Opération Fer-De-Lance // Dans l'Opéra

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 ►Véritable nom :
Roman Sem.


 ►Localisation :
Là où ça vous arrange pas.


 ►Affiliation :
New Overwatch.


 ►Equipement :
Gants répulseurs, drones d’espionnage, un beretta nommé "pasdechance", oeil gauche mécanique.

the world can always use more heroes
Roman Sem
Roman Sem
lazy bones
Dim 16 Déc - 23:50

L’explosion qui a éventré le mur était violente, assez pour empêcher de déterminer l’allégeance des morts qui pavent le couloir. Peu importe après tout, un mort est un mort. Quelque chose qui a cessé d’être. Le finlandais n’est pas de ceux qui parviennent à accorder de la valeur aux objets.
L’amoncellement de cadavres ressemble à une corne d’abondance déshumanisée, la texture sanguine et brouillonne qui s’écoule au sol ne lui évoque rien même si certains visages figés semblent encore capables de le toiser. Roman n’éprouve aucun mal à faire sereinement les poches mais, puisque New-Overwatch le ferait, il ferme les paupières de ceux et celles qui en ont encore. Ces maigres respects ne rendront rien mais ne coûtent pas non plus grand-chose. Devant lui Redson et Sieq s’échangent des banalités un rien émotionnelles et le finlandais notifie la teneur de l’échange sans réellement en imprimer le contenu. C’est extrêmement rare de voir le balafré s’entretenir avec quelqu’un sur ce ton là, comme s’il percevait et admettait un égal.
A l’aide de son œil artificiel, genoux au sol, le fouineur prospecte sans lever la tête vers ses camarades, détaille les surfaces charnues et mortes en tâchant d’évaluer l’utilité de leurs équipements, balance au-dessus de son épaule ce qui n’est plus utilisable. Ses manches se teintent de rouge. A force de baigner dans les cadavres il finit par faire de belles acquisitions, enfourne des munitions dans son sac à dos et, sans sommation, se redresse en direction d’Alys et de Camille – il marmonne une salutation préventive pour se signaler dans le noir inamical et leur refourgue des lunettes de vision nocturne arrachées à leurs possesseurs, il confie également une mitraillette à la cuirassée qui par automatisme passe l'arme en bandoulière autour de sa stature lourdement armurée. Sans un mot de plus mais avec un haussement d’épaules négligé il en retourne à sa fouille. Et là ça devient intéressant. Un groupe de trois ou quatre morts entrelacés les uns aux autres attire particulièrement son attention – ils semblent visuellement mieux équipés que les autres. Roman peine un peu à déloger le plus épais qui lui présente son dos et qui gît sur ses comparses, grimace sous l’effort mais parvient à le faire glisser sans grâce de côté. Les lèvres du macchabée sont arquées dans une expression de surprise béante. Ce type avait certainement voulu faire barrage de son corps pour préserver ses équipiers, c’est dire à quel point la bonne volonté ne suffit pas. Très honnêtement ça ne donne pas envie au finlandais de se donner à fond. Il sait qu’il n’a aucune emprise sur la situation, qu’il ne peut que la constater depuis le début. Roman sait que Camille agit comme quelqu’un qui n’a plus rien à perdre et qu'elle s’appuie sur le principe d’inertie, les routines inculquées, pour avancer jusqu’à ce que ça craque. Il sait également qu’Alys a commencé à entrevoir les ficelles faisant d’eux des personnages sans incidence et que la réalisation l’a partiellement rendue folle. S'il n'y avait pas Seth, le fouineur lui-même aurait sans doute totalement perdu pied avec le réel. L’intérêt de donner de l'importance aux choses, aussi arbitraire et malade que ce soit, c'est de se sentir encore un peu tangible. Mais son frère n'est pas là pour l'instant. Alors ça déplace le curseur plus loin, ça accorde un objectif. Parce que lui le gros calibre de New Overwatch il s'en moque un peu. Il est là parce qu'il fallait que quelqu'un occupe sa place, qu'il est moins traumatisable que d'autres. Ce n'est pas ce huit clos morbide, malgré ses belles allures d'apocalypse, qui le déchausse de son bonhomme de chemin. L'avantage quand on ne tient à rien ou presque, contrairement à Camille, c'est de ne pas se sentir dérobé en perdant quelque chose jamais vraiment possédé.
Ce qu'il a trouvé pourrait être utile pour la suite, pour repousser un peu plus loin la fatalité qu'il ne regarde pas d'un si mauvais œil, c'est déjà pas mal et ça coïncide plutôt bien avec l'idée que sa ligne scénaristique n'est pas achevée. Des grenades de divers types. Roman peut facilement en reconnaître certaines mais il lui faut une seconde de plus pour comprendre qu'il a également récupéré plus pétaradant : des pièces d'acier enrobées de verre et contenant une mixture gélifiée. Ce n'est pas si difficile à analyser, ça ressemble de près à des cocktails molotov de qualité supérieure.

Tout se précipite soudain. Son œil gauche se constelle d’interférences. Lourdement sa paume appuie sur son dispositif, tentant vainement de juguler ce qui ressemble à un dysfonctionnement et le finlandais s'adosse au mur de manière assez déséquilibrée, sourde, pour attirer l'attention de Sieq et de Redson. Ce n'est pas la première fois que l’appareillage tire trop sauvagement sur son nerf optique, le revers de la médaille de s'être fait opéré sous le manteau dans un entrepôt glauque, mais depuis que les toubibs de New Overwatch étaient repassés dessus ça allait mieux. Et cette fois-ci il identifie vite que ce n'est pas comme d'habitude. Les deux vétérans fusent de concert vers lui alors que, progressivement, la crispation défigurant les traits juvéniles de Roman dévie vers un sourire large. Il ne prête aucune attention à la poigne impérative de son supérieur qui stabilise ses épaules. Une carte lui apparaît très nettement, l’obnubile, et elle est décorée d'une succession de points clignotants. Finalement la silhouette du haut-placé-émérite de New Overwatch aka leur objectif primordial se la joue image résiduelle, tangue dans son esprit et le tague durant quelques secondes. L'invitation est charmante, elle répond presque trop bien à leur absence de recours. Elle n'en est que plus intrigante encore. Son œil n'est pas relié au réseau, quand bien même il le serait les communications sont fermement brouillées. Il n'y a pas beaucoup de solutions à ce casse-tête. La seule qui lui vient spontanément c'est que son interlocuteur se soit infiltré dans son bidule avant les événements, dans ce cas l'idée que le grand ponte d'Overwatch soit derrière la manœuvre se tient plutôt bien. Il pourrait aussi penser à une mauvaise farce, mais si tel était le cas la personne devrait se trouver dans un périmètre restreint et elle aurait sûrement mieux à faire que de pranker une escouade lambda. Du style, esquiver les multiples explosions.

"Qu'est-ce que tu fous Sem ?" La voix de l'officier en charge est impérieuse quoi que légèrement soucieuse. Sûrement car le sourire tranquille de son subordonné n'est pas si simple à faire fléchir - sûrement car Sieq voit en Roman un gamin assez disjoncté pour être paradoxalement stable face à l'horreur. A ses yeux si le gosse chancelle les emmerdes ne sont pas loin, d'autant que le finlandais se garde souvent de communiquer toutes les informations à disposition. Redson, lui, ne connaît pas le gamin et sa gueule cabossée souligne parfaitement bien sa méfiance à son égard. Cet endroit n'est pas un terrain de jeux. Le finlandais retourne plus fermement sur ses pieds, suite à un toussotement anticlimactic il marmonne. "On est contactés par les hautes sphères faut croire. J'ai vu l'image du VIP qu'on est venus chercher, en prime on a une carte et des balises marquant ses positions possibles. Enfin on peut sûrement interpréter comme ça." Sieq se drape d'une rage bien palpable quand bien même elle reste jugulée pour l'instant, il ne supporte pas que les choses le dépassent, de ne pas les avoir bien tangibles et en main. "Et comment ça s'tiendrait que ce soit magiquement toi qui aie l'info ? On a rien vu, les communications sont hs. Et là tu veux nous lancer dans un jeu de pistes ? " Roman s'attendait à une réaction de ce type, il n'objecte que d'un haussement d'épaules égal. Si cela ne tient qu'à lui il est parfaitement indifférent quant à l'idée de risquer sa peau. Ici ou à la poursuite d'un potentiel mirage, la différence est mineure. "J'en sais rien. ça s'trouve le message a été envoyé à toutes les unités qui disposent d'un machin dans ce goût-là. Sans grâce, mollement, il tapote sa paupière gauche. "Clairement ça r'ssemble à un deus ex machina mais franchement ? Si c'est un piège qui entend nous rabattre plus facilement vers des endroits ou s'faire descendre, c'qui est possible hein, c'est vachement bien ciselé pour coller au foutoir dans lequel on patauge. Plus "important". J'ai bien vu notre cible. Et on aura sûrement pas d'autres chances de la récupérer. J'imagine que rentrer bredouille - si on rentre - n'est pas une option hm ? C'pas impossible qu'il soit en difficulté, ça explose dans tous les sens et y'a des pontes du Talon. C'est peut-être une demande de renforts. Le balafré semble délibérer, ou tempêter, intérieurement. Il lui faut quelques secondes et une œillade vers le leader de l'escouade défaite pour cracher son autorisation venimeuse, sifflante. Il entend rapidement remettre sa troupe de misère en marche. Pas de questions superflues, pas d’intellectualisation inutile. Même s'il ne l'admettra jamais, Roman a touché juste. Rester statiques dans tous les cas n'est pas concevable et il ne lui faut qu'un objectif, qui ressemble à un ordre, pour se focaliser dessus avec une rigueur forgée par le temps. Il ne discute jamais les ordres. "Fais chier. On s'active, Sem derrière moi. T'as intérêt à pouvoir invalider des positions. J'ai aucune envie d'me taper tout le putain d'opéra. T'envoie ton clebs devant nous au cas où on nous attendrait salement." Il y a deux marqueurs moins probables que les autres, TOBY y était déjà passé et le finlandais se souvient de n'avoir rien aperçu de notable à ces endroits. Une chance qu'il ait trouvé le temps d'observer les enregistrements du robot quadrupède et que ce dernier ait pu vadrouiller avant que tout dégénère. Il a à peine le temps de partager cette information et de donner approximativement le chemin à emprunter pour rejoindre le premier marqueur.

En provenance du plafond une masse armurée fend l'obscurité et écrase le corridor d'une aura désagréablement puissante. Le finlandais a à peine le temps d'identifier la forme luminescente que l'opposant tient, une lame énergétique - quelque chose qui ne transige pas, que ses équipiers balaient déjà l'ennemi de tirs préventifs. Qui ne font que mollement ricocher contre la cuirasse adverse, imperméable. Alys entraîne Camille vers l'arrière, un pur réflexe, tandis que Sieq et Redson canardent inutilement. Inconsciemment Roman recule lui aussi en admettant sans problème qu'il ne fait pas le poids.
Et là, quelque chose se passe. Quelque chose qui dépasse le brouillard qui encrasse confortablement sa vision, ses émotions, au quotidien ou dans l'horreur. Il ne voit qu'un éclair d'énergie pourtant sa salive se bloque en gorge comme si son corps fainéant comprenait mieux que sa cervelle sur ce coup-ci.
La lame a touché. Sieq. De part en part. L'image se fixe et se détériore, semble durer une éternité, le son se dissipe. Il n'a pas encore assimilé mais il sait déjà que c'est brûlant d'ironie, qu'au final son leader lui importait un peu, ses intestins se contorsionnent assez distinctement pour déranger. Il comprend lorsque le leader d'escouade lui envoie un regard que Sem ne lui a jamais connu. Pétri d'incompréhension et de terreur. Un parjure à tout ce que le colosse était censé être. Un contre-sens. Roman comprend que l'homme brusque, carré, dirigiste lui rappelait parfois son frère, que comme Seth en était capable avant Sieq ordonnait son quotidien à coup de directives et de remise sur les rails. Il n'était pas Seth mais il avait était un mensonge convenable sur une période assez longue pour que Roman puisse prendre goût à titiller sa patience.
Quelque chose se détache des épaules du balafré, roule sans honneur au sol. Et le finlandais goûte à une émotion qu'il ne connaissait plus depuis des années : de la rage. Dans ce monde rien n'est juste ou injuste dans l'absolu, évidemment, tout répond à des finalités situées. Mais à cet instant, cette tête n'avait rien à faire là. C'est le hurlement sauvage de Redson qui l'extirpe de son bouillonnement intérieur, comme une remise en contact forcée avec le cours des choses. Avec les autres. Grâce au visage déformé du soldat Roman finit de comprendre que Sieq avait une existence propre, des liens, qu'il ne s'agissait pas d'un ersatz de Seth. Et ironiquement l'information passe instantanément mieux. En voyant Redson il se figure ce que c'est d'avoir perdu quelque chose et constate que lui n'a rien perdu.
Un mort est un mort, après tout. Redson est prêt à attaquer, ivre d'une détresse brutale, c'est sûrement ce qui arrive lorsque l'on perd un camarade de longue date. Roman n'a pas le temps de s'imaginer toutes les opérations où les deux gaillards ont du se serrer les coudes. Boss, tu ramèneras rien. On s'barre. Alys, Maîtrise-le.  Ses paroles sont glacées, entrecoupées par les tirs qui n'empêchent que pitoyablement l'avancée de leur bourreau. Alors il braque ses répulseurs sur l'ennemi, l'air est accéléré au niveau de sa plaque d'armure dorsale, il calibre la force de la charge au maximum de ses capacités et ses paumes propulsent à une vitesse vertigineuse une bourrasque sur l'armure vivante. Cette dernière semble à peine ciller, peu reculer. Ce n'est pas dérangeant l'enjeu n'est que celui du gain de temps. Alys. Alors qu'il maintient la pression, quitte à y vider son carburant, sa voix claque une deuxième fois sèchement et la guerrière finit par y répondre. Déraisonnablement secouée elle est artificiellement ragaillardie en constatant que Roman tient tête à la force ayant découpé le colosse Sieq. Elle ne veut pas voir qu'il ne tient que grâce à des bouts de ficelles et, piquée d'adrénaline, elle n'éprouve aucun mal à saisir Redson par dessous les épaules. Il lui faut le tirer vers l'arrière, mais la prise de son armure est plus forte que la chair éprouvée du vétéran. Tout le monde est à l'arrière. Alors Roman peut le faire.
L’interstice temporel est très étroit s'il veut réussir son coup. A peine aura t-il baissé les mains que l'assaillant sera sur lui, à n'en pas douter. Alors il inspire un grand coup et somme ses camarades de s'éloigner. Le finlandais lâche son assaut d'une main, saisit deux cocktails molotov pendant à sa ceinture et les lance sur la pile de cadavres qui marque une frontière de fortune entre eux et l'adversaire.
Sauf que ce n'étaient pas de vulgaires cocktails molotov. Au contact de l'oxygène la mixture s'enflamme instantanément, la chaleur se fait en une seconde insoutenable dans la périphérie des lancers et rapidement les cadavres se flétrissent, les os apparaissent hors des maigres chairs restantes, fondues, puis tombent en poussière noirâtre. Un mur de feu épais sépare l'escouade de son adversaire, les flammes progressent encore dans le couloir. Mais tout ça Roman ne le voit pas. Il s'était posté à une distance de sécurité, avait couvert son œil organique de son avant-bras pour ne pas être ébloui, mais il était bien loin d'anticiper la portée de ces armes. Il s'éloigne à tâtons, secoué, manque de tomber plusieurs fois. Son œil droit ne voit plus grand chose. S'il était assez loin pour n'être que léché par la chaleur,  la puissance de la lumière lui a picoré la rétine lorsqu'il s'est autorisé un bref coup d’œil. Des flashs blancs éclaboussent encore la moitié de son champ visuel. Il aurait pu s'y brûler définitivement s'il ne s'était pas protégé en amont. L'ennemi armuré ne semble pas bien endommagé, initialement à quelques mètres du foyer, mais il est peut-être bloqué à sa position pour l'instant. En prenant ce pari le jeune homme avance sans tenir compte de la puanteur puissante émise par les cadavres brûlés. Sa démarche chaloupée finit par être interceptée par Alys qui le tire à son tour vers un couvert. Roman lève les paumes vers le plafond, avec difficulté. J'crois que j'me suis un peu enflammé. La fumée a également été agressive, il crache une toux qui ressemble à une rétribution karmique pour avoir osé plaisanter. Merci Alys. J'crois que tu vas d'voir m'aider à marche un peu là tout d'suite. Mais ça c'est pas important. Sa voix retombe dans un sérieux presque solennel tandis que la guerrière enfourne le bras du finlandais sur ses épaules et que l'escouade continue sa fuite, TOBY légèrement en avant pour prendre les informations. La mort de Sieq laisse une folie en suspens, mais tout sera gelé tant que les corps seront activés. Il prend une fois encore le pari. Autour d'eux, dans toutes les directions, des explosions et des tirs. J'sais ce qu'on vient de perdre. On le sait tous. Mais le boss a donné une dernière directive. Redson est celui qui approuve le mieux. Sûrement car, quitte à crever, il souhaite y voir une parodie de dernière volonté à honorer. Sûrement car la mort était trop violente et qu'il veut encore que ses actions soient rattachées à Sieq.

Le chaos est total. Sur le chemin jusqu'au premier marqueur, des amoncellements de cadavres. Alys avance la première, surveille grâce à ses lunettes la progression de TOBY. C'est ainsi qu'elle peut stopper son escouade avant de la lancer dans une confrontation létale, puisque à une bifurcation le robot revient vers elle. L'information est communiquée et, sans un bruit pouvant les annoncer, Redson Camille et elle-même mitraillent la zone en sortant abruptement de leur couvert. Sem, lui, encore partiellement déboussolé reste à l'arrière. La position est nettoyée, sans que personne ne reçoive de tirs - si ce n'est l'amure d'Alys. Mais le marqueur est une fausse piste. Le second et le troisième, proches du premier, sont aussi faux. Si tous commencent à céder à l'amertume, la fureur incohérente frappant aux portes alors que la matérialité de leur objectif se dilue, Roman notifie qu'il ne reste que deux positions probables. Au regard de la fatigue autant physique qu'émotionnelle qui leste puissamment l'escouade c'est déjà beaucoup, énorme. D'autant que les deux marqueurs se situent loin d'eux.
Soudain une puissante détonation semble secouer l'opéra jusque dans sa structure. Par réflexe Alys fuse sur ses coéquipiers et leur intime sans ménagement de se mettre au sol tandis que son dos est prêt à encaisser pour eux. Rien ne se passe finalement ici - c'est assez dur à décrire de manière sûre mais il semblerait que le bruit sourd provienne de la salle principale, légèrement en contrebas. Encore une fois cela n'évoque rien de bon.
Il leur faut progresser assez longtemps pour arriver aux abords du nouveau marqueur. La zone semble nettoyée cependant Roman sait que se confronter à une nouvelle désillusion, ne rien trouver au terme de leur fouille, constituerait l'échec de trop. Que tout ce qui a été placé en suspend reviendrait brusquement.






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 ►Véritable nom :
Seth Sem | DC de Flavian.


 ►Localisation :
Pas de pied à terre.


 ►Affiliation :
Talon

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Seth
Seth
Parjuré
Lun 17 Déc - 15:06

Seth goûtait au voile sombre de plâtre volatile qui se dispersait dans le couloir, le goût parsemant sa langue et son palet. Il s’avança de sa position, replié près d’un pilier de marbre vers lequel l’explosion l’avait fait reculé. Son acquiescement fut rapide et sans remise en question quand les ordres furent donnés, accueillant la mission avec l’assurance d’être l’agent de la situation. Pourtant, lui comme un autre, les mots avaient été lancés à l’envolé par un être qui considérait sûrement la hiérarchie des bas officiers et des recrues revenant du pareil au même. Voilà pourquoi, une fois les mots dictés, Gast s’emparait déjà de la soumissions des prisonniers du Talon qui voyaient en lui un boss reconnaissable. Le gradé, ancien Naib Subedar des forces armées indienne et aujourd’hui capitaine au sein du Talon, était le plus expérimenté des prisonniers présents et prit naturellement le commandement de la petite troupe récupérée pour trouver une nouvelle voie. Quand Seth s’approcha un peu trop de la tête du peloton, un coup de crosse dans son sternum vint lui rappeler de rester à sa place et son habituel visage benêt et amical fut remplacer par une grimace de pure frustration. Déformant tout son visage dans une horrible accentuation de tout ces traits. Mais pas un mot ne fut prononcé.
Une inspiration et une expiration et revoilà son air de gamin bonhomme creepy d’enfant de vieilles réclames d’un autre siècle. Gast fit signe aux cinq clampins qui l’accompagnaient de le suivre et le jeune tueur jeta un dernier regard à la doctoresse avant de se mettre en route, faisant un « coucou » de la main à celle qui l’avait soigné. Un seul pas fut amorcé avant qu’une lumière semblant deifique ne vienne abattre son jugement ardent dans la foule, traversant le chef d’escouade et une partie de ses troupes. Les civils les plus proches furent aussi sous le coup du jugement fatale.

La main du nordique qui tenait la crosse du fusil d’assaut s’ouvrit en le laissant s’échapper alors que son bras retombait le long de son corps, inerte, percutant sa hanche dans un mouvement mou. Son arme ne tomba pas, rattrapé par sa garde-main mais pendait avec fainéantise au bout de sa main gauche. La douleur ne le toucha qu'en surface, l'effleurant de ses liens incandescent sans s'y attarder. Les connections de son esprit et de ses membres étaient factices, les fils étaient déviés, mal raccordés et usés par plusieurs années d'apreté.

Ses yeux safranés fixaient la foule fauchée, plissés, figés dans une attente qui faisait écho à son souffle égal. Ses pupilles fines parcouraient les carcasses cloqués et les recoins de la pièce, mais la lumière lui échappait. L'action du médecin le ramena à peine dans l'instant présent et il accepta les soins en passant la bretelle de son fusil derrière son dos d'une main mal habile. Sa paume libre vint chercher la crosse de son arme de poing alors qu'il observait le décor avec défiance. Fuir en ne voyant pas son ennemi lui semblait hasardeux, et il ne souhaitait pas bousculer sa nouvellement camarade. Dans le chaos qu'avait amené l'hécatombe soudaine, Seth n'arrivait pas à déterminer la position de son supérieur. Et dans son esprit malade, si on avait sauver moins d'une dizaine d'otage plutôt que les tuer, comme il lui avait semblé le plus logique, il était évident que leur sûreté était maintenant dans ses plus grandes priorités pour obtenir une promotion. Le reconditionné laissa la doctoresse faire son office en surveillant les alentours. Il n'avait pas encore jeté un coup d’œil à la blessure, à la peau cloquée et rougit qui parsemait son bras, simple poids mort lâche et encombrant. Quand enfin il coula son regard vers le membre, il eu la surprise de trouver sa peau précautionneusement traitée et bandée signe d'un travail performant et soucieux. Cela faisait presque un lustre que personne n'avait mit plus d'attention dans son soin qu'un lavage sommaire au chiffon douteux et un bourrage de son organisme aux anti-biotiques. Le sourire qu'il rendit à la blonde fut sincère, appréciant honnêtement la précaution qu'elle lui offrit. Le médecin était quelqu'un dont il avait une grande estime. Pour cette raison, il lui se pencha vers elle pour lui offrir un regard amicale à travers sa gueule cassé et la gracia d'un : "-Vous êtes quelqu'un de bien, docteur. J'espère que vous ne mourrez pas dans d'atroce souffrance aujourd'hui."

Puis il se redressa, content de sa marque d'amitié pure et complaisante. Et sans un mot, il la laissa aller calmer les civils et soigner les derniers prisonniers en vie, amène avec l'idée de ne pas avoir à le faire. Plus concentré sur ce qu'il voyait au loin et que ses précieux otages ne tarderaient pas à remarquer. Et cela ne rata pas en apercevant la silhouette au loin d'une armure intégrale accompagné d'une troupe qui semblait faire penser à une escouade d'intervention, les inconscients se dirigeait vers les nouveaux venus comme si il s'agissait de sauveurs. Peut-être était-ce le cas. Même si les quelques civils qui l'accompagnait ne semblait pas valoir leur pesant d'or, dans leurs costumes Samson imprégné de l'odeur de sueur et de peur qui leur collait à la peau.

« Est-ce que tu viens avec nous ? Ou tu préfères rester coincé ici ? Je te suggérerais de venir avec nous ! Peu importe comment ! Mais c’est à mon avis la seule véritable solution pour toi ! »

Seth se demandait. Le plus logique aurait été de fuir. Même si les risques de prendre une riposte sans l'appuie des otages n'étaient pas négligeable. Mais l'idée de partir sans un civil pour appuyer son ascension hiérarchique lui était impensable, considérant cette question comme sa mission personnelle. Alors, toujours sous couvert des particules de fumée, il se pencha pour récupéré la ceinture de Gast dont l'odeur de cuir brûlée titillait jusqu'à sa langue. Il en retira assez pour les caler à sa propre ceinture, d'une main maladroite et hâtive. La doctoresse s'éloignait ainsi que le reste de la troupe de civils. Mais si le Talon n'avait pas ses otages, personne ne les aurait. Il leva son pistolet d'une main gauche moindrement expérimenté et tira, les balles déviant de leur axes pour donner des trajectoires hasardeuse et unique à chaque coup. Il usait des otages présents dans le couloir pour se protéger d'un tir trop précis, glissant derrière eux et les tenant en joue.

Ses mouvements étaient lents et amputés de la moitié de leur pouvoir d'action, à chaque grenade à main qu'il voulait lancer aux forces de l'ordre, il devait faire l'effort de ranger son pistolet en retenant un homme d'affaire suant entre lui et les tirs. La contre-attaque ne tarda pas à venir, prenant peu garde aux otages alors que les corps de leur compères étaient toujours étendu non loin d'eux. Les non-soldats étaient tirés au lapin alors que Seth abandonnait ses positions pour courir à couvert en attrapant la main d'Alma. Il glissa pour se mettre derrière un pan de mur effondré.

"Ne vous inquiétez pas, Otages !" Il s'exclama à une foule imaginaire, mais en regardant autour de lui, il fallait avouer qu'ils n'y avaient plus grand monde et seule la doctoresse se tenait encore debout pour représenter les civils. Alors il reprit en la fixant. "Otage !" Il lui lança son pistolet pour qu'elle le rattrape et sortis ses grenades. "Merci de me le garder ! Mais attention si vous voulez vous en servir, il ne reste plus de minutions ! Je disais donc, ne vous inquiétez pas ! J'ai la situation bien en main ! Vu que les forces de l'ordre sont devenues folles et vous tire dessus" léger réarrangement des faits "nous allons devoir fuir ensemble. Je vous protégerais ! Je crains que les forces de l'ordre ne soit qu'un détail par rapport au fait que ce qui a tué tout nos amis..." Il regarda Gast au sol... Ah Gast. Un vrai ami. Ancien militaire connu au Talon pour ses meurtres, pillages et autres joyeusetés sur les civils en tant de guerre. Un sacré numéro, il lui manquerait. Pour appuyer ses pensées il hocha la tête, contrit comme on le serait devant un événement distant mais regrettable. "... est introuvable ! Il veut surement jouer avec ses proies ! Ou il s'est perdu... Nous ne le saurons jamais. Donc mon plan est de balancer tout ce qu'on a et de courir très vite ! Vraiment très vite ! Rien ne peut rater." Il dégoupilla au fur et à mesure de ses mots tout ce qu'il possédait, grenade à main, fumigène, flash. Sa main gauche gardait un rythme infernal ; dégoupiller, lancer, dégoupiller, lancer. Rien de subtile mais il était à cours de plan, d'ordre ou de hiérarchie. Il attrapa la main d'Alma. "Il va falloir courir derrière moi. Faites moi confiance. Je vous sauverais pour l'honneur du Talon et de notre nouvelle amitié !"

La fumée se dispersant dans le couloir, il fallait juste prier pour que ces unités d'intervention ultra perfectionné n'est pas de vision à chaleur thermique. ... Rien à craindre donc ! Sur ce doux sarcasme, il se mit debout et lâcha la main d'Alma pour courir vers une intersection en arrière. Il surveillait derrière lui et sprintait au travers des corridors de marbre. Le bruit d'un brasier ardent crépitait non loin d'eux.




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Overwatch : The Recall-