FRANCE / Mieux vaut savoir théorique ou connaissance de terrain ? [feat Claire de Normandie]

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Sam 10 Mar - 0:45

Le pays de l’amour, le pays de la joie. Je m’y étais installé depuis quelques mois maintenant. La capitale française. Elle pullulait d’amoureux transi autant que de voleurs de bas étages. J’avais rapidement pris mes précautions. Après tout, me faire voler tout l’argent dont je disposais serait vraiment dramatique : je n’aurais plus rien pour me payer un toit, à manger… Je… je préférais ne pas y penser. Après tout, qu’avais-je à faire dehors ? J’attendais que le temps passe et rien d'autre en définitive. Je… J’avais de grandes choses à faire, mais j‘étais tétanisée. Alors je ne faisais rien, et je m’insultais chaque matin devant le miroir pour tant de lâcheté…
Mais pour l’heure, le soir pointait le bout de son nez. J’avais passé la journée sur des magasins people fournis par l’hôtel. Je… Je ne comprenais pas. De phrase en phrase, je nageait en plein brouillard. Le monde marchait sur la tête. Tout le monde n‘avait plus qu’un mot à la bouche -ou la plume dans ce cas là- New Overwatch. Ce n’était pas vraiment officiel, et personne ne pouvait confirmer que ce groupe s’était nommé ainsi de son propre chef. Mais l’émergence nouvelle de certains membres de l’ancienne organisation avait fait grand bruit… Pourquoi ? Pourquoi revenir ? L’histoire ne faisait que se répéter. Et moi j’allais de nouveau échouer en ce cas… J’étais dépitée… dégoûtée, défaitiste. Je n’en remarquait même pas que quelques larmes avaient perlées sur les pages. Et toute la journée, je me posais cette même question. Pourquoi ? Question condamnée à ne jamais trouver de réponse à mes yeux…
Seuls une image me les fit décoller du magasin. Reinhardt Wilhelm. Ah ! Je ne m’y attendais pas. J’avais juste été surprise, rien de plus… J’avais jeté le torchon à l’autre bout de la chambre d’un mouvement épidermique. Juste après, je portais mes mains sur mes yeux et je recroquevillais mes jambes sous mon cou. Je restais là quelques minutes, dans un silence brisés par mes sanglots seuls. Je respirais, je respirais profondément. Calme… Calme… ce n’était qu’une photo. Il avait été arrêté dans cette sombre affaire d’assassinat… Lui ? Intriguée, je tournai un léger regard vers le magasin. Un instant d’hésitation, et je finis par poser un petit pied nu au sol pour aller le chercher. Une profonde expiration plus tard, je finis par trouver le courage de reprendre la page. Un haut le cœur me reprit en voyant l’image. Mais calme, je me mis à lire. Il avait été relâché. A vrai dire je m’y attendait. L’erreur de ces gens là était plus pernicieuse et mauvaise qu’une « simple » affaire de meurtre. Il était le rhum là où les commanditaires étaient le choléra. Mais… on en meurt du rhum parfois… Vraiment…

La paix en ce monde était malade, et le remède -moi- n'agissait pas...

************************

J’en avais assez. La fenêtre non loin finit par attirer mon regard, et je remarquai enfin que j‘avais perdu ma journée. Soupirant, je finis par ranger ce foutu magasin pour me préparer à sortir. J’avais faim en fait… Vraiment faim ! Je devais aller chercher de quoi manger. Mais le service de l’hôtel était trop cher et puis… j’avais besoin de prendre l’air.
Je finis rapidement par fouler le goudron du pied, dans cette soirée fraîche et naissante. Le froid sur ma peau me stimula un peu, juste assez pour sortir de mon état semi végétatif caractéristique d’un long instant de lecture. Dans la rue, les gens commençaient à se faire rares. C’était autant agréable qu’inquiétant. D’une part, on évitait de se noyer dans la foule et de se faire piétiner. Mais d’une autre, on risquait plus de tomber sur de mauvaises personnes… Au cas où, j’avais pris une infime partie de mon argent, et j‘avais caché le reste dans différentes zones de ma chambre d’hôtel, puis je connaissais les bonnes rues. Mais sait-on jamais : j’étais méfiante. Avançant à petits pas, je croisais quelques familles parties au restaurant, quelques parents rentrés du travail tard, quelques jeunes sortis s’amuser. Enfin, la vie suivait son court.
Moi, j’appréciais voir un peu de vie prendre place. J’admirais, de loin, comment la guerre pouvait parfois épargner des gens. C’était rassurant. Peut être m’étais-je un peu trop extasiée peut être. En passant dans un coin résidentiel, mon regard s’était posé sur une petite fille qui écoutait l’histoire de sa mère avant de dormir. Son regard joyeux, pétillant, empli de bonheur en vrilla me cœur d’une joie semblable. Seulement, le père me vit en passant dans la chambre. Visiblement furieux, il claqua les volets et déboula dans la rue. Il la traversa pour venir me rejoindre sans même me laisser le temps de suivre mon chemin.

« Non mais vous avez pas honte ! Mâter une petite fille comme ça, en pleine nuit ! Et ça se plaint que les rues ne sont plus sûres mais faut pas s’étonner ! Espèce de dévergondée, salope et voyeuriste. Pédophile ! J’en ai pas finit avec vous espèce de moins que rien. Ma propre fille ! Comment vous osez ? ! Comment ! »

Je n’ai rien réussit à lui rétorquer. Je bredouillait tellement faiblement qu’il n’en cessa même pas son sermon, et moi je me décomposait. Que dire ? Pourquoi ? Mais… Il fallait que cela cesse. Pire, à cela vint s’ajouter un bruit de téléviseur venant d’un étage plus haut, dans l’immeuble qui surplombait ce coté de la rue. Un film. Un film de guerre… Je… je devais partir… Alors je trouvais quelques mots d'un français maladroit nappé d'un fort accent allemand pour tenter de me retirer.

« Ecoutez… monsieur, faites ce que vous voulez mais plus tard…
-Plus tard ? Plus tard ! Quedal : vous allez rester ici petite connasse ! Je vais appeler les flics moi et vous allez devoir assumer. Déviante ! On les envoi en asile les fous dans votre genre. »


Folie, Asile. Non. Non… Non ! Rien que ces mots me bloquèrent, et les coups de fusils enregistrés ne tardèrent pas à fuser. Pas ça… ça… Je n’entendais plus rien, absolument plus rien. Rien d’autre que les bruits en rafales d’armes qui venaient de plus haut. Pour moi, cela m’entourait. C’était partout. Je ne voyais plus que morts, désolation. Folie. Asile. La guerre se mêlait à l’enfermement et les médicaments. Je suffoquais, je pleurais à la fois. Je finis par m’écrouler au sol, à genoux, mains plaquées sur la bouche -ce qui n’aidait pas à respirer- et tête presque contre le sol tellement j'étais penchée.
Ratatatata, ratatatata. Rien que cela me perçait les tympans. Et trop de choses me perçait la tête. Trop d’un coup. Trop. Je lâchais… J’allais étouffer…




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Claire de Normandie
Recrue
Mer 14 Mar - 18:44

« Peut-être vous contenterez vous d'une militaire pour régler votre problème ? »

L'homme se retourna, l'air surpris d'être interrompu par une passante. La colère se lisait sur son visage, terrible, mais également le désir de protection pour sa fille. Le monde vivait une période dangereuse, Paris avait échappé au pire jusqu'ici, mais cela ne signifiait pas qu'il était menacé par d'autres dangers plus insidieux, comme les révolutionnaires anarchistes par exemple. Peut-être que cette République vivait ses dernières heures, Claire n'en savait rien, l'on avait souvent donner les institutions mourante pour les voir revenir en force, mais elle pensait qu'une autre République émergerait du chaos dans le pire des cas : l'idéal de la révolution était trop inscrit dans l'ADN du peuple Français pour qu'il puisse y renoncer. Sa colère et son inquiétude était donc compréhensible pour l'historienne, mais lorsque l'homme l'observa, son visage se décomposa soudain, partagé quelques instants entre la volonté de réprimander Madame de Normandie pour son intervention et l'interroger pour lui demander les raisons de sa présence. La jeune femme resta droite dans son uniforme de travail. Elle revenait du Ministère ou elle avait classer de nombreux documents, mais elle n'était pas ici par hasard pour autant. Sans le savoir, cet homme avait agressée la personne que la jeune femme recherchait après l'avoir manquée a la sortie de son hôtel.

La stratégie de Claire fut d'abord de se balader dans les rues de Paris avant de revenir vers l'hôtel : elle voulait se faire annoncer en bonne et due forme afin de ne pas paraître agressive, mais l'agitation avait naturellement attirée son attention. Bastide, d'origine Française, fut adoptée par une famille Allemande et avait disparu depuis de la circulation. Toutefois, des recherches récentes de l'administration avait trouver des irrégularités dans la procédure d'adoption et depuis, elle recherchait la jeune femme officiellement afin de pouvoir évaluer si ses erreurs avaient abouti a une injustice et réparer ses tords. Un juge d'instruction avait été saisi de l'enquête, mais Claire fut contactée par son autre hiérarchie, celle de Néo-Overwatch, pour lui demander de retrouver la jeune femme la première : visiblement, Bastide avait quelque chose d'intérêt stratégique et Winston devait craindre que ses connaissances tombent entre de mauvaises mains, sans réellement savoir de quoi il en retournait. Claire avait donc pris les choses en mains sans réellement savoir a quoi s'attendre. Elle avait fini par atterrir dans cette rue, sauvant celle qu'elle recherchait de quelques problèmes. Elle posa ses mains sur les hanches, attendant une réaction du père de famille qui fini par se faire entendre.


« Madame de Normandie, excuser moi, mais vous n'avez pas vraiment autorité dans ce genre d'affaire et... »
« A en juger par la position actuelle de cette jeune femme, nous avons sans doute affaire a un cas de Stress-Post Traumatique et non a une planification d'agression sexuelle. Rentrer chez vous et soyez sans crainte, je prend la suite. »
« Mais... »


Mais l'historienne ne lui accordait déjà plus aucune attention. D'un geste non pas brutal, mais ferme, elle le saisit par une épaule afin de le pousser a s'écarter de son chemin pour découvrir la jeune fille qu'elle recherchait prostrée sur le sol. Était-elle une enfant soldat prise dans l'enfer de la guerre précédente ? L'Allemagne avait subit de plein fouet l'assaut des Omniaques et cela restait une hypothèse possible en cet instant. Les sons du film de guerre parvinrent finalement aux oreilles de la normande qui compris alors parfaitement le problème : ce stimuli auditif venait sans doute de raviver des mauvais souvenirs, rouvrir de mauvaises blessures. Elle avait vu trop de vétéran s'écrouler en racontant leurs souvenirs, les larmes montant au visage en évoquant le sort de leurs proches, elle avait également connu l'adrénaline du combat, puis le sentiment étrange, entre fatigue et abattement, que l'on pouvait ressentir une fois la conviction que tout était terminée. Pour elle, l'important pour le moment était de tenter de faire cesser la crise. Par chance, elle portait un uniforme de travail et non un uniforme de parade lorsqu'elle s'agenouilla devant Bastide, posant ses mains sur ses épaules afin de lui offrir un contact rassurant. Elle avait reçu une formation pour gérer ce genre de situation, mais comme elle n'était pas en uniforme de parade, elle n'avait pas de gant et c'était mieux ainsi, le contact de la peau avait quelque chose de plus rassurant.

« Il n'y a rien a craindre, c'est fini, il n'y a pas de guerre ici, vous êtes en sécurité, je vous le promet. »

La voix était restée douce et posée. Claire de Normandie attendait simplement une réponse de la jeune femme et lui laissait le temps de retrouver contenance. Il était toujours difficile de vivre avec une crise de nerf liée a un stress-post-traumatique. Normalement, elle aurait dû appeler les pompiers afin qu'elle puisse être prise en charge par un personnel soignant compétent, mais elle avait des obligations qui la forçait a ne pas le faire. Son regard se voulait bienveillant et patient, elle voulait essayer de devenir une boussole pour une personne qui n'avait visiblement plus de repère. La guerre détruisait tout et pour les survivants, il fallait endurer le chemin de croix de la souffrance, des questions et du regard des vivants, parfois encore plus cruel que le souvenir des disparus. Mais sans savoir de quoi souffrait la jeune fille exactement, impossible pour l'historienne militaire d'établir des conclusions.




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Jeu 15 Mar - 19:29

Cette sensation de froid, elle en paralysait mes jambes. Cette sensation de poids, elle en paralysait mes épaules. J’étais seule, dans le froid, et le goudron sous mes genoux prenait une étrange texture de boue. Les lueurs aléatoires des lampadaires avaient une allure de ville en feu. Tout, tout ! Il y avait tout, et moi je n’avais même pas la force de fuir. Tout sauf la fuite. Le pire scénario. Je me voyais déjà mourir, moi qui était déjà morte tant de fois dans les boues des champs de batailles. Enfin moi… sur le coup c’était moi, et personne d’autre. Je… je sentais cette panique, cette douleur, ce désespoir et cette mort. C'était comme si je l'avais vécu. Tout.
Une main. Quoi ? Un léger frisson me traversa l’épaule jusqu’à l’échine dès lors qu’une main se posa dessus. C’était comme un… stimulus qui en réchauffa mes entrailles refroidies par la solitude. Il y avait… quelqu’un ? De l‘aide ? Pitié faites que cela soit ça…

« Il n'y a rien a craindre, c'est fini, il n'y a pas de guerre ici, vous êtes en sécurité, je vous le promet. »

Quelqu’un ! J’en pleurais toujours, mais de joie. Elle était comme une lueur dans une obscurité sans fin, comme une main tendue donc j’avais infiniment besoin. Sortant enfin de ma paralysie totale, je me jetais gauchement dans ses bras sans aucune retenue. Je pleurais sur son épaule, et serrais son buste de toute mes faibles forces, celles qui me restait. C’était comme si d’un coup je déversais sur cette femme touts mes nerfs et ma peur à la fois, pour m’en décharger. Mais j’en trouvais toujours plus en moi, sans fin ni début. Comme si une fois bloqué dans la spirale, on pense ne jamais en sortir, et on se demande même si un jour on y est même déjà rentré…
Elle était ce qu’il fallait pour me calmer, déstresser, me défouler et retomber en pression. Ultimement, n’importe quelle compagnie un temps soit peut non agressive pouvait faire cette office. Mais il fallait admettre, son comportement attentif et aidant ne faisait qu’arranger les choses. Je restais là quelques minutes, une ou quinze : je ne savais pas vraiment. Et finalement, un nouveau souvenir me perça la mémoire. Moi, pleurant, paniquant, et une femme me prenant dans les bras ? Cela y ressemblait y fallait avouer… Aussi redressais-je d’un coup la tête pour poser sur elle un regard aussi interrogateur qu’implorant.

« Dites, vous… Vous n’allez pas me faire interner quand même ? Je… s’il vous plaît j’ai pas envie de...d'y aller encore… »

J’étais là, en face d’elle, les mains encore sur ses cotes et encore bien proche d’une personne qui pourrait -peut être- me faire du mal. Mais après tout, comment essayer de me défendre ? Ma meilleure chance était encore qu’elle ne me veille aucun mal en fait. Je l’espérais, et j’avais bon espoir. Mais après tout, je ne comptais même plus le nombre de fois où j’avais été déçue… Alors je n’étais pas à l’abri d’une fois de plus.
Seulement l’espoir fait vivre, et puis, statistiquement, il ne pouvait m’arrive plus que du bon, non ? On se console comme on peut. Enfin, le regard que je posais sur elle était partagé entre méfiance et appel à l’aide. Mes mains, tout comme mes bras, étaient parcourus de tremblements intenses, comme secoué par l’hésitation. Tout mon corps la suppliait de me porter secours.

« Enfin, en tout cas, si on pouvait partir d’ici je dis pas non aussi… Je... peut importe où en fait mais... mais pas ici. »

Sur ses mots, mon regard s’était détourné, comme un peu bas, honteux peut être. Je tremblais toute entière comme une feuille. J’étais faible, affaiblie par la crise. J’étais nerveuse, comme secouée par une vieille parano ne venant même pas de ma vie, à moi. J’avais peur, tout le temps peur. S’en était épuisant.
Mon accent était toujours marqué, et mes propos lents : je cherchais mes mots. J’avais appris un peu le français étant plus jeune… Mais la langue reste difficile à maîtriser entièrement. Je… Je nageais dans un inconnu bien trop grand et ce depuis bien trop longtemps… Si à une enfant normale il lui fallait des repères,  pour moi ils devaient être aussi gros que des putains de cargos de marchandise… S’en était épuisant. Tout était plus compliqué. Mais aussi doté de tellement plus de potentiel. Rien n’était tout blanc, ou tout noir. Et moi j’étais là, hésitante et ne sachant que faire. Après tout, un robot, ça reste tellement binaire. Et un humain non. Et moi, j’étais quoi ? Les deux à la fois ? Impossible…




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Overwatch : The Recall-