé par une logique brute.

Les traits de 76 se plissent tandis qu’il détaille l’ange qui semble s’absenter derrière ses yeux éteints. Il donnerait cher pour accéder à ses pensées tout en étant certain de ne pas apprécier le voyage. Lorsqu’elle revient à elle l’homme à la veste de cuir l’écoute avec attention. S’il constate sa virulence il ne s’en offusque pas. Il commence à entrevoir la partie exposée de ce qu’elle a traversé en solitaire. « J’me doute que tu as essayé. Mais tu m’dis que tu n’avais pas le bon prototype. Y’aurait quelque chose à faire avec l’originel ? J’suis pas scientifique mais je peux peut-être te récupérer ça. C’sont pas quelques gravats qui m’arrêteront. » Si l’appellation commandant pourrait faire jaillir un flot de souvenirs il n’a pas le temps de s’y attarder et le fil de réalisation qui se déroule mord sur sa contenance. Il finit par exploser d’un «sur toi-même ? » furibond. « Tu peux me joindre dans des moments pareils Angela ! Et Wilhelm tu l’as recontacté depuis ? T’as pas à faire face seule et t’as sûrement pas à en arriver là. » C’est l’impuissance qui le fait rugir ainsi. Il était à des lieux de visualiser ça lorsqu’il se proposait pour retourner les ruines de Zurich.
C’est un semblant de coup de grâce lorsqu’elle l’informe que la nanotechnologie ne sera pas une clef de résolution. Reyes semble davantage perdu durant une seconde, alors pourtant que le soldat ne se savait pas en train d’envisager une fin heureuse. Et c’est elle désormais qu’il pourrait voir partir. Les rouages d’adossent mal les uns aux autres et le soldat n’emboîte pas tout de suite le pas de son amie. Il a du mal à accepter. « Alors foutons cette technologie de côté. » Lâche-t-il âprement, toujours dans son dos. Il avance finalement d’un pas lourd vers elle. « J’commencerai par l’interroger et j’lui laisserai pas le choix. S’il est toujours lui il me le fera savoir. » 76 veut résoudre au plus tôt et le besoin est impérieux. « T’auras plus longtemps à porter ça, Angela. J’te demande de te reposer sur moi pour cette fois. C’est mon rôle. » C’est à son tour de laisser fuir son regard. « C’était plus ça entre Reyes et moi depuis un sacré bout de temps. J’ai plus de responsabilités là-dedans qu’tu l’imagines. »

Il observe un silence de plomb. Il lui apparait plausible que les soins de l’ange aient vécu l’interférence du fardeau porté par Gabriel. Le sang versé dans l’ombre et l’anonymat ça marque une conscience. S’il se reprend c’est au bout de quelques secondes. « C’est toi le chef. J’aurais rien contre un repas. J’en aurais peut-être même bien besoin. » Peut-être ferait-il mieux de disparaître dès maintenant pour accomplir sa tâche et l’en délester mais le soldat ne peut se résoudre à la quitter après avoir tutoyé sa souffrance. « Tu sais, Angela, t’es assurément plus forte que moi. T'as su rester quelqu'un d'bien.» Une tentative de sourire alors qu’ils s’approchent du véhicule. Sûrement émoussée.











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Ange
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Mar 25 Juil - 19:51



Tu peux me faire confiance
Ange & Soldat 76


Nous retournions dans mon véhicule pour reprendre la route de ma maison. Il devait rester une dizaine de minutes avant d’y arriver.

« Jack, je ne suis pas quelqu’un de bien. Quelqu’un de bien aurait déjà sauvé Gabriel de l’état dans lequel je l’ai mis. Tu sais, ça fait longtemps que je ne sauve plus personne. On m’a chargé de diriger un hôpital, je prends des responsabilités, je donne des ordres, je gère des équipes, mais je ne sauve plus de vies. Quand je pars en mission à l’étranger, l’importance de mon poste fait que je ne peux pas me trouver dans des endroits où je pourrais réellement aller. Caducée, je ne l’ai jamais utilisé depuis l’incident et même si je l’ai amélioré, je n’ose plus appuyer sur le bouton quand c’est un humain en face. Je ne suis plus que l’ombre de ce que j’étais. Et pour tenter de me rassurer, pour tenter de me faire croire que c’est comme avant, je n’ose pas vieillir en plus. J’ai mis au point une nanotechnologie de chirurgie esthétique naturelle et c’est pour ça qu’on me donne encore vingt ans sur le physique. Voilà à quoi est réduite la fabuleuse Angela Ziegler, avoir honte de ce qu’elle est. »

Il voulut répondre, sûrement pour me réconforter, mais je n’avais pas envie d’entendre des mots inutilement bienfaisants.

« Laisse Jack, c’est rien. Je pense que je vais contacter Willem pour qu’il apprenne qu’il a une fille. Je pense que ça me ferait beaucoup de bien de le revoir. »

Je me remis en route, roulant avec bien plus de prudence que tantôt. La simple idée de repenser à mon beau chevalier Reinhardt, suffisait à me calmer un peu l’esprit. Mais l’heure n’était pas aux romances.

« Si je retrouvais le prototype Caducée originel, je pourrais au moins l’étudier pour comprendre l’erreur qui a conduit Gabriel à être ce qu’il est. Mais, j’ai fait fouiller les décombres, j’ai envoyé six équipes de mercenaires en payant une grosse somme, mais rien à faire, aucun ne l’a retrouvé. Et s’ils l’ont volé, ils ne l’ont jamais vendu nulle part de ce que j’en sais. Si une firme médicale avait sorti un produit similaire, je l’aurais reconnu. Donc, tu peux bien fouiller les ruines de notre ancien QG. Nous pouvons y aller ensemble si tu veux. Je sais où j’ai … j’ai … transformé Reyes. »

Plus tôt quand j’avais failli lui avouer à demi-mot que j’avais tenté de mettre fin à mes jours, et qu’il c’était proposé comme une oreille amicale pendant des moments durs, je n’avais pas répondu. Je ne voulais pas bêtement lui mentir avec un « promis la prochaine fois je t’appelle », je savais que c’était un mensonge d’avance.

« Tu sais, quelqu’un de bien aurait accepté la proposition de Winston afin d’avoir enfin la chance de pouvoir sauver des vies. Mais non, j’ai encore pensé qu’à moi comme une égoïste. Tout ce que j’ai fait, c’est lui promettre qu’il serait soigné à Zurich. Mais sincèrement, je ne sais même pas si je pourrais tenir cette promesse. »

Je me garais devant mon garage, contente et soulagée d’être enfin chez moi. Je sortis du véhicule et regarda autour de la maison pour voir si des voisins regardés par là. Je n’avais pas tellement envie que la presse scande que je reprenais du service. Je pris mon sac et me dirigeai vers la porte d’entrée. Ana vu l’heure jouait sûrement avec sa gardienne dans la salle de jeu. Je mis la clef dans la serrure et vis une fois la porte ouverte que deux papiers se trouvaient au sol. Je les prix. Il s’agissait de photos imprimées comme on en faisait avant. La première représentait la brigade des soins d’urgences d’Overwatch il y a une dizaine d’années. Sur la photo, se trouvait trois personnes qui se prénommaient Maïs, Oracle et Silver. Et au milieu, moi dix ans plus jeunes. Les trois assistants de la brigade avaient tous une croix au niveau de la tête et sur la mienne se trouvait une cible. La seconde photo était bien plus récente. C’était Ana et moi, à la sortie de l’école, il devait y avoir quelques semaines. Dans mon esprit, plein d’images passèrent, j’espérais que quoi qu’il se passe, ils ne s’en étaient pas pris à ma fille.

« ANNAAAAAAAA »








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Dim 17 Sep - 5:17



Tu peux me faire confiance
Ange & Soldat 76


Dans ses jeunes années où palpitait encore l’optimisme Morrison était reconnu comme l’unificateur d’Overwatch, celui sachant faire le compromis des individualités et les assembler dans un tout efficient. Le rayonnement du commandant dispensait un baume autour de lui, on investissait de la confiance dans son seul nom. Sous ce souvenir la large carrure du soldat s’affaisse dans l’habitacle de la voiture, ses épaules retombent arrondies et sa mâchoire amère grince. Les affiches où il trônait en modèle semblent aujourd’hui se payer sa tête. Et ceux qui l’admirèrent un jour auraient dû grandir plus tôt.
76 n’est plus le gaillard d’avant – celui capable de transférer un peu de ses espoirs à autrui. Aujourd’hui il est le vieillard âpre qui ne trouve sa satisfaction que dans l’odeur fumante des cartouches à impulsion et ses paroles, ses convictions, sont encrassées par la guerre. Il est brûlé par le combat qui lui seul lui prête encore vie en crépitant mécaniquement dans ses veines. Il n’a rien à donner de sain. Son épaule désaxée grignote à peine son attention tant il n’est plus là que pour faire justice, tenir son arme et faire feu.
La sensation d’être retiré du terrain que lui partage Angela il la connaît d’une autre vie mais le médecin le coupe aussitôt dans la réponse qu’il cherchait alors il n’insiste pas. Tandis qu’il se courbe sur le siège son regard bleu gelé traverse le pare-brise et il fait craquer le cuir sur ses phalanges avec absence. Il se souvient des dossiers jonchant son bureau, des noms de ceux tombés noircissant les lignes qui n’attendaient que sa signature pour être classifiées. « Si personne donne les ordres on peut sauver quelques vies mais pas un maximum. » Ces mots sont jetés hors de ses lèvres d’une voix rocailleuse, basse comme un soupir. Naviguent derrière son mutisme les décisions prises par ses années de commandement. Les bonnes et les coûteuses. 76 respecte un silence qui n’insinue pas vraiment le confort et analyse l’état actuel du docteur Ziegler. Ses traits juvéniles ressemblent à une punition – une interdiction refusant au temps de s’écouler sur les erreurs du passé. Son regard qui la détaille témoigne de sa réprobation tranchée mais il ne s’engage pas dans une formulation. Si ce n’est pour mâcher un « Je n’vois rien d’honteux en te regardant Angela. » resté rigide sous sa voix rauque. Il aurait sûrement souhaité en dire plus mais il doute qu’une effusion supplémentaire puisse être d’une quelconque aide. Les mots ne pèsent rien face aux actions alors lorsque le nom du croisé est évoqué 76 opine sobrement du chef. « Tiens-moi au courant de la réaction de Wilhelm. » Angela apparaît apaisée en se projetant en la compagnie du colosse et le balafré traite assez facilement l’information. Avoir quelqu’un de signifiant est inestimable quand on peut encore s’accrocher à quelque chose. Une part de lui tient pourtant en méfiance l’impétuosité de son ancien collègue. « Tu peux me donner les noms de ceux que t’as engagé et je m’occuperai d’en faire quelque chose. Mais j’tiens pas à te ramener là-bas. T’as bien assez donné. » Il ne doute pas d’être convaincant, l’avantage de ne plus être entravé par la moralité.
Le silence une fois encore s’engouffre dans le véhicule. Le dos rigide et les mains liées entre les genoux, 76 observe gravement le paysage se découper à l’horizon et s’ouvrir sur un quartier pavillonnaire. Un maillage de maisons alignées et de pelouses tondues s’offre à son œil étranger. Il n’aurait pas cru un jour fouler de nouveau un tel havre de vie quotidienne, l’espace d’un instant les ruelles sanguines de Dorado lui semblent plus hospitalières et surtout plus lisibles. Le soldat ne conserve en lui presque rien de son calme Indiana natal. Il en fait le constat avec acceptation et un brin de cynisme. Lorsqu’il prend à nouveau la parole 76 vient appuyer ses mots dans un contact visuel prononcé. « Tu sauves des vies à ta manière. Pas vouloir te relancer dans une redite d’Overwatch signifie sans doute que t’as retenu la leçon des erreurs du passé. Et j’te vois pas fermer la porte à un vieil ami. » Dans une pointe d’humour éraillée il se désigne. « J’en suis la preuve incarnée. » D’un revers de main il balaie le vide devant lui pour congédier sa propre tentative et chemine à son tour vers la porte d’entrée. Il n’est plus de ceux qui savent réconforter.
Quelque chose ne va pas. Angela se statufie sur le seuil de la porte, ses mains gelées autour de quelque chose qu’il ne distingue pas dans son dos. L’inconnu aiguise ses pires suppositions. D’un pas rigide 76 gomme la distance entre eux et pénètre avec autorité dans le périmètre de la jeune femme. Ses yeux agrippent férocement la photographie et son sang ne fait qu’un tour ; information immédiatement traitée. Du plat de sa main droite il repousse le médecin vers l’extérieur et lui intime d’y rester en coulant un regard impérieux sur elle. Il ne la laisse pas passer, ses épaules larges occupent tout l’espace sans transiger. Sa main gauche sort le desert eagle du holster chevillé à son torse et il fuse sans attendre vers la cloison la plus proche lui offrant une couverture. Ses muscles pulsent sous sa peau au rythme de l’adrénaline mais son regard demeure glacé, focalisé.
Il conserve Angela dans son angle de vision et lui adresse des gestes codifiés pour lui transmettre ce qu’il perçoit : clean pour l’instant. Alors, après un hochement de tête, il s’engouffre davantage dans la bâtisse. Des bruits étouffés lui proviennent de la pièce attenante – un fond sonore continu entrecoupé de voix qui se répondent. Un poste de télévision. 76 progresse et décoche finalement un coup de pied dans la porte pour garder arme en main. Celle-ci ne lui résiste pas et lui dévoile son contenu.
Une petite fille fond immédiatement en larmes – terrifiée par l’entrée fracassante du soldat. Soldat qui inspecte minutieusement la pièce avant de rendre l’arme à l’étui. La gravité dans sa voix se dilue à peine pourtant le balafré s’accroupit à la hauteur de la gamine et l’ausculte jusqu’à obtenir la certitude qu’elle n’est pas blessée. Découpe de plus en plus calmement ses mots. « Ana je suis un ami de ta mère. Tu ne risques rien. Attend ici je vais la chercher. Surtout ne bouge pas. » Il ne perd pas une seconde et rejoint le docteur. Dès qu’il arrive sur elle le soldat dépose à la hauteur de son épaule une main ferme à dessein de la stabiliser, de rassembler son attention également. « Ana va bien et y’a personne à l’intérieur. Mais vous ne pouvez plus rester là. » Le soldat mord sur ses dents avec brutalité, fulmine. « Reyes. Ca peut être que lui. Tu le sais aussi bien que moi. Je suis pas un sain Angela mais laisse-moi veiller sur vous jusqu’à ce qu’on trouve une solution. »

Spoiler:
 











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Ange
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Hier à 20:03



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« Ana … »

Jack me repoussa sur le côté alors que ma maison, qui était devant moi, devînt le symbole de l’insécurité et de la terreur. Je n’osais pas entrer. Mais, mon ancien commandant avait gardé tous ces réflexes. Alors qu’il se trouvait dans le hall, arme à la main, il me fit signe d’attendre et que sa première vue était sans risque. Puis il entra dans les entrailles de cette nouvelle épreuve. Les secondes sans le voir, sans informations et sans savoir ce qu’est devenue ma fille, me parurent des heures. Puis, il arriva. Ana va bien.

« Jack, merci. »

Pour lui, ma maison n’était plus en sécurité, mais en vrai ce n’était que des photos mis devant ma porte. Ana allait bien. Je me dirigeai vers sa chambre et elle me sauta dans les bras. Elle pleurait, moi je devais être forte.

« Ana, est-ce que tu as vu quelqu’un ? »

Elle désigna du doigt Jack, je lui demandais alors, s’il y avait quelqu’un d’autre que lui ? Sa réponse fut à la négative.

« Jack, je ne peux pas quitter ma maison juste pour quelques photos. Je ne vais pas déranger les habitudes de ma fille pour ça. »

Je regardais Ana dans les yeux et lui fit un sourire, à ce moment-là arriva la nounou de ma fille qui était censé la garder. Directement, je vis Jack la questionner sur ce qui venait d’arriver et toutes ces réponses furent négatives. Il n’y avait personne qui était entré dans le bâtiment. Personne n’avait enclenché le système d’alarme. Je lui demandais alors de garder ma fille pendant que je discutais discrètement avec Jack.

« Jack, je ne vais pas quitter ma maison, je vais augmenter la sécurité. Je vais inviter Willem à venir et il m’aidera à la protéger. Par contre, je vais sérieusement penser à mettre à jour mon équipement et à avoir avec moi de quoi me défendre à tout moment. S’il faut que je mette en sécurité ma fille, alors je l’enverrai chez Willem. Jack je ne peux pas te mobiliser ici alors que tu as sûrement d’autres chats à fouetter. Et si ce n’est pas Gabriel, tu vas perdre ton temps. »

J’écoutais mon ancien commandant démonter mes arguments un par un. Il n’avait pas tort, je ne pouvais pas simplement me baser sur ce que je venais de dire.

« Bon Jack, voici ce que je peux te proposer. Je fais venir Willem, j’augmente ma sécurité et tu restes dans le coin le temps que je fasse l’anniversaire de ma fille. Je ne peux pas lui gâcher ça. Si tout va bien et qu’il n’y a rien de mal, que tout ça n’est qu’une farce alors il n’y aura pas besoin de continuer cette surveillance. Je te remercie Jack de t’inquiéter pour ma famille. »







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