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 Du sang, des larmes et encore du sang [PV Talia et Alasker] [- 16 ans scènes violentes]

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Fatale
Un tir, un mort
Dim 11 Mar - 23:23


Du sang, des larmes et encore plus de sang
L’information venait de tomber. Le Talon était informé. Enfin. Depuis le temps que l’Araignée les traquaient … Elle les avait enfin trouver. Malgré le semblant de satisfaction, Fatale ne souriait pas. Les informations défilaient sur l’écran, alors qu’elle tapotait le clavier tactile de ses doigts fins. La mission, elle allait l’accepter. Mais elle ne devait pas y aller seule. Fatale n’était pas suicidaire, et bien que physiquement améliorée, elle savait qu’elle ne ferait pas le point face à autant de monde. Elle devait se forger une protection … Une sorte de garde, qui pourrait intervenir et garder les ennemis à distance pour lui permettre de tirer efficacement. Habituellement, elle faisait appel à Faucheur pour ce genre de mission, mais La Mort ne semblait pas disponible. Elle allait devoir choisir une autre personne pour le remplacer. Et justement … Elle avait quelqu’un en tête. Non. Deux personnes à vrai dire. Spécialisés dans le massacre de masse, les meilleurs de leur catégorie.  Jamais encore, elle n’avait eu l’occasion de travailler à leurs côtés. Mais les échos qu’elle avait reçu de ses deux individus étaient plutôt … originaux. Efficaces, il l’était. Sans aucun doute. Mais les rumeurs racontent qu’ils sont tous deux d’un sadisme sans égal. L’envie de tuer, Fatale pouvait comprendre, y prendre un certain plaisir aussi, mais eux, leur folie était … démesurée. L’Araignée voulait voir cela. Ils l’intriguait, elle devait l’avouer.

Elle ne prit pas la peine de se déplacer. Elle leur envoyait un message sur leurs com’. D’après ce qu’elle savait d’eux, elle n’avait pas eu besoin de faire preuve de beaucoup de persuasion, simplement d’user des mots qui les feraient réagir.

Ici Fatale. J’ai besoin de vous pour une mission. Nous avons retrouvé, une famille de mafieuse, plutôt nombreuse qui nous aurait volé des armes et massacré certains de nos hommes il y a de cela quelques semaines. Ils vivent dans un quartier de Budapest. Je vous propose de leur faire payer leur erreur en s’attaquant au Talon. Massacrons cette famille. Toute la famille.”

Ce genre de mission, elle ne pouvait pas la confier à n’importe qui. Tout le monde n’était pas de faire comme elle, abstraction de toute émotion, de tout remord après avoir commis l’acte irréparable … Même sur des innocents, qui ne l’était pas tant que cela au final, au vu des liens sociaux qu’ils entretenaient avec les coupables.

J’ai besoin de vous. Nous partons dès ce soir. L’hélico sera dans le hangar à 19 heures précises. Ne soyez pas en retard.
Fatale, terminé.


Elle n’attendit pas un retour quelconque. Juste leur présence à l’heure du rendez-vous. Fatale préparait rapidement ses affaires, réservait l’engin ainsi qu’un modeste équipage, et attendit l’heure annoncée…

***

Adossée au mur du hangar, la Sniper attendait, avec quelques minutes d’avance, comme à son habitude. Son casque de vision en place, bien que relevée, sa fidèle arme dans son dos, elle restait silencieuse, presque tapie dans les ombres. On ne remarquait que sa présence, que lorsqu’elle prit paroles, une fois ses acolytes arrivés.

“Bien le bonsoir. Nous y allons ?”

Sans attendre vraiment leur réponse, elle s’avançait vers la rampe d’accès, laissant un regard par dessus son épaule afin de voir si les deux autres suivaient. Une fois installé, elle resta silencieuse, seul le bruit du moteur du véhicule perturbait le silence qui avait fini par s’imposer en maître. Lorsqu’on leur annonça que l'atterrissage était imminent, la Sniper sortit enfin de son silence, s’adressant à ses deux partenaires.


“Des questions …?”

Eques, Never-Utopia.







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Talia Fictilem
Te faire du mal, me fait du bien.
Lun 12 Mar - 2:32

Allongée sur son lit, Talia passait en revue différentes holo-vidéos. Ces dernières affichaient d'une manière plus ou moins rapide différentes scènes de mise à mort. Certaines étaient brutales et lentes, d'autres plus expéditives. Quoiqu'il en était, l'analyse de ces vidéos n'avait rien d'anodin. La tueuse cherchait à en apprendre plus sur ceux qu'ils allaient abattre. Enfin, l'information ne l'intéressait pas d'un point de vue tactique, mais en fonction de leur méthode de fonctionnement, elle pourrait potentiellement trouver un moyen encore plus effroyable de les tuer.

Les mises à morts n'étaient pas quelque chose à prendre à la légère, ou à bâcler. Si les non-initiés pouvaient y voir une source de sociopathie, Talia elle, y voyait un art qui offrait un ascendant psychologique, et sur le champ de bataille, et vis à vis d'autres organisations de malfaiteurs. Tout le monde est capable d'exécuter froidement une famille, voir un enfant. Seulement, c'était une autre histoire de tuer le père devant sa famille, de l'égorger lentement sous le regard terrifié de sa fille et sa femme dans un rire sadique. Puis, une fois la tête coupée, de la jeter aux pieds de la dite fille avant de faire de même avec la mère. Lorsque les parents étaient morts, il y avait deux solutions. La première, consistait à s'arrêter là, à donner un avertissement et à quitter les lieux. Méthode classique. Sinon, l'on pouvait tout aussi bien écorcher la fille vivante, de l'épaule à la hanche, lui injectant de l'adrénaline pour s'assurer qu'elle reste consciente avant de délicatement couper les tissus musculaires jusqu'à atteindre la cage thoracique pour ensuite y broyer le cœur, mettant fin à la vie de la jeune fille, le tout sous de nombreuses caméras qui renverraient naturellement la scène au reste de l'organisation de malfaiteurs, ou du grand public pour un impact plus large. Talia le pensait réellement, les méthodes d’exécutions étaient véritablement un outil de persuasion comme pouvait l'être une réponse nucléaire. Elles frappaient dans la chaire, et dans l'esprit. Et la tueuse en était certaine, elle allait pouvoir pratiquer son art aisément au cours de leur prochaine mission.

Ils avaient été contacté par un des agents les plus émérites de l'organisation, pour une mission de nettoyage. Comment Talia aurait elle pu refuser cette proposition? Ce genre de missions payaient bien généralement, et cela faisait un temps qu'elle n'avait pas bougé pour une mission de ce type. De surcroît, cela lui permettrait également de faire ses preuves face à cette illustre personne. Non pas que la tueuse n'en ressente le besoin, elle savait de quoi elle était capable, mais montrer ce que l'on savait faire était toujours apprécié dans ce milieu.
Fermant subitement les vidéos, Talia s'étira longuement en se redressant avant de se diriger vers son armoire, enfilant sa tenue de combat. Il était temps de se préparer.

En chemin vers l'armurerie, l'assassin passa en revu la communication de Fatale. Elle avait assez de mal à comprendre comment on pouvait encore s'en prendre à Talon après leurs récents exploits. Non seulement cela brisait les "codes" du milieu criminel, mais en plus, cela était synonyme de condamnation à mort. Condamnation qu'ils allaient visiblement appliquer. Récupérant son matériel, la tueuse erra ensuite comme une âme en peine dans les couloirs high-tech de ce qui servait de base au Talon. Toutes ses fourmis s'affairant à leurs diverses tâches. Certaines dans une motivation qui étonnait presque la tueuse. Finalement, elle cessa d'observer ses "collègues" pour se diriger vers le hangar. En chemin, elle rencontra Alasker, qui allait partir en mission avec elle et la boss. Le bougre était toujours aussi grand et imposant dans son armure. Haussant un sourcil après l'avoir salué, Talia accéléra légèrement afin de suivre le rythme du grand gaillard.


- Franchement Ala'... J'pourrais vraiment tenir sur ton épaule tu sais? Un jour faudra vraiment que tu me laisses monter dessus.

Une large lumière marqua la fin de la blague de l'assassin. ils arrivaient au hangar. Déjà? Talia n'était pas encore totalement habituée aux sinueux couloirs de l'installation et à la rapidité avec laquelle on pouvait se rendre d'un point A à un point B. Ce dernier était gigantesque, surtout compte tenu du couvert que Talon prenait, se faisant passer pour un agglomérat d'entreprises. Les lumières étaient toutes placées de la même manière, et éclairaient la salle de leur teinte blanchâtre, presque hospitalière. Plusieurs vaisseaux et hélicoptères stationnaient le longs des différents docks, mais un seul semblait réellement en préparation, des techniciens s'affairant à terminer les derniers réglages avant que dix-neuf heures ne sonne.
Doublant son collègue puis trottinant vers le dit engin, Talia était incroyablement impatiente. Elle allait pouvoir tuer. Et tuer avec l'une des plus grandes tueuses de l'organisation. Elle en aurait presque été fière. Arrivant finalement au niveau de leur moyen de transport, et de Fatale, la tueuse à gages observa silencieusement leur supérieure les saluer puis commencer à monter. Tout passa sous l’œil analytique de la demoiselle. Aussi bien la longueur de cheveux, la couleur de peau si particulière, les traits du visage de leur patronne. Ses courbes. Son arme. Rien ne lui échappa. Déformation professionnelle surement. S'installant finalement dans l'un des sièges du véhicule, Talia observa son ami s'encastrer dans ses derniers, étouffant un rire qui aurait pu paraître déplacé pour un inconnu. Leur mission débutait enfin.


*
*  *


Le voyage avait été long. Trop long. Même s'il n'avait pas duré aussi longtemps qu'un voyage civil, il n'avait que trop duré pour Talia. Fermant les yeux, la demoiselle repassait dans sa tête différentes scènes de son passé pour passer le temps. Elle n'était pas particulièrement du genre impatient, mais elle détestait cette attente qui précédait un combat, ou un assassinat. Elle voyait ça comme un suspense non désiré. La COM de Talia s'activa alors, et une voix nasillarde grésilla dans son oreillette. Ils approchaient de leur destination.
Se détachant négligemment de son siège avant de se lever silencieusement, Talia ouvrit les yeux et constata l'heure. Il était vingt-trois heures. S'assurant que son pistolet se trouvait bien dans son holster de cuisse, la tueuse empoigna le pommeau de son épée alors qu'Alasker se levait à son tour, précédé par Fatale. Un large sourire s'étira sur le visage de porcelaine de l'assassin face à la remarque de leur supérieure. Il était évident qu'ils n'en avaient pas, ils étaient trop professionnels, et trop peu concernés par les questions éthiques pour en avoir. Par pure politesse, la tueuse prit la parole alors que la lourde trappe de l'appareil s'ouvrait lentement.


- S'il s'agit juste de tous les tuer. Alors je n'en ai pas pour ma part. Indiquez moi seulement le bâtiment cible et on commencera le nettoyage boss.

Un vent frais s'engouffra alors dans l'appareil. Un vent qui aurait pu déranger les occupants de ce dernier s'ils n'étaient pas aussi anormaux. Il pleuvait au dehors, une pluie assez dense pour perturber les communications à basse fréquence, et pour neutraliser presque entièrement la visibilité hors HUD. C'était un temps parfait pour une mission de leur type. Plaçant son foulard sur son visage, l'assassin s'approcha de l’extrémité de l'appareil, avant de saluer sommairement ses deux comparses.


- Je pars la première. La mafia a sûrement posté des gardes sur les toits et dans les rues. Ils se sont attaqués au Talon mais je ne les pense pas assez stupide pour ne pas s'attendre à des représailles. Ala' j'te laisse les rues, je vais nettoyer les toits. Patronne, vous allez avoir un périmètre aux petits oignons pour tirer tranquillement ces types.

Achevant sa phrase tout en se laissant tomber en arrière, Talia activa son grappin pour s’agripper au toit le plus proche. Activant la réflexion lumineuse de son armure, la tueuse devint presque invisible alors qu'elle entamait sa course. Elle ne savait pas comment opérait Fatale, mais comme cette dernière ne leur avait pas ordonné quelque chose de spécifique, l'ancienne mercenaire partait du principe qu'elle les évaluait, qu'elle souhaitait les voir en action. Bien que Talia et Alasker ne faisaient pas partie de la même escouade, ils avaient pris l'habitude de travailler ensemble, et d'établir des plans relativement solides, tout du moins dans des optiques de massacre évident.
Sautant de toits en toits, le lotus arriva rapidement dans le périmètre gardé par la mafia ciblée. Utilisant son HUD pour observer la scène, elle compta le nombre de patrouilleurs. Cinq. Ils n'avaient prévus que cinq types sur les toits. Elle n'avait pas été chanceuse, et espérait que le bâtiment cible présenterait quand à lui un challenge plus honorable.

Le premier mafieux à tomber ne sut même pas ce qui lui arrivait. S'approchant du rebord de sa "zone d'observation", ce dernier fut accueillit par une lame se plantant directement dans sa tempe, le faisant tomber lourdement sur le sol avant de répandre lentement sur le sol humide un liquide écarlate. Attrapant la radio de ce dernier, la tueuse scotcha l'émetteur de cette dernière afin de forcer un bruit constant dans leur système de communication. De ce fait, aucun d'eux ne pourrait crier qu'ils étaient attaqués. Tout du moins avant qu'il ne soit trop tard ou qu'ils ne changent de fréquence. Elle avait environ cinq minutes devant elle.
Le second garde reçut quand à lui une mise à mort un peu plus violente. Plongeant sur ce dernier, Talia planta tout d'abord sa lame dans le ventre du type qui émit un déglutit grotesque avant de se contorsionner dans une parodie de réflexe. D'un geste précis, la demoiselle frappa sa glotte pour l'écraser avant de retirer sa lame violemment, prenant le soin de terminer son meurtre en écrasant le crâne de sa victime, frappant jusqu'à ce que la boite crânienne ne se brise. Ce qui ne mit étrangement pas beaucoup de temps.

Le troisième et quatrième mafieux subirent le même sort: une balle placée dans la tête à l'aide de son arme à feu. Tirs synchronisés avec l'orage qui venait d'éclater, afin d'étouffer les bruits. Quand elle arriva au dernier garde, ce dernier entamait une retraite visiblement stratégique, tentant de rejoindre une position plus sûre, probablement pour prévenir le reste de sa "famille" qu'ils subissaient un assaut. La pointe acéré du grappin de Talia se planta dans son genou droit le faisant grogner de douleur alors qu'il s'écroulait sur le toit. L'instant d'après la tueuse avait rejoint sa position, et l'avait désarmé rapidement, jetant son fusil un peu plus loin. Se penchant sur le bougre qui tentait, dans un réflexe défensif, d'attraper son couteau de combat, Talia trancha dans un rire sadique les deux mains du mafieux qui afficha une mine horrifiée.


- Allons mon chou, tu voulais quand même pas t'en prendre à une femme aussi belle que moi?

Ponctuant sa phrase tout en enfonçant sa lame dans l'épaule droite du garde, la demoiselle la fit lentement glisser le long du bras de sa victime, imitant une moue chagrinée.

- Tu me brises le cœur, Darling.

Arrivé au poignet, l'assassin retira alors sa lame puis l'enfonça à plusieurs reprises dans le torse de sa victime, éclaboussant sa tenue d'ébène d'un sang poisseux. Se relevant doucement après avoir refait le coup du scotch sur l’émetteur, Talia s'étira doucement en fixant le bâtiment cible, prenant le temps d'un peu plus l'observer. Il s'agissait d'un bâtiment datant probablement de l'ère URSS, un vieux bloc réaménagé et arrangé selon les standards modernes. Mais la sécurité ne suivrait pas, la Hongrie n'était de toute façon pas assez riche pour développer des systèmes à déclenchements retardés. Les fenêtres resteraient donc des points d'insertion, et de frappe, pendant toute la durée de leur opération. Cela valait aussi bien pour leur cheffe, que pour d'éventuels renforts et snipers ennemis. Activant sa COM, la tueuse s'élança en destination de leur cible, afin de rejoindre le toit du bâtiment.

- Secteur des toits au sud du bâtiment nettoyé patronne. De là, vous devriez avoir accès à la cour et toutes les fenêtres. Je me dirige vers le toit du bâtiment cible. Une fois qu'Alasker aura déboulé dans leur cour, j'entamerais l'assaut de mon côté afin de les prendre en tenailles. Si vous avez d'autres idées boss, j'attends votre signal.




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Alasker Crudelis
Le nettoyeur
Lun 12 Mar - 18:04

Alasker, tout en marchant à un rythme soutenu, était occupé à vérifier l'intégrité des reconnaissances face-geste du HUD de son heaume lorsque la petite l'avait rejoint au pas de course pour le saluer. D'une pensée, il avait ordonné à son armure de découvrir son visage. Rien ne s'était passé. Alors, le géant avait dû esquisser une grimace exagérée, à l'intérieur même de son casque, pour que l'intelligence toute relative du tas de ferrailles arrive à comprendre ce qu'il désirait.
Son heaume avait finit par se fendre en deux, par le centre, pour libérer sa gueule de cauchemar. Talia avait accueillit sa victoire, sans le vouloir, par une petite blague.
"- Franchement Ala'... J'pourrais vraiment tenir sur ton épaule tu sais? Un jour faudra vraiment que tu me laisses monter dessus.
-Mouai." Grinça le géant, en soufflant sur son unique mèche de cheveux, l'air peu convaincu. "Toutes les femmes finissent par me demander la même chose. C'est lassant."
Un groupe de techniciens, visiblement pressés, dépassa le duo au pas de course. Alasker salua l'effort de ces derniers d'un petit sourire. Ils ne lui avaient même pas adressés un regard. Même après tout ce temps, le mercenaire n'arrivait toujours pas à comprendre ce qui rendait tout les employés du Talon si...Peu impressionnables. Même le personnel non-combattant ne trouvaient pas le temps ni l'énergie pour s'émouvoir à la vue d'un monstre, d'un meurtre, etc... L'habitude, sans doute. Ou le résultat d'un endoctrinement particulièrement poussé?
Les lourdes doubles-portes du Hangar se refermèrent derrière-eux et Alasker se mit aussitôt à chercher du regard leurs taxis. L'entreprise se révéla aussi peu ardue qu'à l'accoutumée. Il n'y avait qu'un seul engin prêt à partir. Les docks étaient toujours parfaitement rangés. Aucune troupe n'y trainait jamais, même après une mission difficile. Les hommes et femmes en charges des décollages ne parlaient que pour se transmettre, entres-eux, des informations techniques qu'Alasker ne cherchait même plus à comprendre. C'était un hangar tout plein de lumières, brillant de technologie, occupé par une demi-centaine d'ouvriers et d'ingénieurs, tous humains.
Mais son ambiance était aussi froide que celle d'une usine d'assemblage automatisée Russe pré-guerre.
"-On boss avec un gros bonnet, alors, qu'est-ce que ça te..."
Talia sembla se dématérialiser en un éclair noir, alors qu'elle l'abandonnait pour filer en sprintant vers leur taxi volant. Il l'observa faire sans accélérer pour autant, continuant simplement sa lourde marche.
"-Fillette hyperactive..."
La minute d'après, le géant rejoignait ladite fillette et sa patronne du moment.
"-Bien le bonjours, nous y allons?" Déclara la dame en bleue, en montant dans l'hélico.
Enfin non. Pas la dame en bleue. La dame bleue. Vraiment bleue. Complètement et invraisemblablement bleue. Alasker réprima l'envie de faire un certains nombres de blagues sur le teint de sa patronne en s'installant –difficilement- sur les sièges de l'hélico.
Trois places furent nécessaires pour que son armure et lui tiennent assit dans l'engin volant.
Le voyage fut silencieux. L'arrivée un peu moins.
"-Des questions?" Manda la schtroumpfette, tandis que l'hélico adoptait un vol stationnaire au-dessus de l'objectif.
Le tueur haussa les épaules en rayant le plafond.

***

La petite avait dit "une fois qu'Alasker aura déboulé dans la cour".
Ce qui impliquait qu'il devait débouler dans la cour. C'aurait été franchement impoli de manquer à ses obligations. Mais encore fallait-il pouvoir atteindre cette putain de cour.
Accroupi dans l'ombre d'une ruelle, le géant comparait les différents itinéraires que lui proposait le HUD de son casque avec un ennui profond. Au moins six rues à traverser sans faire hurler les canons de ses flingues. Bon. Normalement, ça devait passer sans grand mal. Là où ça se compliquait, c'était au bout de la sixième rue. Neuf signaux vitaux (probablement non-armés) rassemblés autour d'un point chaud. Sans doute des civils couches-tard. Une bande de crève-la-faim se réchauffant auprès d'un tonneau en feu...Ou des jeunes cons se prenant pour des rebelles anti-conformismes. Ils ne présentaient aucun danger, en soi...Mais les chances pour qu'ils ne réagissent pas en voyant un géant de deux mètre quarante-huit se balader près de chez eux avec, sur lui, assez de munitions pour faire exploser un petit système stellaire, étaient...Nulles.
"-Qu'est-ce que c'est que ce bordel?" Jura très justement une femme, dans la trentaine sortie d'un bâtiment adjacent, visiblement dans le but de fumer la clope qu'elle avait au bec, ses yeux  excessivement cernés rivés sur le monstre de métal face à elle.
Alasker lui adressa un large sourire en portant la main à la poignée d'une de ses épées.

C'était bien des jeunes. Mais ils n'étaient pas neufs. Ils étaient treize. Quatre d'entres-eux étaient des omniacs. Des hommes de fer. Trainant avec des jeunes. Près d'un feu, comme si ils avaient besoin de se réchauffer. Ils portaient même des habits ! Ridicule.
Il relâcha son appât et attendit.

L'appât se traina, ses yeux emplis de paniques, jusqu'au groupe. A mi-chemin, elle s'écroula au sol. Et quelque chose de noir coula de sa bouche.
Six des treize membres du groupe la rejoignirent aussitôt, pour la soutenir, lui demander ce qui n'allait pas. Quand le plus rapide l'atteignit pour découvrir son état, il hurla quelque chose. Le reste du groupe accourut. Un flot de juron retentit. On découpa un morceau de chiffon qu'on appliqua sur sa gorge ouverte. C'est à ce moment là que l'appât voulu hurler à s'en briser la voix : "C'est un piège, partez !"
Mais Alasker lui avait tranché les cordes vocales.
Il arriva face à eux en courant, la lame noire de son épée à deux mains trainant par terre. Personne n'eût le temps d'hurler. Il percuta le premier, le plus réactif ou le plus courageux, qui s'était détaché du reste du groupe pour se mettre en travers de son chemin. C'était un omniaque. Il explosa simplement en rencontrant le plastron du tueur. Des dizaines de ses pièces tordues volèrent dans toutes les directions. Puis Alasker frappa.
La lame traversa les corps, métalliques comme organiques, sans rencontrer de résistances particulières. Un visage fut fendu en deux juste en-dessous du nez. Les morceaux brisés d'une cage-thoracique exposées à l'air libres vinrent se planter dans la chair des joues d'une tête décapitée. Quatre corps privés de vies tombèrent au sol. Les autres tentèrent de s'enfuir. D'échapper à cette mort trop rapide, trop brutale, trop injuste.
Sans succès. Et sans un son.
Ils moururent silencieusement. Alasker les massacra tous en trois autres coups d'épées. Un balayage fort peu gracieux, de droite à gauche, puis de gauche à droite. Ils n'opposèrent pas la moindre résistance. Ne poussèrent pas le moindre petit cri. Parce que chaque coup qui les touchait...Tuait.
Fragiles petite créatures.
"-C'est trop facile." Gronda-t-il dans son com, tandis qu'il rangeait sa lame souillée de sang dans son fourreau. "Je me suis occupé de quelques rats des rues. Je m'apprête à entrer dans la cour après votre "top". A vous de jouer, mesdames. J'ai eu la flemme de descendre tout les gardes des rues, du coup je vais simplement faire assez de bruit pour qu'ils débarquent en même temps que les autres, faites pas attention."




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Fatale
Un tir, un mort
Sam 17 Mar - 14:34


Du sang, des larmes et encore plus de sang
Un gros avantage, que l’araignée appréciait tout particulièrement avec ses deux coéquipiers, c’était qu’ils comprenaient vite et ne posaient pas sans arrêts des questions idiotes lorsque cela n’était pas nécessaire. Il fallait dire aussi que la mission était relativement simple : Éteindre une famille et massacrer tous ceux qui se trouvaient sur leurs passages.
Le Lotus s’élançait la première, dégageant les toits, sous l’oeil attentif de la Sniper qui était restée à la porte de l’engin. Une main se retenant à une barre de sécurité, le vent faisait bouger ses longs cheveux réunis en queue de cheval haute. Sa visière de reconnaissance tombait sur son visage, le dissimulant partiellement. Elle suivait de prêt chacun des mouvements et des agissements de la jeune femme. Elle était efficace. Cela était indéniable. Un léger sourire se dessinait sur les lèvres bleutées de l’Araignée. Elle semblait satisfaite de ce qu’elle voyait et découvrait. Les rumeurs étaient donc vraies à son sujet. Le Lotus allait être un atout non négligeable pour le Talon. Quant à la grosse brute en armure …

Cette fois, son regard se tournait vers Alasker, qui avec toute la délicatesse d’un éléphant dans un magasin en porcelaine, déambulait dans les rues. De sa hauteur, Fatale pouvait aisément voir, qu’en plus des hommes présents sur le petits groupes d’individus que son coéquipier allait rencontrer, il y avait également plusieurs omniaques. Elle ne lui communiquait cependant pas l’information, afin de voir comment il allait réagir. Toutefois, elle n’était pas là pour perdre ses alliés et certainement pas de potentiels atouts pour l’organisation … Elle posait un genou au sol mit dans sa ligne de mir, l’omniaque qui était dans son champs de vision, l’un des seuls, au vu des bâtiments qui lui barrait la route. Cependant, elle n’eut pas la nécessité de tirer. Alasker semblait parfaitement se débrouiller seul. Avec une certaine barbarie, qu’il partageait d’ailleurs avec la petite fleur … Si ce terme était bel bien approprié pour qualifier la jeune femme qui les accompagnait.

Les alentours étaient finalement dégagés, Fatale se dressait en remettant son arme dans son dos. Elle préparait son grappin alors que l’hélico se dirigeait vers le bâtiment cible, la Sniper avait analyser la structure de ce dernier. Et le mieux pour elle, était effectivement d’exploiter la faiblesse que représentait les fenêtres…


“Je vous fais assez confiance pour qu’on prenne d’assaut le bâtiment sur trois points différents. Talia les toits, Alasker la cour et le bas, moi le milieu. Si l’un d’entre vous à un soucis, je le rejoindrais le plus rapidement possible, mais aucune raison pour qu’il y en ai un, n’est-ce pas ? Notre objectif, est  de trouver et surtout d’éliminer le chef de cette famille. Cependant, n’y allez pas seul. Selon nos informations, il serait plus coriaces que ses sbires. Il aurait, participé à la guerre contre les omniaques et traîne avec lui, une réputation plutôt redoutable. Nous irons l’affronter à trois. Est-bien clair ?”

Le plan semblait insensé, mais pourtant… Pourtant en les voyant à l’oeuvre, Fatale savait qu’il pouvait fonctionner, mieux, qu’il serait même le plus efficace et le plus rapide.  


“Vous y allez quand vous voulez. Je vous couvre depuis les hauteurs, jusqu’à ce que vous atteignez le bâtiment en question.”

L’hélico se dirigeait rapidement vers la cible, alors que Fatale veillait sur les rues et les toits alentours. Prête à tirer en cas de pépin, cependant, elle avait avec elle deux personnes, réellement efficace. Pour une fois, elle n’était pas seule à faire le travail. L’araignée pouvait donc se concentrer sur son objectif et sans avoir peur que ses alliés ne nuisent à la mission … Une sensation rare et pourtant … presque agréable.

L’Araignée regardait son point d’accès. Quatre personnes se trouvaient dans la pièce où elle comptait faire irruption. L’engin se stabilisait, permettant à Fatale de tirer. Une première balle, qui brisa totalement la vitre, et vint se nicher entre les deux yeux d’un homme, qui tombait inerte au sol. La distance était une atout pour elle, les trois autres hommes, munis de fusils à cadence rapides tentaient de viser la Sniper, mais manquaient de précision, toutefois, la bleuette ne perdit pas plus de temps et élimina une personne de plus, lui faisant subir le même sort.
Cette fois, les deux autres cibles eurent la présence d’esprit de se mettre à couvert. Inutile … L’hélico se rapprochait finalement, permettant à Fatale d’utiliser son grappin afin d’accrocher le bâtiment. Avant de faire irruption dans la pièce, elle y jetait sa mine. Un nuage toxique violacée se dispersait dans la pièce réduisant la visibilité de ses ennemis, mais ne gênaient en rien l’araignée qui pouvaient voir leur chaleur corporelle. Maintenant dans l’enceinte du bâtiment, elle utilisait son fusil en mode assaut, tirant sur les deux hommes qui tombaient finalement à terre, inerte.

“Je suis au quatorzième étage, où en êtes vous ?”

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Talia Fictilem
Te faire du mal, me fait du bien.
Sam 17 Mar - 20:10

Un large sourire se dessina derrière le foulard de la tueuse. Ils avaient le feu vert qu'elle attendait depuis quelques secondes. S'étirant doucement, la demoiselle passa au dessus du système de ventilation du bâtiment visé, puis après quelques mouvements rapides, entra par la trappe de sécurité, pénétrant finalement dans son nouveau terrain de chasse.

*
*  *


- Szia Jeremy.

Déglutissant, le jeune Jeremy, du haut de ses dix ans, scruta la montagne qui lui faisait face. Son oncle, Yvanov, était immense. Comme son père d'ailleurs. Depuis que son paternel avait accepté le travail d'oncle Yvanov, Jeremy, sa sœur et leur mère, Natacha, avaient déménagé dans ce gigantesque immeuble qui était constamment gardé par les gros bras de la "société". Ils faisaient peur à Jeremy, bien que son oncle faisait parti de ces derniers, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'ils étaient de mèche avec le croque-mitaine. Brrr. Rien que d'y penser, le garçon en avait des frissons dans le dos. Passant la porte d'entrée, l'enfant tenta d'ignorer l'image qu'il avait maintenant en tête pour se rendre aux ascenseurs qui le mèneraient jusqu'à son appartement. Ils vivaient au vingtième. C'était très haut. Une fois, Jeremy avait fait tomber son beigli aux noix de la fenêtre, et avait complètement brisé la fenêtre de la voiture d'un des voisins. Son père avait été furieux et il avait été puni. Mais au moins, la vue était belle. On voyait presque le quartier omniaque, près de l'ancien quartier juif. C'était joli.


- Alors, a kicsit, qu'est-ce que tu fais là à cette heure là?

Sursautant presque, Jeremy remarqua enfin la vieille mégère se trouvant à côté de lui. La vieille pat' venait encore l’embêter. Serrant contre lui le lourd sac qu'il tenait, le petit bout de chou plongea ses yeux de petit blondinet dans ceux de la vieille sorcière.


- Maman voulait... Que je passe chez tati Cassandre. Elle a fini le kenyér qu'elle prépare depuis ce matin. Comme maman est malade, et que ma sœur peut pas marcher c'moi qui y est allé! Mais j'ai même pas eu peur du noir!
- Tant mieux. Allez. Passe le bonjour à ta mère.
- Köszönöm madame!

Sprintant presque jusqu'à l'ascenseur, le jeune garçons frissonna de nouveau en voyant le sourire et le regard de la sorcière avec qui il venait de converser. Billy et Alfred disaient qu'elle mangeait les enfants pas sages. Et qu'elle avait dix huit chats. Qui étaient ses anciens amoureux. Brrr. Ça lui faisait froid dans le dos, surtout avec ses longs cheveux blancs mal coiffés et ses longs ongles.
Les étages défilaient rapidement, et bientôt, le garçon atteignit sa destination. Passant les portes, Jeremy manqua de trébucher sur une des battes avec lesquels jouaient les grands du quartier. C'est alors que le bambin remarqua qu'il n'y avait plus de lumière dans le couloir. Nouveau frisson parcourant son échine.


- Y a quelqu'un?

Marchant doucement, le blondinet sorti de sa poche son téléphone, illuminant légèrement la zone devant lui. La moquette à ses pieds était poisseuse, collante, mais il ne voulait pas regarder. Il était courageux, mais dans les films que Grande sœur lui faisait regarder, c'était toujours à ce moment là que le monstre surgissait, et il voulait pas qu'un monstre surgisse. Une sensation d'effroi s'empara alors du garçon, qui accéléra instinctivement le pas. Et s'il y avait un monstre finalement? Il fallait protéger maman! Oh oui, c'était totalement pour ça qu'il fallait accélérer et vite rentrer à la maison!
Arrivant devant l'appartement 205, le garçon déglutit. La porte était entre-ouverte. Serrant un peu plus le sac de pain qu'il portait, le petit blond poussa du pied cette dernière et entra en silence chez lui.


- Jereeeeemmmyyyyy...

La voix de sa mère était claire et joyeuse. Ouf, elle allait bien! Soufflant un long moment, le concerné avança vers le salon, d'où l'on apercevait une faible lumière. Sa mère devait regarder la télé pendant que sa sœur s'était endormie. Passant devant la cuisine, le petit homme remarqua que le four était allumé, mais ouvert. Jeremy déposa le sac de pain à l'entrée de la salle. Atteignant finalement le salon, le garçon poussa la porte et entra sans plus de cérémonie. Il faisait sombre, même avec la télévision allumée. Cette dernière retransmettait les images de la naissance de Jeremy, sa mère le tenant dans ses bras avec un sourire d'une innocence certaine. Sa mère lui faisait d'ailleurs dos, assise dans le fauteuil de son paternel. C'était un petit jeu entre eux, lorsque papa était avec les autres de la famille, elle s'asseyait là. Un "souvenir" de leur vie passée disait-elle. Jeremy ne savait pas trop pourquoi, mais sa mère avait toujours détesté le travail de son père.

Courant vers elle, le garçon se planta devant le fauteuil de sa figure maternelle, comme tétanisé par ce qu'il regardait. Natacha. Assise sur le siège, était ouverte de l'épaule jusqu'à la hanche. Une large plaie béante depuis laquelle se répandait des viscères libérés de leur cocon vital, ainsi qu'une quantité astronomique de sang s'écoulant par terre et se faisant absorber par le tapis du salon. Jeremy ne parvenait même pas à hurler, face à l'expression terrifiée de sa mère, dont les yeux avaient été arrachés, pendant depuis leurs orbite respectifs, seulement maintenus par les nerfs optiques, et dont la mâchoire avait visiblement été forcée pour la briser et rendre au visage autrefois féminin une allure fantomatique. A l'intérieur de la bouche se trouvait une sorte de petit optique, semblable à une caméra. Tournant la tête lentement, le blondinet, dont les joues s'étaient humidifiées de nombreuses larmes salées, remarqua que ce qui était quelques minutes auparavant les images de sa naissance était maintenant une succession d'images obscènes mêlant sa mère, oncle Yvanov et son père, nus et se faisant des choses que son esprit enfantin ne comprenait pas. Les images cessèrent alors, puis il s'aperçut, là, à cet instant, dans la télévision. Le petit optique dans la bouche de sa mère le filmait.

Une goutte poisseuse tomba alors sur son épaule. Il n'avait pas remarqué depuis qu'il avait trouvé sa mère, et qu'il pleurait, mais beaucoup de liquide lui était tombé dessus. Levant la tête dans un sanglot pitoyable, le petit homme remarqua une autre silhouette féminine. Sa sœur. Cette dernière était accrochée au ventilateur de plafond, qui était en marche et la faisait tourner lentement. Un fil semblait la maintenir à ce dernier. Ah non. Il voyait mieux à présent. Le fameux fil, sortait du ventre de sa sœur handicapée. Tombant à genoux, le garçon eu des spasmes incontrôlés, puis un flux interminable de vomissement commença, mêlé à des pleurs et complaintes hongroises ridiculement touchantes. Il était trop petit pour comprendre exactement ce qu'il se passait, mais trop intelligent pour ne pas savoir qui avait fait ça. Un monstre.
Deux fines mains gantées passèrent alors autour de son visage, l'enlaçant lentement dans ce qui ressemblait à un mouvement de compassion. Il se laissa faire. Il était trop abattu pour tenter de résister de toute manière. Il remarqua alors la télé, et la jeune femme qui l'enlaçait, le plaçant contre elle. Une vague sensation d'espoir, de tristesse, et de regret l'envahirent alors. Il se disait que, peut-être, c'était l'une des héroïnes dont parlait maman? Sa mère... Son regard passa de nouveau sur la figure cauchemardesque qu'était devenue celle qui l'avait mis au monde.


- Jó éjt.

Quelque chose de chaud passa contre sa gorge, puis une vive douleur le fit légèrement tressaillir, alors que les fines mains le bloquaient à présent, l'empêchant de se dégager. Un liquide s'écoula sur son torse, puis ses propres mains qui tentaient de chasser celles de la jeune femme au visage caché. Il commençait à avoir froid. Il ne sentait plus ses jambes, et la douleur n'était plus si vive. La main le tenant par le front tira alors légèrement sa tête en arrière, et la douleur revint, suivit d'un flux plus grand de son propre sang qui quittait son corps. Ses yeux, alors qu'ils se révulsaient peu à peu, passèrent de nouveau devant l'écran de télévision. Ce n'était pas une femme qui le tenait. Il le voyait clairement maintenant. De ses mains longues et griffues, de cette aura néfaste. C'était le croque-mitaine qui le détenait, et l'emmenait vers son domaine... Tout devint alors noir, et seul le froid vint saisir les derniers soupirs du jeune Jeremy.

*
*  *


Se tenant au bord de la fenêtre de l'appartement 205. Talia léchait pour au moins la dixième fois ses lèvres écarlates. Avoir coupé les lumières des étages supérieurs avait été une idée lumineuse, sans mauvais jeu de mots. Elle pendait à présent au bord du vide, tenant d'une main ferme le petit optique qu'elle avait subtilisé plus tôt à l'un des responsables COMM' de cette pauvre mafia. Après quelques bidouillages aisés, elle avait entamé une diffusion en direct des caméras de tous les "soldats" présents. Sur le net, mais surtout sur leur petit réseau privé. Toutes les autres mafias qui auraient l'idée de trahir ou attaquer le Talon verraient ce qu'il se passait ce soir. Et tout ça en live multi-cam, avec différents points de vues. Se jetant d'un bon de l'immeuble, la tueuse pivota et dégaina son arme de poing, tirant dans un bidon de gaz, déposé à l’extrémité du couloir menant à la cuisine. La déflagration frappa avec une puissance inouïe les environs, masquant le tonnerre qui grondait, l'espace de quelques instants.
L'assassin écarquilla les yeux face à ce spectacle merveilleux, alors qu'elle commençait à chuter, tout en se mordant les lèvres. utilisant son grappin sur la surface du bâtiment, le lotus se servit de sa vélocité pour enfoncer la fenêtre la plus proche de l'étage inférieur.
Elle tomba alors nez à nez avec trois ados armés de petits calibres et visiblement sous le choc de l'explosion et l'arrivée soudaine de la demoiselle par cette entrée. Sans attendre leur réaction, Talia ouvrit le feu, logeant une balle dans la tête des deux premiers, et dans le torse du troisième, faisant un trou dans ce dernier, déchirant par la même occasion sa colonne vertébrale, la transformant en une gelée sanguinolente de poudre d'os et de chair. Marchant doucement vers ce troisième individu, Talia plaça son arme contre le front de sa victime étonnamment encore consciente, et pressa la gâchette sans ménagement, activant sa liaison com.


- Ici Black Lotus. Vingtième étage et toit nettoyés. J'entame le dix-neuvième. Au fait Boss, il se trouve à quel étage notre beau gosse?




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Alasker Crudelis
Le nettoyeur
Jeu 22 Mar - 8:16

"Alasker, la cour et le bas."
Certes oui. La cour. Le bas. Un jeu d'enfant. Douze hostiles armés détectés au RDC du bâtiment. Plus huit dans la cour et trois près de la fontaine en plein milieu. Possibilité pour que des types se mettent à lui tirer dessus depuis les fenêtres quand il arriverait au centre. Inutile de chercher à établir un point de défense à l'extérieur. Les constructions en U de ce type semblaient conçues pour la défense. Il allait falloir agir vite. Foncer. Profiter de la panique ambiante pour descendre un maximum de gardiens puis retourner deux ou trois tables, se planquer derrière et attendre l'arrivée des renforts, une fois à l'intérieur. Rien de très compliqué en somme. La cour était au bout de la rue où sa grosse carcasse se planquait, tapie dans les ombres. Un portail en fer, encadré par deux gros piliers de pierre, marquait le début de la propriété privée. Pas très solide à première vue. Deux types se tenaient debout aux pieds des piliers. Ce qui faisait deux cibles faciles. Les hostiles près de la fontaine au milieu semblaient immobiles, l'un d'eux tenait quelque chose qui laissait de hautes signatures thermiques au niveau de son visage et de sa main droite. Une clope ou un cigare. Trois autres cibles faciles. Tous les autres faisaient des rondes. Bougeaient trop souvent pour être sûr de leurs positions exactes au moment de l'attaque.
Un détail pas très important, en réalité. Les chances pour qu'ils encaissent son arrivée sans fuir étaient proches de zéro. Oh ! Ca avait l'air de commencer à s'exciter en haut. Quelques tirs, à droite à gauche, et les deux clampins aux portails qui se touchent l'oreillette pour avoir l'air plus pro, en tripotant nerveusement la poignée de leurs pistolets-mitrailleurs. Le signal semblait donné.
Alasker épaula son arme et tira. Neuf fois.

Les premières étoiles filèrent dans les ténèbres de la nuit en passant juste au-dessus des gardes du portail. Silencieuses et luisantes d'un feu bleu-rouge, elles commencèrent à gagner en altitude une fois arrivées dans la cour, comme si, non contentes d'attirer l'attention de toutes et tous, elles souhaitaient en plus apprendre à voler. Elles grimpèrent en altitude sans se soucier le moins du monde de leurs progressives pertes de vélocités. Et puis, soudainement...La première, la deuxième et la troisième étoile filante s'écrasèrent contre le mur du bâtiment. Fauchées par ce choc soudain, elles s'éteignirent... Et dégringolèrent dans un fracas de métal pour rejoindre le sol de la cour. Couchées ainsi sur l'asphalte, deux des trois se mirent à rouler dans des directions aléatoires, aidées par leurs formes cylindriques, tandis que la dernière coulait simplement tout au fond de la vieille fontaine. Leurs six camarades ne tardèrent pas à les imiter, s'écrasant un peu partout dans la cour et roulant simplement dans un bruit métallique, docilement, pacifiquement, sous les regards médusés des gardes s'étant empressés de se jeter à couvert, dès la première lueur dans le ciel. Il y eut un instant de flottement. Les gardes échangèrent quelques mots confus. Au-dessus d'eux, le chaos prenait place. Mais cette dernière scène, étrange, irréaliste, les empêchaient de réagir comme ils l'auraient dû. Ils attendaient simplement, à l'abri. L'un sous un camion, l'autre abrité derrière une benne à ordure... que quelque chose explose. Que quelque chose tire.  
Et ils furent exaucés. D'une certaine façon. Parce que quelque chose...Ou plutôt quelqu'un, finit par venir, au bout d'une insupportable minute. Et lorsque ce quelqu'un décida enfin d'arriver pour briser ce calme tout relatif, il le fit en hurlant, au cœur de la nuit, son amour pour la violence et le sang.
Les deux gardes du portail obtinrent au moins le mérite de maintenir leur position et, même, de tirer une première rafale, lorsqu'Alasker débarqua en courant du bout de la rue face à eux. Ils ne stoppèrent pas le géant, bien entendu. Les balles de leurs armes -beaucoup trop légères- ricochèrent sur les couches multiples de son armure, juste avant que leurs propres corps se disloquent sous une unique salve de l'Humaniste. Fort heureusement pour eux, ils étaient déjà tout à fait mort au moment où le géant de métal hurlant traversa, sans effort, le fragile acier du portail dégoulinant de leurs fluides vitaux pour mettre un genou à terre, épauler son fusil mitrailleur, et, d'un clignement d'œil, ordonner à son armure d'activer la détonation des neufs grenades incendiaires tirées plus tôt.
Là, au milieu d'un milliers de flammes naissantes, le géant de fer tira quelques courtes rafales sur ceux qui ne brûlaient pas déjà, puis se redressa vivement, dominant ainsi de toute sa hauteur la cour, pour que tous ceux qui avaient encore le courage de tenir leurs positions puissent voir le sourire du crâne taillé sur son casque.
Ce fut à cet instant. Et à cet instant seulement... Que les gardes commencèrent à avoir le temps de hurler.
"-Il est dans les flammes !" Gueula un type à l'épaule démise par le souffle d'une explosion. Ses yeux embués de larmes brûlantes cherchant à discerner quelque chose dans l'enfer incandescent.
"-Tirez, tirez !" S'époumona un autre, juste avant que le canon brûlant d'un fusil aussi lourd que lui ne vienne se fourrer dans sa bouche, en lui éclatant, au passage, toutes les dents, pour cracher un flot de mort directement dans sa cervelle.
"-J'ai pas signé pour ça, bordel !" Jura un chef de patrouille retardataire, après avoir écrasé son oreillette, jeté son fusil dans une poubelle et accordé un dernier regard à ses collègues, dans la cour, qu'il s'apprêtait à abandonner sans remord. Trois de ses hommes lui emboitèrent le pas. Ils tuèrent les quatre autres, plus courageux, qui tentèrent de les forcer à faire leurs boulots.
"-Nom de dieu. Nom de dieu de nom de dieu de nom de dieu !" Ne cessait de répéter l'un des gardes intérieur, au rez-de-chaussée, lorsque ce qui avait l'air d'être un monstre de métal grinçant entra dans son bâtiment en traversant la double porte d'entrée en verre blindée, le rideau de fer qu'ils avaient fermés derrière, quelques heures auparavant, et même l'un de ses pauvres collègues. Les morceaux de ce type, qui prenait toujours sa pause en même temps que lui, pour lui taxer une clope et demander du feu, giclèrent sur son visage figé dans une expression d'horreur...Puis un gros gant de métal se referma sur son crâne et l'arracha tout simplement. D'une simple torsion de poignet.

Alasker se débarrassa du corps décapité, toujours debout, d'un coup de pied nonchalant. Calmement, il posa la tête arrachée à ses pieds, mit un genou à terre et entreprit de recharger son lance-grenade sans s'inquiéter du raffut provenant de la cage d'escalier de service, à droite du comptoir de l'entrée où saignait encore le type qu'il avait traversé pour entrer. A la quatrième grenade placée dans son tube de lancement, l'ancien mercenaire estima que les imbéciles qui descendaient les marches jusqu'à lui devaient au moins êtres quatre. Ils allaient débarquer en trombe, tirant et jurant n'importe où, dans le meilleur des cas. Dans le pire, ils balanceraient quelques machins flasheurs ou paralysant avant d'entrer en épaulant leurs flingues de manière plus ou moins professionnelles pour vider leurs chargeurs sur sa grosse personne.
Dans tout les cas, ils ne pourraient pas le louper. Ce hall d'accueil était semblable à celui d'un hôtel quatre ou cinq étoiles. Carrelage impeccable, aux couleurs de l'ébène, luisants, réfléchissant la lumière du lustre central accroché au plafond.  Un comptoir en bois massif, noir aussi, construit tout autour d'un pilier visiblement fait de la même pierre que le carrelage. Ca sentait le fric mal dépensé, la déco' de mauvais goût et la pute de luxe. Mais ce n'était pas ça, l'important. L'important, pour Alasker, c'était le fait qu'à part le comptoir mentionné, quelques meubles à tiroirs collés aux murs du fonds, une table en verre avec trois tasses posées dessus, il n'y avait rien qui ne pouvait lui servir d'abri ou de barricades pour la suite. Pire, ce coin était une véritable passoir. Une grande passoir vide, assez grande pour garer plusieurs Humvee militaire autour du comptoir. Il y avait au moins six accès : Deux portes sur le flanc gauche, menant sans doute à des pièces sans intérêts mais que le géant serait contraint de vérifier avant de monter. Deux ascenseurs à portes coulissantes, au centre du hall, en face de l'entrée. Le fameux escalier de service précédemment mentionné...et une cheminée en marbre, éteinte depuis fort longtemps, manifestement là uniquement pour flatter un peu plus l'égo des propriétaires en ornant le mur de droite.
Bon. A moins qu'il n'y ait des Papas Noël  de combat parmi les gardes, les chances que quelqu'un débarque par la cheminée pour le canarder étaient...Relativement nulles. Restait encore cinq accès. Les ascenseurs n'avaient aucuns panneaux ou signaleurs vocaux pour prévenir une arrivée prochaine. Les portes sur le coté...Bon. Alasker aurait pu se débarrasser de ses doutes tout de suite, en demandant à son armure de chercher des signes vitaux derrière, mais il se refusait à remettre son casque tout de suite. Le géant l'avait enlevé en entrant, pour apprécier justement, avec ses propres sens, la senteur, l'ambiance, les sons, provenant de ce nouveau champ de bataille. La ferraille qui recouvrait son corps et lui confiait une seconde vue était utile, bien entendu, mais ça ne restait qu'une machine sans vie, une armure de mort, ne lui renvoyant, lorsqu'il s'enfermait de lui-même à l'intérieur, que la parodie d'une vision humaine parasitée de quelques données tactiques. Pour un simple soldat, c'était un outil inespéré. Le pinacle de ce qu'on pouvait obtenir, pour survivre. Pour se protéger et protéger d'éventuels "autres". Mais pour le tueur qu'Alasker était, ça avait toujours été une muselière. Ses yeux noirs voulaient voir eux-mêmes la mort prendre ses victimes. Ils voulaient les voir ramper dans leurs sangs, ou tenter de rassembler vainement leurs entrailles à l'intérieur de leurs torses ouverts. Alasker voulait entendre avec ses propres oreilles –pas avec "un retransmetteur vocal" – les implorations, les supplications de ceux qui mouraient parce qu'ils avaient eu la bêtise de se mettre sur son chemin. Il voulait sentir la peur. Se repaître de la douleur. L'odeur répugnante et pourtant enivrante d'intestins éventés baignant en plein milieu d'une mare de raisiné en phase de coagulation.
Aucune armure. Aucune technologie, en fait. Aucune création humaine, ne pourrait jamais, ne serait-ce qu'imiter, ses sens de prédateurs. On l'avait amélioré pour que son corps lui-même aime la guerre. Et il l'aimait. Il la désirait. Plus que tout autre chose. Chaque preuve de violence, chaque manifestation de mort, de douleur, le rendait plus avide de combat. En ces instants, Alasker ressentait parfois l'envie de fourrer sa gueule hérissée de crocs dans les corps des vaincus pour dévorer leurs entrailles, broyer leurs os et engloutir leurs organes puis simplement attendre que le sang sur son énorme visage se mette à sécher. A former des croutes. Coller ses cheveux contre son front. Le géant l'avait déjà fait. Plusieurs fois, après des combats très longs, très violents, très durs, lorsque sa conscience humaine, ravagée par des heures de luttes, des jours, des semaines parfois même, n'arrivait plus qu'à renvoyer à son cerveau qu'une succession d'images violentes sans queue ni tête. Lors de sa carrière de mercenaire, la bête qu'était Alasker s'était souvent réveillé parmi des cadavres mâchonnés, sans même être capable de répondre aux questions "pourquoi" et "comment". Le géant n'en avait jamais éprouvé la moindre honte. On l'avait élevé au-dessus des humains. Donc au-dessus de leurs lois.
Tiens, les imbéciles de l'escalier ralentissaient?

Il sourit en léchant -de sa trop longue langue- le sang séchant sur ses joues. Puis, d'un coup de pied, le géant expédia la tête arrachée de sa dernière victime dans la cage d'escalier.
S'ensuivit un court silence. Quelqu'un jura. Peut-être qu'on se pencha pour identifier la tête. Alasker ne prit pas le temps de vérifier.
Le premier des quatre braquait un fusil à pompe devant lui. Il se tenait juste au-dessus du projectile organique susmentionné, qui s'était écrasé dans un affreux fracas humide contre la rambarde en acier de l'escalier. Son front était plissé par la concentration, pas par la peur, et son attitude était celle d'un vétéran.
Alasker lui arracha les deux mains en un seul tir du deuxième canon de l'humaniste. Quelques-unes des billes de plombs libérées par le coup se plantèrent même dans son torse, l'expédiant contre un mur avant même qu'il ne parvienne à crier.
Le deuxième eût le temps de tirer une rafale de pistolet mitrailleur avant de mourir, coupé en deux par trois tirs de mitrailleuse dans le torse. Le contenu de son poitrail, ouvert comme un fruit trop mur, gicla sur le visage du troisième, qui lâcha son M24 modifié pour remonter les marches en hurlant, tandis que le quatrième, une vingtaine de marche plus haut, le couvrait en faisant feu à son tour.
Une longue rafale de six balles s'écrasa dans le dos d'Alasker avant que ce dernier n'ait le temps de riposter. Une seule balle parvint à transpercer sa carapace de métal et lacérer la chair en-dessous. En réponse au sursaut des signes vitaux de son possesseur, l'armure ordonna aux injecteurs en elle de libérer un cocktail de stimulant directement dans le cou du géant. Le résultat fut immédiat. Et brutal.
Sa vision devint rouge. Littéralement. Quelque chose craqua dans ses yeux. Les battements de son énorme cœur emplirent ses oreilles tant et si bien qu'Alasker n'entendit même pas le hurlement animal qui s'échappa de sa bouche écumante. Il encaissa deux autres rafales sans broncher et jeta son arme au visage de son agresseur, qui tomba aussitôt à la renverse. L'ancien mercenaire grimpa les marches rapidement, trop, tellement que, dans sa précipitation, sa grosse carcasse perdit l'équilibre et tomba face contre terre. Ca ne l'arrêta pas. Bizarrement recourbé sur lui-même, le géant continua son ascension à quatre pattes, hurlant et bavant  son envie de meurtre sur les marches et ses proies terrifiées. Le troisième revint sur ses pas pour tenter de tirer en arrière son camarade sonné sans y parvenir efficacement, le corps de l'autre étant bloqué sous l'énorme mitrailleuse venant de l'assommer.
Lorsqu'Alasker arriva à leurs niveaux, le seul type encore conscient face à lui pensa sérieusement à se coller une balle dans la tête avec son arme de service. A la place, son ridicule instinct de survie lui commanda l'ordre de viser le visage de la bête de métal qui se précipitait dans sa direction et de presser la gâchette de son pistolet.
Ce que l'imbécile se dépêcha de faire.
L'impact ne fit même pas reculer le géant. Il arrêta la balle. Pas avec son gantelet. Ni avec son armure. Non. Alasker l'arrêta simplement en serrant les dents. Le projectile de neuf millimètres s'écrasa entre deux incisives anormalement pointues et perdit toute vélocité après avoir fendue en trois celle du bas. La couleur de l'ivoire se mélangea à celle du sang. Et le géant répondit à cette nouvelle agression en crachant un mélange de dents brisées, de balles pulvérisées et de chair rougie au visage de celui qui venait de tirer.
A cette vue, l'imbécile lâcha son arme et tomba à la renverse en suppliant un dieu inexistant ou aussi sourd que la bête écumante. Alasker ramassa l'Humaniste et vida le reste de son chargeur dans le torse du type sonné. Puis il se mit au-dessus du dernier survivant, lui immobilisa le visage d'une main...Pour planter le canon brûlant, encore rouge, du fusil contre son nez. Les hurlements gagnèrent en intensité alors que le métal bouillant faisait fondre la chair fragile du pauvret. Une longue minute plus tard, le golem de fer jetait son arme sur le coté et frappait du poing dans la tête fondue, désormais dépourvue de narines, et possédant une bouche aux lèvres collées l'une à l'autre. Puis il enserra le torse ridiculement chétif entre ses deux mains démesurées et serra, jusqu'à ce qu'une pulpe rougeâtre ne sorte par la bouche et les yeux. Finalement, l'ancien mercenaire sembla satisfait, repu, pour l'instant. Il se redressa de toute sa hauteur, ramassa calmement son fusil mitrailleur, enclencha un nouveau chargeur, puis secoua la tête pour chasser les images rémanentes du sang se répandant dans son champ de vision.
Un rire tonna dans son dos. Un rire intense. Presque fou. Un rire douloureux, aussi. Celui d'un homme fort se fichant qu'un de ses poumons soit perforé. Alasker fit volte-face pour découvrir le premier des gars. Celui a qui il avait prit les mains. Le type s'était relevé et avait entamé son ascension jusqu'à eux en se trainant le long du mur. Son regard ne trahissait nulle peur. Seulement de la douleur et du mépris. L'ancien mercenaire lécha le sang qui coulait de ses propres yeux sans rien ajouter.
"-Tu crois...Que tu me fais peur...En hurlant...Comme ça?" Cracha l'autre, d'une voix sifflante.
Non. Bien sûr que non. Principalement parce qu'il n'était même pas conscient d'avoir hurlé comme un animal enragé, tout le long du massacre. Le type lui cracha au visage. Alasker l'apprécia pour cela.
"-Je ne cherche pas à te faire peur." Fit le géant, simplement, sur le ton de la conversation.
"-Ah non?
-Non."
Et il l'exécuta d'une balle dans la tête.




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Fatale
Un tir, un mort
Sam 31 Mar - 12:58


Du sang, des larmes et encore plus de sang
La fumée violacée se dispersait petit à petit de la pièce. Laissant voir, aux pieds de la Veuve Noire, les semble t-il, cadavres de ses victimes. La Française jetait un regard bref aux alentours, afin de voir si elle était effectivement la seule âme vivante des lieux. Aucune réponse à sa question de la part de ses coéquipiers. Fatale lâchait un soupire. Elle s’apprêtait à continuer sa route, lorsqu’une main attrapait sa cheville. L’un de ses sourcils, parfaitement dessiné se levait, intriguée par ce qu’il se passait. Un homme s’exprimait, dans une langue bien trop rustre pour la Française distinguée qu’elle était. Elle ne comprit aucun mots prononcés et elle s’en moquait pas mal. Le canon de la Veuve se posait sur le front de l’homme, qui offrait un regard terrifié, implorant de ses yeux larmoyants, la meurtrière. Elle tira, ne daignant même pas à offrir une dernière attention à sa victime qui s'effondra.
Elle dégageait la main gênante d’un geste de sa jambe, elle se penchait pour récupérer sa miche et quitta les lieux.


Elle se retrouva dans un immense couloir, aux portes multiples.  Presque toutes en même temps, s’ouvrirent, laissant apparaître face à Fatale, divers hommes armés. D’autres mots rustres furent prononcés et l’ordre de feu à volonté fut donné. Les tirs partaient, et Fatale utilisait l’encadrement d’une porte pour se mettre à couvert.

*Merde…*

Elle devait trouver une solution et rapidement, afin de se sortir de là. Toujours aucune nouvelle de ses collègues qui étaient probablement bien trop loin dans tous les cas pour venir l’aider. Alors, elle lâchait sa mine une nouvelle fois, qui avait eu le temps de se recharger. A nouveau, le gaz violet se répandait dans le couloir, faisant tousser les occupants, à l’exception de l’araignée, toujours immunisé à son propre venin.  Grâce à son visière de reconnaissance, elle pouvait apercevoir au fond du couloir, que l'ascenseur remontait les étages et il n’était pas vide. Pourtant. Il était sa seule issue possible.  Fatale préparait son grappin.

-Ding-. Les renforts arrivaient. Cette langue barbare fut à nouveau entendue et il ne fallait pas être bilingue pour comprendre que les nouveaux arrivants se demandaient ce qu’il se passait. Des coups de feux furent à nouveau tirés à l’aveuglette, alors que la Sniper, glissait sur le sol, à l’aide de son grappin qui s’était accroché à une barre dans l'ascenseur. Une fois qu’elle fut dans la cabine, elle se relevait, alors que les portes se refermait, elle offrait un dernier regard à ses ennemis tandis que l’engin se remettait en marche.

Une petite musique se fit entendre, alors que dans un lointain échos, Fatale entendait la voix reconnaissable entre mille, de son coéquipier masculin, criant à feu et à travers, quelques étages plus bas. La Française levait un sourcil, intriguée. Fatale activait une nouvelle fois les communicateurs, alors qu’elle tira dans une caméra qui l’observait.

“Alasker, tout va bien …?”


Non pas qu’elle s’inquiétait de perdre un de ses alliés. Il était courant au Talon que lors d’une mission, l’escouade - si on pouvait appeler cela une escouade lorsque cette dernière n’était composée que de trois personnes - ne reviennent pas en entière. Le coeur éteint de l’assassine, ne pouvait plus être atteint par la perte d’un quelconque individus, qu’il soit “proche” d’elle, ou non, émotionnellement parlant du moins. Fatale avait appris à ne plus s’attacher. A ne plus être faible, en somme. Non, elle s’inquiétait surtout pour le bien de la mission. Elle avait délibérément choisi de venir avec un groupe restreint, mais ce choix avait un prix, la perte d’un seul membre de son équipe mettait en péril toute l’opération. Peut-être les avait-elle trop surestimé … ?

Elle ne reçut aucune réponse, une nouvelle fois. Les traits de son visages restaient neutre, calme et pourtant, elle devait l’avouer, elle était agacée. Elle voyait les étages défilés sur le petit écran, alors que d’un seul coup la cabine s’arrêtait. Les lumières s’éteignaient complètement. La musique relaxante cessa. Cependant, une douce voix répondit enfin, à ses appels.

- Ici Black Lotus. Vingtième étage et toit nettoyés. J'entame le dix-neuvième. Au fait Boss, il se trouve à quel étage notre beau gosse?

“Penses-tu bien que si je le savais, je vous aurais déjà donné la position exacte de notre cible, Lotus.”

Fatale regardait au dessus d’elle et ouvrit la petite trappe située au plafond de la cabine. Elle se hissait sur la cabine et se préparait à utiliser à nouveau son grappin.

“Mais, d’après mes sources… György Kovacs, notre cible est quelqu’un d’assez … paranoïaque, traumatisé par la guerre à laquelle il a participé. Ne le cherchez pas dans des endroits clichés. Il est caché dans une salle sous haute sécurité.”

*La sécurité … *

Une idée germa dans l’esprit de la Sniper.  Mais, il y avait deux soucis. Le premier, le courant était probablement coupé dans tout l’immeuble. Le deuxième, Alasker restait aux abonnés absents. Mais … Si elle descendait … En aurait-elle seulement le temps ?

“J’ignore où en est Alasker. Je vais le rejoindre afin de faire le point. Black Lotus, j’ai besoin que tu localises les systèmes de sécurités. J’ai vu plusieurs caméras, dans le bâtiment. Nous devons prendre le contrôle de ces dernières. Je suis quasiment certaine que la pièce où se trouve notre cible est filmée. Nous le localiserons ainsi. Je pense que les écrans se trouvent dans les hauteurs du bâtiment. Je te laisse t’en charger.”  



Son grappin semblait être son plus fidèle ami en ce jour, puisqu’elle en usa une nouvelle fois, pour atteindre l’étage le plus proche. Avec difficulté, elle força les portes coulissantes de l'ascenseur pour se faufiler entre elles.

“Pour ma part, je rejoins notre géant de fer, étant au cinquième, je ne suis pas loin. L’électricité a été coupé. Je vais remettre en marche le tout… Alasker ? Daignerais-tu répondre cette …”

Fatale écarquillait les yeux, alors que visiblement un comité d’accueil l’attendait. La pièce où elle se trouvait désormais devait probablement servir de cafétéria. Les tables étaient retournées, derrière elles, des gens armés jusqu’aux dents, de divers armes à feux, toutes braquées vers une seule personne : Fatale. Elle se trouvait plus ou moins au milieu d’un couloir, face à elle, une immense pièce ouverte. A sa gauche, une dizaine d’hommes, de même à sa droite et face à elle, le double d’effectif.


“... fois ?”

-Mains en l’air et jetez votre arme !

Avec un accent barbare, l’un des gars s’exprimait désormais dans un anglais que la Française était en mesure de comprendre. Elle était cette fois clairement en désavantage, et elle ne pouvait riposter, sans se faire canarder comme du gibier. Alors, la Sniper capitula, levant les mains alors que son fusil de précision tombait à ses pieds. Celui qui semblait être le chef de cette attroupement, se mit à sourire alors qu’il se redressait.

-Un geste ma jolie et je fais de ton corps une passoire.

Fatale ne réagit pas, restant immobile alors que l’homme se rapprochait d’elle pour glisser dans son dos. Il attrapait les poignets de la Sniper alors qu’il humait son parfum, son souffle immonde percutant le cou de la jeune femme, qui cette fois, ne put réprimer une moue de dégoût.

“ Mais en attendant, j’ai d’autres projets pour toi…”

Les poignets de Fatale furent emprisonnés par des menottes, il l’attira à lui, en venant murmurer quelque chose à son oreille, après l’avoir mordiller. Fatale éloignait son visage de cet homme répugnant, qui la faisait frémir de répugnance.

“Messieurs … Amusez-vous.”

Et il la poussa au milieu de la horde de chiens affamés, toujours attachée et mise en joue par ceux qui ne participèrent pas aux festivités.







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Talia Fictilem
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Dim 1 Avr - 13:53

Dès qu'elle en avait reçut l'ordre, Talia s'était élancée aux travers des couloirs du dix neuvième étage. Pour être franc, elle n'avait presque pas écouté la suite de la transmission. Elle avait fait attention à ce qui la concernait, mais dès que l'araignée avait changé de sujet, la tueuse à gage avait entamé sa démarche sans grande attention.

Plusieurs balles fusèrent au dessus de sa tête, la forçant à rouler de manière plus ou moins ordonnée, ouvrant à son tour le feu, terrassant l'un des cinq gardes qui l'attaquaient. Fronçant les sourcils face à cette situation désavantageuse, le lotus continua sa roulade avant de bondir vers ses adversaires, visiblement surpris de voir une cible mouvante. Mouvante vers eux. La source des tirs. Le plus proche de Talia eu le plaisir de recevoir sa lame dans le bas-ventre, la tueuse levant sa main dans un rictus incontrôlé, ouvrant le pauvre type qui émit un déglutit pitoyable. Attrapant sa proie, elle s'en servit comme d'un "bouclier" humain, tandis que les autres mafieux ouvraient le feu sur sa position. Un bruit flasque résonna, en parfaite synchronisation avec les balles entrant dans le corps maintenant sans vie de sa victime. Repoussant la passoire humaine, Talia le jeta sur le secon garde qui grogna en repoussant son ancien camarade, avant de tenter d'asséner un coup à l'assassin qui lui faisait face. Ce fut sans succès, une balle du Vulture aérant définitivement sa boite crânienne. Son corps raidit par cette mort soudaine s'effondra sur le sol dans un bruit sourd. Les deux derniers gardes balayèrent l'ancienne position de Talia d'une pluie de balles, avant de se rendre compte que cette dernière n'était plus là. Se fixant l'un l'autre, à la fois inquiet et surpris, ils se permirent l'espoir d'avoir fait fuir la tueuse. L'un d'eux baissa même son arme. Son ami perdit la sienne, ne pouvant retenir son fusil avec ses mains, toujours accrochées à ce dernier alors qu'il chutait doucement vers le sol. Un cri fut poussé, une tentative de riposte effectuée. En quelques secondes, les ombres avaient mis fin à la vie de ces deux derniers personnages.

Se recoiffant doucement, Talia se lécha les lèvres avant d'ouvrir la porte de l’ascenseur devant elle, se jetant et glissant sur le câble d'attache. Son ATH lui affichait la position estimée du centre de sécurité, selon les informations collectés préalablement à leur mission, et selon les organisations standards des ancien bâtiments soviétiques. Filant jusqu'au seizième, la tueuse ignora, à contre cœur, l'étage intermédiaire pour se rendre au plus vite à sa destination. Passant par une trappe d'aération, pour ne pas avoir à ré-ouvrir les portes de l'ascenseur. De ces dernières, elle observait le va et vient d'une bonne dizaines de mafieux armés, qui semblaient être hostiles à toute approche non déclarée. Cependant, il était important de noter qu'ici, étrangement, la lumière était présente. Le bâtiment disposait donc bel et bien d'un générateur de secours... De plus, si les caméras étaient actives, et surtout présentes dans un bâtiment "habité". Alors il était plus qu'évident que ce dernier était également équipé d'autres systèmes de sécurités alternatifs. Observant le plafond du couloir, elle analysa tous les recoins exploitables potentiellement par des tourelles de sécurité déployables. Aucune trace de ces dernières. Bien. Un soucis en moins. Soufflant longuement, la tueuse fit sauter la plaque devant elle, et s'élança sur le mafieux le plus proche.


*
*  *

Haletante, Talia observa l'omniac qui lui faisait face. Ce dernier, deux hachettes à énergie dans les mains, la fixait de ses capteurs optiques. La tueuse s'étira dans une énième provocation, balayant de la main le morceau de mafieux qui était resté sur son épaule. Mis à part le robot devant elle, elle se trouvait uniquement entourée de cadavres. Certains étaient déchiquetés, d'autres profondément mutilés. L'un des gardes en avait même un autre dans le corps. Plus exactement, son bras. Dans le ventre.
Son adversaire du moment s'élança contre elle, la forçant à se mouvoir avec une fluidité exceptionnelle. Ce diable était rapide. Bien plus qu'un humain lambda. Si elle n'avait pas été améliorée dans sa jeunesse, elle serait morte face à cette attaque soudaine. Assénant un coup vers le "ventre" du robot, sa lame se logea contre la hachette de son ennemi, la forçant de nouveau à esquiver une contre attaque. Pour le moment, elle devait admettre qu'il avait l'avantage. Elle possédait de multiples petites entailles sur ses bras et jambes, donnant à sa tenue un air de vêtement pour marginaux en manque de cannabis, accompagnés de leur chien.
D'un bond sur le côté, Talia s'arque-voûta pour frapper d'un estoc son adversaire. Au moment où ce dernier para sa lame, elle lâcha la poignée de l'arme, la désactivant sous la surprise visible de la machine qui n'avait pas calculé cette probabilité. Se cambrant et se trouvant à la limite de déboîter son épaule, elle pivota et attrapa le manche de son autre bras, activant sa lame sous le robot, déchirant ses entrailles mécanisés d'une lame chauffée à blanc par le plasma et l'énergie. Les cris synthétiques de l'omniac déclenchèrent un ricanement sadique chez la tueuse qui ne laissa aucun répit à son adversaire, sortant sa lame pour ensuite trancher son bras, et l'achever en enfonçant son épée dans le crâne robotique de sa victime. Laissant l'amas de ferraille retomber sur le sol, le lotus observa tous les écrans qui lui faisait face. Elle allait pouvoir mettre son "plan" en oeuvre, et repérer leur cible.


*
*  *

La multitude d'écrans qui faisaient face à la tueuse brillaient d'une lueur bleutée captivante. Tapant sur le clavier central, le lotus s'efforçait de comprendre les textes qui se trouvaient devant elle, certains étant en hongrois. Finalement, elle trouvait les différents liens d'entrée des caméras, et pouvait balayer le bâtiment afin de trouver leur cible, ce qui ne fut pas très compliqué. Cette dernière se trouvait au septième, derrière une "chambre forte", située elle même derrière un faux mur d'un appartement miteux. Fatale avait raison, ce dernier était un vrai parano. Et pour le coup, il n'avait pas eu tord. Cependant, Talia ne pouvait s'empêcher de trouver stupide le fait d'avoir couplé sa paranoïa avec des attaques contre le Talon. Enfin.. Scrutant les autres écrans, la tueuse observa la cafétéria et y vit sa supérieur en mauvaise posture. Puis se détourna de ce dernier. Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas l'aider, mais elle avait une mission, et si un élément venait à la ralentir dans cette dernière, alors elle devait l'ignorer et continuer. Et puis... Alasker n'était pas loin de ce qu'elle observait, alors il interviendrait surement. Il était beaucoup plus héroïque qu'elle à ce niveau là. Enfin. Aussi "héroïque" que le géant pouvait l'être ceci dit. Lançant l'enregistrement de la cafétéria, Talia laissa les images tourner, au cas où.
Tapotant par la suite de nouveau sur le clavier, elle lançait depuis le centre de sécurité de l'immeuble un "back-up" de l'électricité centrale. Cela n'affecterait pas ce qui était alimenté par les générateurs classiques, comme l'éclairage et les ascenseurs, mais ça lui permettrait ainsi de contrôler les portes de sécurité, ainsi que les transmissions vidéos. De ce fait, elle en lança une vers tous les moniteurs du bâtiment, ainsi que le réseau intranet de la mafia ciblée. Cette vidéo, c'était la raison pour laquelle elle avait mis un peu de temps à nettoyer le vingtième étage. Plusieurs capteurs s'allumèrent en vert, alors que les moniteurs s'allumaient de nouveau et que les hauts-parleurs grésillaient. Habituellement, ces derniers devaient surement servir à faire de la propagande pour la mafia et les familles résidant dans le bâtiment, ou juste pour la pub et les informations.

L'image était tout d'abord floue, alors que la mise au point se faisait lentement. On distingua tout d'abord une forme, pendue à différentes cordes. Puis, on remarquait l'espace se trouvant entre le corps de la forme et sa tête, et ce qui coulait entre ces deux parties. Lorsque l'image devint enfin net, quelques secondes passèrent face au corps de jeune femme suspendu ainsi au dessus d'une sorte de terrasse. Puis, dans un léger souffle, un petit "boom" se fit entendre, alors qu'une giclée de sang jaillissait du dos de la femme pendue, formant comme un semblant d'ailes au corps meurtri. L'image se figea ainsi, bouclant éternellement sur l'explosion et la formation des ailes. Cette femme suspendue, c'était la fille unique du chef de la mafia. Le hasard avait bien fait les choses pour la tueuse, qui tomba dessus à son entrée dans le bâtiment, les mafieux ayant à ce moment chercher à extraire la demoiselle par les toits. Malheureusement pour eux, cela n'avait pas abouti. Une musique classique fut alors crachée par les hauts parleurs de l'immeuble, plongeant ce dernier dans une parodie de pièce macabre, s'accompagnant de cette vidéo tournant en boucle sur les écrans. Quelques instants plus tard, la voix cristalline de la tueuse passa par dessus cette douce balade.

- Jó estét, mes chers amis mafieux, et leur famille adorée. Vous vous demandez sûrement pourquoi cette image hante les écrans de cet immeuble? Pourquoi la lumière s'éteint en même temps que la vie de vos camarades? Tout cela ne vient que d'un seul et unique léger soucis. Votre chef. György Kovacs. Ce dernier, voyez-vous, a eu le malheur de s'attaquer à plus gros que ce que votre organisation pouvait gérer. Et ce soir, vous en payez tous les frais. Cependant, j'ai le cœur sur la main. Enfin. Le cœur de sa fille, pour être exacte. Aussi, je vous propose, à tous, un petit jeu. Plusieurs enfants, retrouvés dans leurs chambres alors que leurs parents avaient été mutilés, sont "prisonniers" du croque-mitaine, et ce dernier a faim. Aussi, je peux vous lister leurs noms. Nathaniel, Igor, Lucy, Sacha, Hélène, Sophia, Léopole...

A chaque nom cité, les images basculaient sur les optiques qu'avaient installé Talia et qui transmettaient maintenant leurs images aux écrans. Les scènes diffusées étaient toutes affreuses, les enfants étaient pendus par les pieds, plusieurs longues entailles parcourant leur taille et les vidant de leur sang alors qu'il se débattaient, tentant de se libérer tout en gémissant et pleurant. Autour d'eux, se trouvaient généralement les corps déchiquetés de leurs mères, frères, sœurs, grands parents. Une fois sa liste achevée, Talia repassa sur la vidéo du "papillon sanglant".

- Vous connaissez sans doute les numéros d'appartement concernant ces pauvres âmes. Je vous laisse donc deux options, qui sont assez simples. Restez à protéger votre chef, et vos enfants périront, se vidant de leur sang dans l'espoir fou que leur cher papa viendra les secourir. Vous maudissant sans doute dans leur dernier soupir. Ou alors... Laissez le nous. Partez sauver vos progénitures, et quittez les lieux pour aller les soigner. Le choix est votre. Quelle issue prendrez vous? La loyauté envers votre patron, qui se terre dans une pièce scellée plutôt que d'affronter l'ennemi qu'il a lui même provoqué? Ou bien la loyauté familial, et l'assurance de voir ceux que vous aimez survivre? Je vous laisse décider. N'oubliez pas cependant. Chaque seconde est une goutte de sang versé. Votre sang.

Elle coupa alors sa transmission vocale, ne laissant que la musique et les vidéos tournant en boucle. Cela n'avait pas pour but de provoquer simplement les mafieux, même si elle adorait ça. Non, le but, c'était le chaos. Sur plusieurs écrans, on pouvait voir les mafieux s'hurler dessus, tandis que certains commençaient à courir vers les escaliers. Certains se tirèrent même dessus pour s'empêcher de fuir. Au niveau de la cafétéria, Talia ne put rien voir, la caméra de cette dernière ayant éclaté juste à la fin de sa transmission. Le plus intéressant, outre les nombreux cris résonnant dans le bâtiment entre les mafieux, c'était la pièce de sa cible. Ce dernier hurlait sur ses sbires, leur intimant sans doute de ne pas céder au chantage du Lotus. Ses hurlements eurent un résultat visiblement... Mitigé. Il en abattit trois qui tentaient de partir, mais ne put empêcher deux autres garde de partir suite à cela. Il restait dix gardes avec lui. Mais depuis la caméra, on voyait clairement qu'ils voulaient partir. L'un d'eux semblait même pleurer. Pitoyable. La caméra se brouilla alors, le baron de la mafia ayant sans doute tiré sur la caméra dans un exces de rage. Cependant, cela importait peu. Talia avait maintenant sa position, et avait semé la zizanie au sein de l'organisation. Enfin, plus que ce qu'elle et ses collègues avaient déjà semé auparavant.

S'étirant longuement, la tueuse récupéra sur les corps des quelques gardes autour d'elle différents explosifs après avoir désactivé les systèmes de sécurité. C'était de petites grenades, mais elles auraient sans doute leur utilité. Activant sa COM, elle quitta la salle de sécurité, repassant par les conduits d'aération.


- Black Lotus à l'Araignée et au Nettoyeur. Je me dirige vers la position de notre proie. Dîtes moi si je dois d'abord vous rejoindre, je devrais être rapide. Sinon, on se retrouve à l'étage cible. Terminé.




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Alasker Crudelis
Le nettoyeur
Sam 7 Avr - 20:43

Le voile rouge recouvrait une fois de plus son esprit. L'empêchait de faire fonctionner ses yeux, de voir autre chose que des formes floues, indistinctes, s'éloignant puis s'approchant de lui pour exploser en milliers de particules liquides ou gélatineuses venant s'unir au voile. Il n'était plus vraiment un être doté de pensée propre. Son corps ne lui appartenait plus. Ses songes n'existaient plus. Il n'était pas il. Il était CA. Une chose, aussi incompréhensible que ce qui se passait du coté de la réalité. CA n'avait pas de nom. Pas de corps. Pas d'esprit. CA n'était qu'une conscience sans conscience, perdue au milieu d'un millier de nuances de rouges, oubliant peu à peu qu'elle oubliait tout. Oubliant peu à peu ce que signifiait tout. CA était l'inconsistance personnifiée. Une sorte de nuage flottant d'irréalité délirante planant au-dessus de...Quelque chose. Quoi donc? Cette chose avait un nom. Tout comme CA avait eu un nom, en d'autres temps. Le temps. Qu'est-ce qu'était le temps? Peut-être était-ce le nom de CA? Le Temps? Oui. Peut-être.
CA -ou Le Temps?- s'accrochait aux formes floues, indistinctes, qui défilaient dans ce champ de vision couvert de rouge ne lui appartenant pas. CA s'accrochait parce que CA savait qu'à partir du moment où CA ne s'accrocherait plus, son inexistante existence cesserait d'exister.  CA s'accrochait parce que CA voulait vivre. Sans savoir ce que vivre signifiait. CA sentait qu'en dehors du rouge, le néant l'attendait, à l'affût, prêt à dévorer les composants de sa non-conscience.
"-...asker..."

Un son indistinct. Mais qu'était-ce donc qu'un son? L'étrangeté brisait le silence régnant dans le rouge. CA découvrit la peur en percevant les échos du bruit, tout autour de lui.
Lui?
"-...aignerais-t..."
Le nouveau bruit se perd dans un millier d'autre et Il (car Il sait désormais que "ça" est "Il" et donc "Lui") comprend que ce bruit est une voix. Le voile rouge se déchire un peu pour le laisser redécouvrir la vue. SA vue. Provenant de SES yeux. Il n'y a rien de beau à l'extérieur du voile, seulement d'autres nuances, plus sombres, de rouge, mais ce n'est pas le même rouge. Ce rouge-ci sent. Pue. Il pue la mort. La vie écarlate qui s'écoule à gros bouillon Lui donne faim. Et cette Bouche qui Lui appartient serre un peu plus les dents à la vue de ce torrent.
Sa victime pousse un ultime hurlement. Et celui-ci, à l'inverse des autres l'ayant précédé, Alasker l'entend.

Le doux chant de la douleur le ramena à la réalité.
Dire que ses pupilles se rétractèrent à l'entente de ce hurlement aurait été un mensonge, puisque ses pupilles ne fonctionnaient plus, depuis bien longtemps, de cette manière. Mais sa vision redevint nettement plus claire à cet instant, lorsque ses dents trop pointues finirent de transpercer le torse qu'il tenait dans sa gueule sous un fond de supplications sonores.
Alasker ouvrit la bouche, suffisamment pour que sa prise glisse lentement au-dehors pour s'écraser à ses pieds. Une partie resta coincé entre deux de ses canines, il la décrocha d'un coup de langue et l'avala sans prendre la peine de mâcher.
C'était tout ce qui restait du bras droit de sa proie. L'ancien mercenaire s'essuya les lèvres d'un revers de gantelet avant de se rendre compte que des morceaux de chairs ensanglantés couvraient lesdits gantelets jusqu'à son coude. Il haussa les épaules et balaya les environs du regard, sans prendre la peine de vérifier l'état de la chose mâchonnée à ses pieds. Un couloir. Dans un bâtiment. Mh.
Le géant ensanglanté s'approcha d'une des fenêtres face à lui pour jeter un œil au-dehors. Cette vérification sommaire le rassura. A l'extérieur se trouvait les ruines d'une fontaine, encerclée de flammes et de corps. Ce qui impliquait qu'il se tenait donc toujours dans le même bâtiment qu'avant sa petite perte de contrôle. Quoique quelques étages au-dessus. Vu la hauteur, Alasker estima être monté jusqu'au quatrième ou cinquième étage. Ce qui était, à vrai dire, un peu fâcheux.
Puisqu'il ne se souvenait même pas avoir vu le premier étage. Le voile l'avait prit pendant combien de temps cette fois? Une minute? Dix minutes? Une demi-heure? Une heure? Non. Pas aussi longtemps. En une heure, il serait mort, ou aurait rasé tout le bâtiment. Moins. Nettement moins.
"- Black Lotus à l'Araignée et au Nettoyeur. Je me dirige vers la position de notre proie. Dîtes moi si je dois d'abord vous rejoindre, je devrais être rapide. Sinon, on se retrouve à l'étage cible. Terminé."
L'ancien mercenaire fronça les sourcils en s'efforçant de prendre en compte tout les nouveaux paramètres. D'un clignement d'œil, il ordonna à son heaume de recouvrir son crâne pour s'aider de l'affichage tactique intégré.  Les données et images envoyées par le lotus s'affichèrent tout de suite. Il ricana en voyant les victimes juvéniles de sa collègue suspendues, attachées, retenues en otage de la plus cruelle des manières. Un traitement plutôt mérité, en réalité. Qui, par l'enfer, pouvait être assez stupide, par les temps qui courent, pour trainer du même coté de la planète que son fils, tout en travaillant pour une organisation mafieuse? Ce n'était pas ces images-ci qui le dérangeaient.
Plutôt celles de sa patronne du moment, entourée de types aux intentions...Oh ! Il n'y avait visiblement pas que les intentions ! Celui-ci venait d'essayer de l'embrasser dans le cou !
Un rictus de pure satisfaction s'afficha sur le visage ensanglanté du géant lorsque l'une des caméras piratées par Talia lui renvoya l'image de sa patronne éclatant la lèvre inférieure de son premier soupirant d'un coup de tête.
Bien, au moins, ils allaient avoir du mal à la rendre docile. Ca, combiné aux gosses en supplices gémissant et pleurant dans tous les hauts parleurs du bâtiment, ça devrait les retenir. Ou du moins les calmer. Un peu.
Il activa le micro de sa liaison COM :
"-Petite, c'est Al'. Je vais chercher la patronne. Continue de ton coté, on te rejoint après."
Ceci dit, l'ancien mercenaire coupa la communication, sans attendre la moindre confirmation, et commença à fouiller les morceaux de corps autour de lui pour retrouver l'Humaniste.

†††

Même de manière perverse, Abel n'arrivait pas à apprécier la situation actuelle. Ca le rendait fou de rage. Et de peur. La sueur coulait sur son crâne tondu. Dans ses yeux. C'en devenait un véritable torrent. Son visage luisant et balafré de vieux mercenaire ne cessait d'afficher l'expression piteuse d'un animal sauvage se sentant acculé. Il jeta un coup d'œil du coté des excités : Certains avaient commencés à dégainer divers objets coupants pour menacer leur prisonnière de façon plus intime tout en déchirant sa combinaison. Ceux qui avaient encore assez de jugeote pour pointers leurs flingues en direction de la dame en bleue portaient sur leurs sales gueules une excitation lâche et malsaine, identique à celle qu'Abel avait l'habitude d'afficher lorsqu'il était chargé de faire parler quelqu'un. Ceux qui, au début, avaient décidés de tenir leurs positions malgré l'arrivée de cette belle invitée, commençaient doucement mais sûrement à échanger des regards entendus, tout en reculant vers le reste de la troupe.
Le balafré ne souhaitait franchement pas être celui qu'on traiterait, plus tard, de rabat-joie. Mais...Si personne n'intervenait maintenant, "plus tard" allait se passer sans eux.
"-Tenez vos positions." Fit-il entre ses dents serrées.
Les plus obéissants ne se firent pas prier. D'autant que la dame venait de briser la mâchoire d'un deuxième prétendant malgré la menace du couteau de combat tremblant dans sa main droite...Mais d'autres se contentèrent de froncer les sourcils en continuant de s'approcher du troupeau affamé.
"-TENEZ vos positions." Gronda le balafré, sa main droite posée contre son holster de hanche.
"-Ca va, sans burnes. On a comprit que tout ça ne t'intéressais pas. T'es pas obligé de dégouter les autres !" Lui rétorqua Avery. Quelques-uns osèrent ricaner à l'entente du surnom. Abel dégaina son Revolver.
"-Tu ne veux pas que je fasse de toi un exemple Av'. Retourne à ton poste. Pointe ton flingue dans la même direction que Johnson au lieu de penser avec ta queue ou je te débarrasse de cette cervelle qui ne te sert manifestement pas."
Les ricanements se turent. Évidemment. Putain d'hyènes, cruelles et dangereuses, mais jamais courageuses. Personne n'osait jamais s'opposer à lui parce que tout le monde savait qu'il tuait mieux que n'importe-qui ici-bas dans ce domaine, ils le respectaient. Mais, quand quelqu'un l'appelait "sans burnes" c'était plus fort qu'eux, les ricanements fusaient. Et le simple fait d'être là pour les entendre le rendait fou de rage.
"Sans burnes". Un surnom dénué de toute inventivité, de toute poésie, basé sur un fait bien réel. A la fin de la guerre, un obus lui avait arraché tout ce qui se trouvait en dessous de son nombril. Tout. On avait remplacé ses jambes avec du métal. Refermé ses plaies. Recollé ses organes... Dix-huit heures sur le billard. Huit mois au lit. Et plus de service trois pièces. Plus de parties de jambes en l'air. Même plus d'envie pressante les matins ! Si on lui avait dit que le fait d'aller pisser dans le froid des toilettes de son appart' lui manquerait un jour...
Depuis, il était Abel le "sans burnes". Un homme sans en être vraiment un, tuant parce que c'était la seule chose qui lui procurait encore une certaine forme de plaisir. Il avait soixante quatre ans. De l'arthrite dans le peu d'articulations organiques qui lui restait. Son sourcil droit avait fondu en même temps qu'une bonne partie de son front. Et pourtant tout les hommes présents dans cette pièce, de jeunes hommes, forts, rapides, cruels...Tous, le craignaient lorsqu'il sortait son flingue ou l'une de ses lames.
Et c'était lui, qu'on appelait "sans burnes".
Les membres du groupe de Clem haussèrent les épaules lorsque les hommes d'Abel se désolidarisèrent d'eux pour reprendre leurs positions. Evidemment, les boulets de l'autre équipe ne voulaient pas lâcher aussi facilement une telle prise. C'était Clem et son second qui avait attrapé la femelle froide et bleue. Ses gars n'allaient pas se laisser commander par quelqu'un d'autre que leur chef. Et leur chef était trop occupé à relooker les seins de la dame pour leur ordonner quoique ce soit.
"-Clem, dis à tes gars de...
-T'as pas d'ordre à me donner mec." Grinça l'intéressé en fourrant son visage dans les cheveux de sa prise.
Abel leva les yeux au ciel lorsque la prisonnière fit l'erreur de se débattre une fois de trop au milieu de la bande d'affamés. Le deuxième coup de crosse qu'elle reçut au front l'expédia dans les vapes. Des rires gras raisonnèrent dans la salle. Avery s'éclaircit la gorge.
"-Patron."
Abel se tourna en direction de son sbire, qui braquait, comme on lui avait dit, sa mitraillette en direction de l'entrée de l'escalier de service. Il y avait une paire d'yeux terrifiés qui les fixait, de l'autre coté de la barricade improvisée.
Dix minutes plus tôt, lorsque...L'enfer, avait commencé à se déchainer. Le groupe de Clem, normalement posté trois étages au-dessus, avait rejoint le sien pour établir un semblant de plan. A ce moment déjà, les communications longues portées ne valaient plus rien. Certaines liaisons courtes ne crachaient que parasites et hurlements désespérés.  Le grand patron s'était réfugié dans son trou de souris et seuls ses meilleurs lieutenants avaient eu le droit de le suivre. Ceux qui avaient fuit les premiers combats parlaient d'une centaine de robots géants au rez-de-chaussée, d'apparitions fantomatiques dans les étages supérieurs et de nuages empoisonnés vivants...Abel avait survécu a assez de bataille pour reconnaître les signes d'une panique générale. Lui et Clem s'étaient efforcés de calmer leurs hommes en leur ordonnant de barricader les accès principaux avec tout ce qu'ils pourraient trouver. Pendant qu'ils empilaient chaises, tables, poubelles et tailles crayons devant l'accès à l'escalier, le discours de l'autre cinglée qui faisait exploser les gosses avait commencé à se faire entendre. Ils avaient tous vus ce qu'elle avait fait. Ca ne les avait pas spécialement affectés. Abel savait sélectionner ses gars. Pas de gosses. Pas de femmes. Pas d'attaches. Clem avait perdu une bonne partie de son équipe. Ceux qui étaient restés ne l'avaient fait que pour perdre plus tard leurs concentrations dans le décolleté de cette dame en bleue apparue comme par magie. Si Abel avait cédé à la parano, il aurait presque pu croire qu'elle n'avait été envoyée là que pour briser leur formation.
"-Laissez-moi entrer ! " Gueula la paire d'yeux de l'autre coté de la barricade.
Le balafré secoua la tête, un regard méprisant rivé dans les yeux du condamné.
"-Trouves-toi une autre planque, Stan. On essaie de faire notre boulot."
Ledit Stan jura quelque chose puis entreprit de retirer un des sièges en bois constituant la barricade. Avery et Johnson échangèrent quelques mots.  Abel se pinça l'arête du nez... Et pendant ce temps, les gars de Clem allongeaient la nana bleue tandis que les plus précipités s'escrimaient à retirer leurs ceintures.
"-Stan...Ne commence pas à...
-Va te faire foutre !"Gueula l'autre, de plus en plus paniqué, en s'aidant de la crosse de son fusil pour faire levier entre deux meubles encastrés l'un sur l'autre."Tu sais pas ce qui se passe en bas, laisse moi entr..."
Abel n'eût pas besoin de dire quoique ce soit. Avery et son collègue avaient déjà épaulés leurs flingues et tirés a travers la barricade. Stan n'eût même pas le temps de crier lorsque le torrent de balles vint le percuter. Il s'écroula sur le meuble qu'il tentait de soulever, ajoutant son poids aux autres obstacles posés là.
"-Abruti." Grinça le balafré entre ses dents serrés.
"-C'était affreusement cruel, Ab'. Même pour toi."
Les coups de feu avaient ramenés Clem sur terre, ainsi qu'une bonne partie des hommes restants de ce dernier. Ils s'étaient relevés et avaient abandonnés la dame derrière-eux.  Seul un excité irrécupérable au visage de grenouille continuait de la peloter en émettant des grognements à peine humains.
"-C'était nécessaire. Dis à ton gars d'arrêter de faire ces bruits et de se reprendre, bordel. C'est pitoyable."
Clem jeta un coup d'oeil du coté du gars en question et haussa les épaules.
"-Avec ce qu'il s'est mit dans les narines et les veines l'heure d'avant, j'suis pas sûr qu'il puisse encore m'ent..."
Il n'y eût aucun son, aucun grondement, rien, pour annoncer la suite. Et c'était ça, qui choqua le plus Abel.
Le sol sous la dame bleue s'ouvrit tout à coup. Un gantelet géant s'extirpa du carrelage, attrapa la grenouille humaine qui éructait en tripotant la dame bleue et l'emmena en-dessous. Le passage se révéla relativement douloureux pour celui qui avait été saisi, car il n'y avait qu'un trou d'une cinquantaine de centimètre par terre. Les os du pauvret craquèrent tous en même temps lorsqu'il passa à travers le sol, tracté par une force inhumaine.
Les 34 hommes restants dans la salle retinrent leurs souffles. Puis un torrent de tirs de gros calibres provenant d'en-dessous jaillit tout autour de la femme inconsciente. Comprenant les intentions des tireurs -quoiqu'ils puissent être- certains tentèrent de s'approcher pour s'emparer de l'otage, mais reculaient presqu'aussitôt en constatant que certaines balles ricochaient ou explosaient de temps à autres. Abel se contenta de se jeter derrière une table retournée et d'attendre la fin des rafales.
Qui vint plutôt que prévue.
Un court silence s'installa lorsque les balles cessèrent de fuser. Deux hommes s'approchèrent du corps bleu, toujours inconscient, à pas de loups, puis s'immobilisèrent lorsque l'un d'eux marcha sur un morceau de plafond pulvérisé qui crissa sur le sol.
"-Je recharge, là, en fait. Vous avez environ trois secondes pour aller chercher la dame." Cracha une voix beaucoup trop grave et inhumaine, manifestement retransmise par un quelconque appareil vocal.
Abel fronça les sourcils. Le duo de têtes brûlées se jeta sur elle.
Et mourut, transpercé par une demi-douzaine de tirs assez puissants pour stopper un blindé léger.
"-J'ai menti." Précisa la voix. Puis le tireur termina de scier le sol autour de la dame avec sa mitrailleuse.
Personne ne bougea lorsque le plancher finit par lâcher et chuter à l'étage d'en-dessous, suivit de près par celle qui roupillait dessus.
Clem jura. Abel siffla. Le lustre qui pendait au plafond s'écrasa par terre dans un grand fracas de verre brisé.
"-Nous venons de perdre l'initiative." Observa simplement Johnson.
Le balafré se redressa, son revolver dégainé.
"-Un volontaire pour se pencher au-dessus du trou?"
Nouveau silence. Bon. Cet angle d'attaque changeait tout. S'ils avaient assez de puissance de feu pour traverser un sol renforcé et carrelé, "tenir une position" n'allait définitivement pas être aisé. Alors autant passer à l'offensive, au final. Il avait besoin d'adrénaline et cette attente commençait à devenir insoutenable.
"-Avery, prends deux gars de confiance et viens avec moi. Sanders, tu prends le commandement du groupe en mon absence.
-Tu comptes descendre là-dedans ?" Demanda Clem, la voix légèrement tremblante.
"-Tu veux y aller à ma place?"
Pour seul réponse, le balafré obtint un ricanement nerveux.

†††

Alasker n'avait pas mit longtemps à tuer ses poursuivants. En réalité, ça avait presque été trop simple. Le géant devinait aisément pourquoi. La peur leur avait bouffé l'estomac. Ils avaient déjà décidés qu'ils mourraient ici avant même de descendre. Le stress causait parfois ce genre de désagrément aux soldats pris par surprise.
Ils étaient descendus en sautant de l'étage d'au-dessus. Ca l'avait impressionné. Mais rien de plus. Leurs tirs de petits calibres avaient cabossés quelques plaques de son armure. Il s'était présenté à eux épaule droite en avant, sa main gauche tenant fermement le corps inerte de sa patronne. La tempête de balle s'était écrasée contre lui sans toucher la dame. Puis s'était arrêtée, l'espace d'un instant. Délicatement, le géant avait posé Fatale pour tirer à son tour.
Ils étaient tous morts en une rafale, sauf un. Un genre de zébulon ne tenant jamais en place, tirant avec un revolver personnalisé. Vu le bruit que ça faisait et les doubles impacts que ça laissait, il était presque sûr d'avoir à faire a des canons jumelés. Sur une arme pareille, c'était original. Et le type aussi, d'ailleurs, était original. Sa façon de se déplacer le faisait passer entre les tirs d'Alasker sans jamais saigner. C'était assez perturbant.
Mais le géant ne s'en faisait pas vraiment. Lors de leur premier engagement, il portait sa patronne, au milieu d'un étroit bureau saccagé et écrasé par son propre plafond. Quand son gros tas de muscle modifié esquissait un mouvement, au moins une de ses épaulières se mettaient presqu'aussitôt à racler le plafond ou les murs, entravant ses mouvements et modifiant sa précision.
Maintenant, Alasker avait réussi à reculer jusqu'à un grand couloir presque pas détruit. Il avait posé la patronne au milieu d'un tas de cadavres écharpés puis s'était tranquillement assit quelques mètres plus loin, son fusil pointé vers l'entrée du bureau. Le zébulon n'en était toujours pas sorti. Ce qui pouvait impliquer deux choses : Soit il était remonté...Soit il attendait.
Le mercenaire retira son heaume pour engager de vive-voix une discussion avec son adversaire :
"-Me dis pas que je t'ai tué avec une de mes rafales de suppressions fiston ! "
Court silence. Alasker s'étira les jambes.
"-Non. J'ai même pas une égratignure !
-Ah, ça me rassure." Ricana le géant. "C'est tellement rare, les gens qui survivent au premier engagement, par ici."
Nouveau silence. La voix de l'autre reprit :
"-Où sont tes hommes?"
Alasker pouffa.
"-Mes quoi?
-Pute borgne, t'as fais ça tout seul ?!"
L'ancien mercenaire en déduisit que son vis-à-vis devait parler du sang dans le couloir et des cadavres dans les bureaux.
"-Ouai. Je boss rarement en équipe. C'est une question de style."
Il y eut comme un court instant d'hésitation. Et puis la voix du zébulon finit par lui répondre de la plus étrange des manières.
"-Al'?"
Le sourcil droit d'Alasker s'arqua tant et si bien que la petite écorchure juste au-dessus, qu'il avait écopée quelques minutes auparavant, se remit à saigner. Comment ça, "Al'"? L'ancien mercenaire fouilla dans ses souvenirs et commença à sourire en recollant difficilement les morceaux. Le souvenir d'un homme au visage figé dans une perpétuelle grimace lui revint. Ils étaient au milieu d'un désert, en train de discuter dans un trou d'obus. Une tempête de sable se levait, on leur tirait dessus mais le type se contentait de lui raconter le plus calmement du monde qu'il trouvait que la couleur rose faisait nettement moins efféminée que le jaune. Dans sa main droite, le type ne cessait de tourner et retourner un revolver. A double canon.
"-Abel?"
A l'autre bout du couloir, dans le bureau, une flopée de juron se fit entendre.
"-Le monde est petit pour les gens comme nous. C'est ce que disait ton patron.
-Trop petit mon vieux.  Qu'est-ce que tu fous chez ces losers?
-'faut bien se maintenir en forme.
-Payer les factures?
-Payer les factures."
Alasker se releva en prenant appui sur son genoux et attendit délibérément quelques instants avant de repointer son arme en direction du bureau.
"-Al." Reprit timidement son interlocuteur planqué.
Alasker rejoignit la silhouette avachie de sa patronne et vérifia rapidement ses signes vitaux.
"-Ouai?
-Tu comptes me tuer?
-Seulement si tu me tires encore dessus fiston. Sors de là."
Mais personne ne sortit du bureau.
"-J'ai ta parole que tu ne vas pas me descendre dès que je vais pointer mon nez au-dehors?"
Cette question lui fit froncer les sourcils. Il s'avança d'un pas en écrasant le crâne d'un type coupé en deux, à ses pieds.
"-Pour qui tu me prends, j'ai encore un minimum d'honneur !
-Les gens changent..."
Il leva les yeux au ciel.
"-Rah mais quelle fiotte."
Le grand tueur raccrocha son arme dans son dos puis présenta ses mains libres devant lui.
"-C'est bon, je sors, pas la peine d'être vexant."
La forme du duelliste apparut aussitôt. Alasker le salua en écartant les bras. Il attendit quelques secondes le temps que l'autre fasse quelques pas dans le couloir, avant de se crisper et de porter la main à sa hanche droite.
L'autre effectua aussitôt une roulade avant de le mettre en joue et tomber nez à nez avec un très menaçant doigt pointé sur son front.
"-T'es vraiment qu'un sale con." Souffla le vétéran au super-soldat, qui éclata de rire avant de souffler sur son doigt pour faire mine de le ranger dans un holster invisible. "Sérieux, j'aurais pu te descendre."
Cette dernière affirmation, en particulier, alimenta l'hilarité du grand tueur.
"-Dans tes rêves fiston. T'as toujours ce vieux flingue alors?"
Le balafré haussa les épaules et pointa du menton le lance-grenade qui pendait au dos du géant.
"-Josh' fait de bonnes armes. Je vois pas pourquoi j'aurais changé."
Alasker hocha la tête puis l'attrapa par les épaules pour le pousser en direction des ascenseurs.
"-C'est bien vrai. Dis, 'faut vraiment que tu bouges là. Quand la patronne va se réveiller elle va vouloir se venger. On discutera un de ses jours. T'as toujours les mêmes contacts?
-Je croise encore les chiens, ouai. T'as qu'à les appeler. Al, tu sais, ta patronne je l'ai pas touchée.
-Je sais. Problème technique. Pas sûr qu'elle apprécie quand même ta présence, mais c'est tes boss qu'on veut, donc si tu te barres y'a pas de soucis. Hop hop hop, dégage.
-J'te revaudrais ça.
-J'espère bien."
Il n'y eut pas d'accolade ni de poignée de main. Une fois arrivé au niveau des ascenseurs, Alasker fit simplement volte-face, sans même assister son ancien collègue -occupé à s'escrimer à ouvrir manuellement les doubles portes de l'élévateur- pour rejoindre Fatale.
Abel commença à descendre quelques minutes plus tard, l'air profondément satisfait d'avoir seulement perdu son boulot.

†††

Sanders était mort sans comprendre ce qui lui était arrivé. La grenade avait surgie du trou dans le sol, rebondie contre le plafond, puis s'était écrasée à ses pieds. L'explosion lui avait décroché la tête des épaules et les épaules du torse. Clem n'avait pas vu Johnson mourir. Mais il l'avait entendu. Tout le monde l'avait entendu. Mais personne n'avait pu faire quoique ce soit. Parce que l'enfer se déchainait sur eux.
Maintenant, face contre terre, au milieu des morceaux de cadavres et des blessés agonisants, Clem n'osait tout simplement plus esquisser le moindre mouvement. Principalement car chaque mouvements libérait en lui un flot de douleur absolument insupportable. Le chef de groupe savait que sa main droite n'existait plus, elle avait été dévorée par le feu de la deuxième explosion. Ce qui l'inquiétait le plus, c'était ses jambes. Il ne les sentait plus. Et l'idée de finir comme le vieux Abel le terrifiait plus que la mort.
Le chef de groupe ouvrit des yeux qu'il ne se souvenait pas avoir fermé. Prudemment, son esprit martyrisé par la douleur tenta de situer son corps. Sans succès. Tout n'était que cendre et flammes autour de lui. Une forme floue se dressa au-dessus de lui. Un visage hurlant et sanglant. Celui d'un de ses hommes. Ses lèvres bougeaient brutalement, mais aucun son n'en sortait...A moins que...Oh. Non.
Des larmes coulèrent des yeux de la ruine organique qu'était devenu Clem. Sourd. Il était sourd. Oh merde.
Le visage de l'homme au-dessus de lui disparut en un flot rouge vif. Puis quelque chose de bien plus terrifiant s'approcha à son tour.

"-Tu m'entends pas hein?" Ricana Alasker, son énorme pied droit posé contre le moignon de jambe du tireur choqué. "C'est pas grave. J'imagine que ça a vraiment fait de gros boum dans tes pauvres petites oreilles."
Il se détourna du corps gémissant pour vérifier que les trois types écrasés contre le mur ne représentaient plus la moindre menace. Une vérification qui se révéla plutôt rapide, pour des raisons évidentes : Le premier était décapité. Le deuxième n'avait plus de torse. Et le troisième était calciné sur environ 90% du corps. Il agita sa main gauche devant lui, pour dissiper l'épais nuage de fumée rémanente autour de lui...Sans succès.
"-Saloperie de purée de pois." Grinça-t-il, grimaçant pour encaisser l'odeur de la fumée d'incendie mélangée au sang et à la chair calcinée. Les systèmes anti-incendie s'étaient déclenchés assez rapidement pour éviter que le bâtiment entier ne parte en fumée, comme il l'avait prévu...Mais ces petits pommeaux de douches anti-flammes vomissant de faibles gerbes d'eaux ne pouvaient rien faire contre l'odeur et la fumée. Au contraire. Sans ses sens améliorés, le géant aurait bien été incapable de se déplacer au milieu de ce nuage géant.
Le son désagréable et pitoyable d'un gémissement de douleur manifestement féminin attira son attention. Devinant son origine, il fit volte-face et rejoignit la silhouette avachie de sa patronne, posée au bord d'un grand trou dans la paroi extérieure du bâtiment, donnant sur une chute d'une dizaine de mètres. C'était l'endroit le plus sécurisé qu'il avait trouvé. Au moins ici l'air frais entrait sans problème. Et Alasker imaginait que la dame était assez maline pour éviter de trop bouger au réveil dans des conditions semblables. Il s'immobilisa à un mètre de la convalescente et attendit qu'elle ait l'air suffisamment alerte pour lui parler. Ca ne prit pas longtemps.
"-Je vous pensais plus solide."
Par respect, le tueur se garda de lui tendre la main pour l'aider à se relever et se contenta d'attendre, debout face à elle, de nouveaux ordres en vérifiant toutes les six secondes que personne ne bougeait, autour d'eux. Il avait réussi à la récupérer avant que trop de mal soit fait, mais, lorsque sa mitrailleuse avait eu fini de scier le sol autour d'elle, une balle ou un éclat avait ouvert son front bleuté assez profondément pour que le sang continue de couler plusieurs minutes après. C'était la seule blessure visible que la patronne avait reçu...Enfin ça et la demi-douzaine de suçons qu'elle avait dans le cou et sur les parties découvertes de sa poitrine, si on pouvait classer ça dans la catégorie des blessures.
La langue du géant passa entre ses lèvres pour s'étendre jusqu'à sa pommette droite et lécher le mélange de suie et de sang à-demi séché la recouvrant.
"-Vous en faites pas, j'ai même pas eu besoin de vous rhabiller. Ils n'ont pas eu le temps de...Trop en faire. Z'êtes d'attaques pour la suite?"




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Fatale
Un tir, un mort
Lun 23 Avr - 10:15


Du sang, des larmes et encore plus de sang
Tous se figèrent d’un seul coup, les conversations furent interrompues, les gestes furent arrêtés, sous l’effet d’une stupéfaction commune. Quelque chose clochait, les écrans de la cafétéria s’allumèrent, laissant apparaître une image floue. Fatale, les mafieux, tournèrent leurs regards vers les téléviseurs, mis à disposition probablement pour, en temps normal, divertir les occupants de ce bâtiment. Peu à peu, les traits deviennent plus nettes et c’est une image bien macabre qui fit son apparition. Une musique, une voix, un discour, qui ne manqua pas d’arracher un léger rictus à la Sniper qui reconnut la plume de sa collègue. Elle assistait avec intérêt à la vue funèbre qu’elle leur offrait et ne manqua pour rien au monde de voir les mines effarées de quelques mafieux qui l’entouraient. Elle ne pouvait s'empêcher d’éprouver une certaine fierté d’avoir un tel élément dans ses rangs… Il était évident que plus d’un avaient été refroidis par l'intervention de Talia. L’horreur qu’était son oeuvre avait réussi à toucher certains de ses ennemis, mais … pas tous. Si quelques-uns semblaient avoir perdu le goût pour les plaisirs de la chair, d'autres… n’étaient être animés que par cela. Ils ne furent en aucuns cas troublés par ce qu’ils voyaient, ils savaient ce qu'ils désiraient et voulaient le quérir à tout prix. Rien ni personne ne semblait pouvoir de les détourner de leur objectif, qui hantait leurs pensées obscènes tout en contrôlant  leur comportement. Des chiens affamés de sexe dont ils avaient été privé depuis bien trop longtemps, de la même manière qu’on privait des canidés de nourriture pour les rendre plus féroce... Cela eut le don d'au moins surprendre Fatale. Même lorsque les noms des enfants furent dévoilés, aucuns d’eux ne réagirent. Pourtant, le Lotus avait enfermés leurs progénitures, les avait menacé et au vu de l’oeuvre lugubre exposée quelques instants auparavant, il était certain qu’elle ne bluffait pas. Alors pourquoi …?  La raison était qu’ils n’avaient aucune attache. Pas de femmes, pas d’enfants et voilà bien longtemps qu’ils n’avaient pu profiter de la douceur d’une femelle, comme ils aimaient appeler le sexe opposé.


“Alasker, ne perds pas l’objectif de vue, je vous interdis tous les deux de …”

Le com’ du géant de fer fut coupé. La Française jura dans sa langue maternelle alors que les serpents se rapprochaient un peu plus d’elle. Non. Elle refusait que l’on use de son corps, que l’on en profite de la sorte. Elle préférait encore mourir qu’être à la merci de ces chiens. Du moins, hors de question pour elle de se laisser faire. Si elle devait y rester, elle emporterait avec elle le plus grand nombre d’ennemis possibles. Elle espérait simplement une chose : Que Talia et Alasker profiteraient que tous les regards soient braqués sur elle pour finir la mission et rentrer au QG avec la tête de Kovacs.

Lorsque les premières mains se posèrent sur elle, elle attira davantage l’homme à elle, feintant un désir qu’elle ne pouvait pourtant, plus éprouver. Les chaînes reliant les deux bracelets qui entravaient ses poignets, étaient dans le cou de son “amant”. La jeune femme plaquait son dos contre le mur le plus proche, le mafieux fut contraint de la suivre, et honnêtement, il ne se fit pas prier.  La Sniper s’approchait des lèvres de l’homme, captivant ainsi l’attention également des autres assaillants qui attendaient impatiemment leur tour, pour  recevoir quelques douceurs de la part de la prisonnière. Jouant sur une certaine frustration, elle ne laissait pas ses lèvres venir embrasser celle de son “partenaire”, au lieu de cela, elle lui ordonna d’un air autoritaire,  à l’oreille, de se retourner. Abruti par l’envie qu’il ne pouvait nier, il s’exécutait, impatient de voir ce que la Française allait lui prodiguer. Désormais dans son dos, Fatale vint placer la chaîne sur sa gorge, afin de détourner son attention de ce petit détail qui avait tout de même son importance pour la suite des événements, elle laissait ses mains lui caresser la joue, ses lèvres effleurant sa peau, jouant avec son souffle pourtant froid, comme arme redoutable pour le faire succomber un peu plus. Un sourire teinté d’une pointe de sadisme était ancré sur le visage de la jeune femme, qui vint mordiller le lobe de l’oreille, faisant mine de descendre dans son cou … Elle tira un peu plus sur ses menottes. Le souffle glacial de Fatale vint caresser sa peau, accentuant le désir qu’il éprouvait et que tout son corps exprimait sans aucune pudeur. Il n’était pas le seul à être la proie d’envies obscènes. Beaucoup des spectateurs avaient même jusqu’à oublier de garder la belle créature dans leur ligne de mire. Les armes baissées, ils ne voulaient qu’une chose, être à la place du chanceux qui recevaient ses attentions Ô combien plaisantes. C’était exactement ce que Fatale cherchait, les troubler. Ainsi, elle se priva pour se déhancher un peu plus à la vue de tous, laissant parler sa sensualité naturelle. Alors elle continuait, se plaquant un peu plus contre le mur, elle murmura des mots à l’oreille du jeune homme, dans un anglais parfait, qu’il semblait comprendre. Il en frissonnait. Il en voulait d’avantage. Il la voulait sienne. Alors il tentait de se retourner. Elle l’en empêchait, le gardant contre son corps, la chaîne vint se loger totalement contre sa gorge. Fatale tira. Elle tira encore de toutes ses forces. Les maillons se frayèrent un chemin dans la chair du mafieux. Un premier … plus un deuxième. Il hurlait. Du moins, il tentait. Puisque les liens sur sa gorge obstruait ses cordes vocales.  Il tentait de se débattre, mais la meurtrière était logée dans son dos de façon, à ce qu’il ne puisse l’atteindre. Le gabarit plutôt musclé de l’hongrois, était un désavantage certain contre la finesse de Fatale, qui en profitait allègrement de la situation.  Désormais, ce n’était que des gargouillis infâmes qui s’échappaient des lèvres de celui qui était devenue sa proie. La Veuve Noire usait de toutes ses forces pour laisser l’objet en fer entrer dans l’épiderme de sa victime. Du sang s’écoulait, à flux important. Sa jugulaire semblait avoir été touché. L’homme tentait de se libérer de la toile que l’araignée avait tissé contre sa gorge. En vain. Il se vidait peu à peu de son sang.
L’oxygène n’arrivait plus à ses poumons. La douleur était atroce.  Dans des bruits immondes, la vie le quittait petit à petit, sous le regard médusé de ses camarades, qui tentaient de comprendre la situation. Allait-il mourir étranglé, étouffé par le sang qui désormais lui montait en bouche ou tout simplement par manque de liquide vitale …? Fatale ne se posait même pas la question. Il devait mourir. De quelques façons que ce soit.

Les moins hébétés par le spectacle offert  par la prisonnière, reprirent leurs esprits. Ils comprirent que la prisonnière n’avait pas totalement capituler et qu’il fallait la neutraliser. Quelques tirs maladroits furent lancés et le cadavre de l’homme fut criblé de balles par ses propres alliés. Déjà une odeur répugnante émanait du cadavre encore chaud. Un mélange de fragrances de fer et de quelque chose de bien plus agressif, dont Fatale préférait ignorer la provenance, se proliférait dans l’air. Pourtant elle souriait, sur son visage couvert d’éclaboussures de sang, ce sourire ne l’avait pas quitté. Cependant, il y avait quelque chose de nouveau, que nul n’avait remarqué jusqu’alors. Son regard, d’une couleur ambrée, hypnotisant, était teintée d’une envie, presque malsaine, indéchiffrable,  l’envie de tuer… de meurtres. Comme si chaque nouveaux crimes éteignaient ses sentiments les plus purs, ceux qui avaient façonné Fatale, savait que désormais, elle n’était qu’une arme, sans émotions capable de l’affaiblir.
Le corps de sa première victime tombait au sol, alors que Fatale passait sa langue sur les menottes, toujours attaché à ses poignets, venant du bout de cette dernière, récolter quelques gouttes de sang. Elle se léchait les lèvres, encore teintées du liquide vermeille, et défiait du regard un second prétendant.

Fatale ne cherchait pas à les dissuader de s’approcher. Non. La Veuve Noire était de sortie et était occupée à tisser sa toile. Peu à peu, ils tombèrent dans son piège et elle comptait bien … les dévorer.  Des lames furent sorties, dans l’espoir de découper la combinaison de la
Sniper, qui pourtant mettait déjà bien ses atouts physiques en valeur. Pourtant, ces chiens en voulait plus, jamais rassasiés, jamais satisfaits, ils voulaient en voir plus. Alors, lorsque l’un d’entre eux tranchait le tissus qui recouvrait sa cuisse droite, elle n’eut aucune autre réaction que de donner un coup de genoux dans la mâchoire. Un petit “crac” se fit entendre et l’homme hurla en tenant de ses mains sa mâchoire brisée. Fatale lui lançait un regard hautain, et ses bottes viennent rencontrer sa poitrine pour l’éloigner d’elle.  Un autre s’étaient approché et avait eu la présence d’esprit d’immobiliser totalement les mains de la jeune femme, les plaquant au dessus de sa tête. Son dos percuta une nouvelle fois le mur, avec bien plus de violence. Son regard rencontra celui de la Veuve.  D’autres le rejoignirent. Le plus proche d’entre eux humait son odeur, laissant son nez affreux venir sentir ses cheveux. Fatale levait un regard vers lui et donnait un nouveau coup de genoux, venant briser les parties entre ses jambes. Il étouffa un râle de souffrance entre ses dents. Puis dans un grognement, il attrapait son flingue, se servant de la crosse de ce dernier pour assommer la belle.

***

Kovacs se levait précipitamment, bousculant au passage l’un de ses sbires, qui était censé être là pour le protéger. Les yeux exorbités par la peur, il regardait la funeste photo. Le corps de sa fille, mutilé, broyé. Exposé à la vue de tous. Il tremblait. De rage. De colère. De tristesse. Sa fille. Sa chère petite Tatiana… Son enfant, son propre sang.... La seule chose qui lui restait, depuis qu’il avait perdu Kamilia, sa femme … Dans un cri de rage, son poing rencontra le mur le plus proche.

“Je … vous avais dit de la protéger !!!”

Il empoignait le garde. Celui qui était censé être son second. Son bras droit. Son conseiller. Il le tenait par le col de sa veste militaire. Akos ne sourcilla pas. Il semblait habitué aux colères excessives de son patron. Il renvoyait à György, un regard dénué de toute émotion. Non pas qu’il n’était pas doué d’empathie. Lui-même avait été touché par la disparition de Tatiana … Mais… Quelqu’un ici devait garder la tête sur ses épaules.
Même si György, n’était pas au courant.  Akos s’était totalement épris pour la fille du parrain. Si bien que les deux jeunes gens avaient une relation secrète aux yeux de tous.


“C’est ce que nous avons fait.”  

“Non ! Ce n’est pas ce que tu as fais. Ce n'est pas ce qu’aucuns des incapables qui te servent d’hommes ont fait !!”  

György venait de perdre sa seule raison de vivre. Il venait de perdre son passé. Son présent. Et son avenir. Tatiana était destinée à prendre sa place à régner sur son empire. On venait de la lui prendre. On venait de lui prendre son empire… On venait de lui prendre sa vie. A quoi bon, vivre encore, maintenant qu’il avait tout perdu ?

Cette fois le poing de György frappait l’estomac d’Akos qui tombait à genoux. Ses mains tenaient son ventre alors qu’il manquait de rejeter le contenu de son dernier repas.  Un rire se fit entendre dans la pièce. Akos et ses collègues levèrent leur regard vers celui qui était à l’origine de cet esclaffement soudain. Hors ce rire n’avait rien d’ordinaire. On pouvait y déceler une certaine folie, toute la peine que l’homme ressentait et la douleur qui le faisait peu à peu sombrer dans un trouble mental incompréhensible.

“Tu … Es des leurs ! Avoue… Akos. C'est toi qui les a fait entrer ici ?!”  

Akos fronçait les sourcils alors qu’il se redressait. Il s’approchait de Gÿorgy, lui posant une main sur son épaule.

“Cela suffit l’ami. Il est temps pour toi de partir… Tes émotions ont été mis à rudes épreuves, si nous partons pas maintenant, nous ...”  

“ NE. ME. TOUCHE. PAS. Espèce de sale traître !!”  

Le parrain de la mafia dégageait violemment la main pourtant amical de son second. Il portait la main à son holster et en sortit un gun qu’il pointait sur Akos. Le sous-chef levait les mains et reculait de quelques mètres.

“Gÿorgy. Reprends toi, voyons. Tu sais bien que je n’y suis pour rien dans le décès de Tatiana ! J’étais avec toi !”  

“LA FERME !!! FERME TA PUTAIN DE GUEULE !!!”  

La situation devenait critique. Gÿorgy semblait avoir perdu la raison. Sa paranoïa, maladive le faisait confondre les alliés de ses ennemis.

“C’est toi qui l’a tuée ! Tu as tué ma fille ! Je vais te tuer… je vais te tuer !!!!”  

Et le coup de feu partit. Akos la reçue dans le torse, reculant de quelques mètres. Il eut le souffle coupé et eut du mal à reprendre un souffle décent. Il grondait envers son patron et remerciait le bon dieu de lui avoir donner l’idée de porter un gilet par balles. Mais jamais il n’aurait cru que cela le protégerait de son plus fidèle ami…

Akos se rapprochait de son boss, qui tira presque à l’aveuglette sans toucher personnes, sa vision troublée par des larmes. Le militaire désarmait Gÿorgy et jetait l’arme hors de sa portée.  Il pleurait, laissant peu à peu la folie prendre possession de son esprit. Le second avait beau gifler son supérieur pour lui remettre les idées en place. Rien y faire… Des paroles totalement insensées sortaient de la bouche du fou, qui finalement plaquait ses mains sur le corps de son ami. Comprenant ce qu'il faisait, Akos écarquillait les yeux. Trop tard… son énergie vitale le quittait. Gÿorgy se sentit rempli d’une énergie nouvelle qui se déversait dans chacun de ses membres… Le cadavre d’Akos tombait mollement au sol, le teint totalement livide. À une vitesse inhumaine, il se rapprochait des deux sbires, qui subirent le même sort. Leurs corps tombaient au sol…

Gÿorgy sortait de sa planque. Pour se diriger vers la cours, aussi détruite soit elle. Il pleuvait à torrent. Comme si le ciel lui même pleurait la mort de Tatiana. Exprimant la colère que Gÿorgÿ ressentait, le tonnerre grondait. Ses vêtements étaient trempés, l’eau passait à travers le tissu, venant refroidir sa peau. Il ne se cachait plus.  Il n’avait plus aucune raison de le faire après tout…


“Agents du Talon ! Cessez de vous cachez et osez venir m’affronter!!”  

***

Fatale se réveillait, lâchant un gémissement plaintif. Un mal de crâne horrible lui tambourinait la tête. Dans un réflexe totalement puéril, elle plaçait sa main sur son front, dans l’espoir d’atténuer la douleur. En vain. Elle fronçait les sourcils. Sa vue n’était pas encore parfaitement nette, mais elle pouvait distinguer les traits d’un homme situé à ses côtés. Pensant qu'il s’agissait encore l’un de ses assaillants, elle s'éloignait rapidement de la silhouette informe, afin de ne pas être à nouveau touchée de manière plus que déplacée. Lorsque la voix du géant de fer retentit, elle comprit qu'elle n’était pas en présence d’ennemis et fut intérieurement rassurée. Elle se redressait finalement, sans aucune aide, restant cependant à distance d’Alasker…

“Je vous pensais plus… obéissant” répondit-elle suite à sa remarque, qu’elle trouvait plus que déplacée.  

Les yeux eurent enfin la gentillesse de faire la mise au point. Permettant ainsi enfin à l'araignée de se repérer.  Ils étaient l'extérieur du bâtiment, au bord d’un … gouffre ? . Elle jurait intérieurement, avant de reporter son attention sur celui qui semblait avoir été son sauveur.

“Vous avez laissé Talia seule dans le bâtiment ?!”

Elle ne relevait cependant pas la remarque concernant ses vêtements. Peut-être n’avait-elle pas été déshabillée par ces … rats dégoûtants, mais sa combinaison présentait désormais, des ouvertures imprévus à plusieurs endroits sur son corps. Fatale ne semblait pas y faire attention. Assumant parfaitement sa silhouette, elle savait en tirer avantage dans les situations fâcheuse. Bien … qu’au vu des derniers événements, elle allait avoir beaucoup de mal à laisser quelqu’un s'approcher d’elle de la sorte. Elle avait été faible. Vulnérable. Et elle ne supportait pas cette idée.

“Nous allons rejoindre Black Lotus immédiatement et je …”  

Fatale fut interrompue par un échos assez proche pour distinguer tous les mots prononcés. L'araignée levait un sourcil. Surprise.

“Agents du Talon ! Cessez de vous cachez et osez venir m’affronter!!”  

Elle regardait le géant de fer, avant de passer devant lui. Ses yeux ambrés croisaient ceux de son allié un court instant.  

“Nous répondrons aimablement à son invitation.”   Elle était dos à son sauveur alors qu’elle remettait en place ses longs cheveux, désormais détachés, lui tombant sur son visage aux traits parfaits.

“Oh … Alasker. Au vu des … récents événements. Vous avez pour ordre de tuer tout ceux qui se mettront sur notre passage. Civils, mafieux. Femmes. Enfants. Ne faites aucune exception. Je veux qu’ils payent. Tous.”  

Elle reprit sa route, dans un déhanché naturellement sensuel, tandis qu’elle regardait le cinquième étage. Un frisson parcourait son dos en voyant de la fumée s'échapper de la où elle était encore quelques instants auparavant.  Fatale n’avait plus d’arme, étant donné qu’Alasker n’avait pas cru bon de prendre son Sniper.  Son grappin avait été endommagé.  Ainsi, elle regardait un tas de cadavres non loin et s’en approchait. Elle se penchait avec grâce, pour ramasser un fusil d’assaut appartenant à l’un des défunts.
Fatale activait son com’ tentant d'entrer en contact avec Black Lotus.

“Black Lotus …? Ici Widow. Où se trouve notre cible ? Est-ce bien lui qui hurle en nous provoquant vulgairement …?”  







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 ►Véritable nom :
Talia Fictilem


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 ►Affiliation :
Talon


 ►Equipement :
Tenue de combat d'infiltration, grappin, pistolet Vulture et lame énergétique.

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Talia Fictilem
Te faire du mal, me fait du bien.
Lun 23 Avr - 23:17

Il y avait quelques détails, que Talia détestait généralement en mission. Parmi ses détails, se trouvaient les changements de plan. En quelques minutes, on était passé de "se rejoindre à l'étage cible", à une succession d’événements qui faisaient qu'elle devait attendre qu'Alasker ait fini de porter secours à leur supérieur. la tueuse ne jetait pas particulièrement la pierre à sa cheffe, non, les soucis ça arrivaient sans qu'on les invite. Alors il était inutile de lui en vouloir. C'était juste frustrant pour elle, qui avait préparé son "spectacle" en amont, et qui devait annuler le grand final à son public.

Camouflée dans les ombres, le lotus avait observé leur cible sombrer dans la folie. Sa paranoïa, couplée à la douleur d'avoir perdu sa fille, l'avait complètement fait craquer. Même Talia avait été surprise en le voyant massacrer ses propres sbires. Lorsqu'il était sorti, elle l'avait suivit, gardant cependant toujours une distance raisonnable. Même si son camouflage la rendait invisible, elle préférait éviter de le croiser en milieu clos. Vu comment l'autre avait été tué, elle ne souhaitait pas faire l’expérience d'un câlin forcé. Lorsqu'il était sorti dans la cours, et avait hurlé comme un ahuri, elle dut retenir un rictus. L'espace d'un instant, l'idée de venir l'égorger lui titilla l'esprit. Seul le souvenir de sa patronne leur ordonnant de n'intervenir que lorsqu'ils seraient ensemble l'empêcha d'agir. Alors elle était restée là, silencieuse dans la pénombre qu'offrait des ruines, à observer ce fou hurler un défi qui lui serait mortel. Sa COM grésilla alors, la sniper venant récolter quelques informations. Sur un ton particulièrement froid, la tueuse activa sa propre liaison.


- Dans la cours, tout en bas. Je suis actuellement en position et je vous attend. Et oui. C'est notre cible qui hurle à la mort. Faîtes vite. Sinon son cœur lâchera avant que nous ne tentions quoique ce soit.

Les gouttelettes qui tombaient offrait une mélodie satisfaisante, bien que coupée régulièrement par les cris de sa cible et les flammes dévorant le bâtiment. De temps à autres, des cris et pleurs s'élevaient de tout ce chaos, excitant un peu plus la tueuse qui ne pouvait s'empêcher de se nourrir de tout cela et de se mordre les lèvres.

*
*  *


- Chérie? Tu en redemandes encore?

Mathias fixait la belle qui venait de le chevaucher de nouveau, tout en lui souriant. Le destin avait été plutôt étrange pour le coup. Jamais il n'aurait crut pouvoir revoir Talia dans ces conditions. Il l'avait perdue de vue lorsqu'elle s'était engagée et qu'il avait continué ses études pour devenir trader. Et il l'avait croisée, au détour d'un meeting entre Glore LtD et Stars Institute, la société qu'il avait monté et qui cartonnait. Ils avaient pris un verre ensemble, discuté du bon vieux temps, de leurs années lycées où ils faisaient les caïds. Elle n'avait pas perdue son charme, au contraire, dans sa tenue de secrétaire, elle était radieuse. Et leur désir commun avait fait le reste. Un hôtel. Un peu d'alcool. Et ils s'étaient unis. Et maintenant, au petit matin, elle semblait de nouveau dans une optique charnelle avec lui.

- [color:ad3d=darkslategrey0]Tu sais, je suis toujours la même. Vorace.

Elle vint lui mordre le cou avec passion, lui provoquant un frémissement sur tout le corps, tandis qu'il se sentait de nouveau partir. Elle prit ses mains et les joignit aux siennes pendant quelques secondes avant de les plaquer contre le sommier du lit. Elle l'attacha tout en mordant sa lèvre, ce qui l'empêcha totalement de protester.

- Je vois ça. Je suis ton prisonnier à présent, que vas tu me faire, joli lotus?

Son tatouage lui allait si bien. Vraiment. Entre ses yeux, la douceur de son visage, sa peau lisse et tous ses autres atouts, le tatouage venait rajouter un cocktail "rebelle" à la belle, et il adorait ça. Elle se leva, le laissant nu sur le lit. Il grogna en protestation tandis qu'elle s'étirait devant lui d'une manière érotique, avant de laisser ses mains glisser sur son propre corps.

- Reste là, je vais chercher de quoi jouer... Vilain garnement...
- J'ai été très vilain après tout... Il faut me punir.

Il la suivit du regard lorsqu'elle entra dans la salle de bain, et soupira sous l'excitation qui parsemait son corps musclé. Lorsqu'elle revint finalement dans la pièce, il n'eut pas réellement le temps de comprendre, qu'elle était de nouveau sur lui. Seulement, son retour ne lui procura aucun plaisir, au contraire. Une vive douleur le parcourut à l'oreille droite, alors que cette dernière tombait sur le matelas, tranchée par un couteau denté. Par réflexe, il tenta de se défendre, de se secouer, mais les liens le retenaient, et bien trop pour qu'il puisse faire quoique ce soit.

- C'EST QUOI CETTE MERDE?

Le sourire de la douce, qu'il avait auparavant trouvé sexy, s'était mué en un présage sombre, une folie et un sadisme notoire qui l'effrayait au plus haut point. Elle le frappa à la tempe, brouillant sa vision quelques instants.


- Chhhh, ne fais pas trop de bruit, je ne veux pas que du monde arrive. Je ne veux être qu'avec toi.

Il peina à former quelques mots, alors qu'elle venait lécher son cou pour remonter vers sa plaie et lécher son sang. Dans un mouvement il tenta de la mordre, mais elle esquiva dans un rire sadique.


- Mais c'est qu'il mordrait, le petit toutou. Je suis désolée que ça soit toi Mathias mais...

Une vive douleur parcourut sa jambe, alors qu'elle laissait courir une fine lame contre cette dernière, ouvrant sa cuisse.

- Les ordres sont les ordres...

Il tenta d'hurler, en vain, un autre coup toucha sa tempe, et le fit presque retomber dans un sommeil forcé. Puis des draps déchirés s'engouffrèrent dans sa bouche, la bloquant et l'empêchant définitivement de crier. Elle l'avait bâillonné, et elle venait de finir d'attacher ses jambes. Mais le pire, c'est qu'il ne savait même pas comment tout cela avait pu arriver, et pourquoi elle agissait ainsi.

- Tu aurais tellement dut accepter la fusion... La Griffe aurait eu ce qu'elle voulait... Et on aurait juste pu terminer notre nuit tranquillement, dans la luxure. Mais non. Tu voulais garder ta liberté, ton entreprise.

Ses yeux s’écarquillèrent tandis qu'elle se penchait vers son visage, plaquant sa tête contre le lit tandis qu'une lame s'approchait de son oeil.

- Désolée de nouveau, mais les contrôles rétiniens... Il faut bien qu'on passe sur ton ordinateur... Pourquoi les hommes d'affaire font toujours ça? C'est bête!

La douleur qu'il ressentit ne pouvait être décrite. On lui arrachait l’œil alors qu'il était encore conscient. Il manqua d'ailleurs de ne plus l'être, mais elle lui injecta quelque chose, de violent, qui le déconnecta de cette possibilité. Il sentait le liquide poisseux couler sur son visage. Et la langue de la demoiselle récupérant le dit liquide pour l'avaler. Ce n'était pas Talia qui était revenue de la salle de bain. C'était un monstre. Non. C'était elle. Il avait juste été trop aveuglée par la nostalgie pour se rappeler de ce qu'elle avait fait à Loïc après avoir été punie pour lui avoir dégommé l'épaule. Elle avait toujours été ainsi... Il commença à gémir, sachant que sa vie s'achèverait là. Dans cette chambre d’hôtel. Elle termina de placer l'oeil dans un bocal contenant un liquide orangée, et le fixa en se replaçant sur lui.

- Oh oui... Gémis... Pleure si tu peux... Excite moi.

Elle passa alors sa lame au dessus de son aisselle, et l'enfonça dans un rire sadique, alors qu'il grognait sous la douleur. La lame glissa peu à peu, ouvrant ses tissus jusqu'à ce qu'elle n'atteigne le coude. Laissant la lame plantée à cet endroit. Elle plongea alors ses mains dans sa plaie, écartant la peau en commençant à le dépecer vivant. La douleur était si intense que le temps semblait se dilater autour de lui. Le sang avait maintenant humidifié le matelas, et chaque geste de la dame en envoyait une nouvelle flopée. Lorsqu'elle termina son oeuvre, l'os était visible. Elle fixa la scène quelques instants, visiblement satisfaite tandis qu'elle retirait sa lame.

- L'écoulement devrait t’ôter la vie dans... je dirais une heure. Moins si tu as de la chance. Mais je te rassure, ce n'est pas ce qui te tuera.

Comme pour ponctuer sa phrase, elle planta sa lame dans sa poitrine, mais ne la retira pas. Elle se déplaça légèrement, revenant à califourchon au niveau de son bassin, tandis que ses mains entourait son cou. Elle était là, nue contre lui, ses mains couvertes de sang qui apposaient une pression sur sa peau.

- Tu sais ce qui arrive aux hommes lorsqu'ils meurent étouffés Mathias?

Elle se mordit la lèvre, tandis qu'elle serrait un peu plus son cou. Il se tortilla de nouveau, l'oxygène venant à manquer assez rapidement. Elle se releva pour ensuite mieux se replacer sur lui. Se déhanchant tandis que ses mains terminaient peu à peu sa pitoyable existence d'homme d'affaires. En quelques minutes, il avait cessé de respirer. Retirant finalement sa lame, la tueuse soupira en quittant son corps avant de lécher la lame sensuellement. S'éloignant du lit pour placer son arme, et le bocal contenant l’œil de sa cible dans un sac de sport, elle alla se doucher sagement, nettoyant le sang qui parcourait son corps. Elle était encore sous l'adrénaline et le plaisir de ce qu'elle avait fait, mais elle devait rester professionnelle. C'était l'une de ses premières missions pour la Griffe après tout. Se rhabillant finalement, elle remit sa tenue de secrétaire modèle, et tira du sac de sport un petit objet circulaire qu'elle plaça sur le torse ouvert de sa cible, fixant une dernière fois le visage tuméfié de Mathias.

- Adieu.. Mouton.

Pressant le dessus de l'objet, un petit bip résonna quelques instants, avant de libérer un liquide qui imbiba rapidement le corps du pauvre, avant de le faire fondre à une vitesse folle. Atteignant finalement les draps, tandis qu'il ne restait que des muscles liquéfiés et des os, ces derniers prirent subitement feu au contact du liquide. Un large sourire parcourut le visage du Lotus, tandis qu'elle quittait la chambre en remettant ses lunettes de soleil, l'alarme à incendie se déclenchant finalement lorsqu'elle approchait des escaliers de secours.

*
* *


Un énième hurlement de leur cible tira Talia de ses pensées, tandis que son HUD indiquait l'arrivée presque immédiate de ses deux compères. Même si elle avait révassé, la tueuse n'avait pas quitter sa proie des yeux une seconde. Glissant dans l'obscurité, masquée par son camouflage, elle se faufila silencieusement jusqu'à ses collègues. Une ombre marchant parmi les ombres, et qui réapparut dans un murmure derrière le duo étrange qu'était Alasker et Fatale. Les vêtements de sa patronne tirèrent un léger sourire à la tueuse, tandis qu'elle ne se gênait pas pour observer les morceaux de sa silhouette qui avaient ainsi été dévoilés. Tendant Vulture et ses munitions à sa supérieure, l'assassin souffla entre deux murmures.


- Prenez cela. C'est toujours mieux que leur vieux fusils ridicules. Il n'a pas bougé depuis son hurlement. Il est resté là à nous attendre. Je vous laisse engager, maintenant que vous êtes là... Je rejoins les ombres et attaquerais à la moindre ouverture.

N'attendant pas de réponses, elle disparut de nouveau dans les ombres qu'offrait la nuit, son camouflage se réactivant en même temps. De toutes façons, si sa cheffe avait une autre stratégie, elle allait pouvoir lui communiquer par réseau COM....




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Du sang, des larmes et encore du sang [PV Talia et Alasker] [- 16 ans scènes violentes]

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Overwatch : The Recall-