Ghosts of the Past [PV Fatale]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 ►Véritable nom :
Fareeha Amari


 ►Localisation :
Gizeh, Egypte


 ►Affiliation :
Helix Security (ONU)


 ►Equipement :
Une armure Raptora Mark VI et un lance-roquettes


 ►Age :
25

the world can always use more heroes
avatar
Pharah
Isis, Guardian of Egypt
Dim 10 Déc - 21:31



Ghosts of the Past
Pharah   ▬   Fatale


Sale journée...oui c’était une sale journée. Je n’avais pas d’autres mots pour la qualifier tant je la détestais. A peine, l’aube s’était-elle levée que déjà, j’avais hâte que le crépuscule tombe sur la ville du Caire. Ce jour qui s’annonçait...cette date très précise m’était très pénible pour une seule et unique raison. Encore aujourd’hui, après presque une décennie, j’avais encore du mal à accepter ce motif. Mon esprit se refusait à l’assimiler...à le considérer comme n’étant que la stricte et pure vérité. Je ne pouvais pas l’admettre. C’était tout simplement au dessus de mes forces...ou du moins cela l’avait été. En dépit des efforts d’Angela pour m’aider à surmonter cette dure réalité, une part de moi-même espérait encore que ce que l’on m’avait annoncé ce jour là, il y a presque 10 ans, soit faux..soit une illusion montée de toutes pièces... Mais, hélas, cela n’était pas le cas...bien au contraire. Chaque heures, chaque jours, chaque mois, chaque années ne faisaient que prouver à quel point ce que Jack m’avait appris était arrivé...pour mon plus grand désespoir. Je ne pouvais rien faire pour changer cela... Peut-être que si j’avais été à ces ses côtés...Peut-être que si j’avais accepté de la voir...Elle serait toujours là... Elle serait encore en train de veiller sur moi comme une mère se devait de le faire envers sa seule et unique fille...

Hélas, rien ne pouvait altérer ce qui s’était passé ce fameux jour... Nul ne pouvait ramener Ana dans ce bas-monde... Pas même Angela... Quant-à Dieu, voilà bien longtemps que j’avais arrêté de croire à son existence... Ma mère était tombée au champ d’honneur au service d’Overwatch... Le simple fait d’évoquer cela, même par la pensée, me brisait le cœur et me poussait à me haïr à tel point que je ne pouvais m’empêcher de serrer le poing de colère alors que j’étais en train de conduire. Son décès me pesait sur la conscience. C’était indéniable. A vrai dire, je me reprochais toujours sa disparition. Jack, Ange, mon père... Tous avaient tenté de me faire entendre raison mais ils avaient échoué. Sa mort était en partie de ma faute. Mon comportement n’avait pas été irréprochable et l’avait au fond, sans doute, conduit à se mettre, une fois de plus, en danger pour moi.

En effet, à cette époque là, je désirais plus que tout rejoindre Overwatch. Or, aux yeux d’Ana, il en était absolument hors de question. Elle avait été jusqu’à m’affirmer qu’elle ferait tout ce qu’il y avait en son pouvoir pour m’empêcher de la rejoindre. Ce débat, qu’il nous arrivait de remettre souvent sur la table, fut la cause du froid qui s’était quelque peu installé entre nous. L’une ne pouvait pas être dans la même pièce que l’autre sans que l’on ne sente la température chuter. A vrai dire, je crois même que certains membres de l’organisation redoutaient la colère des Amari à cause notamment de nos disputes. Il était correct d’affirmer que tout ma mère, je savais me montrer particulièrement têtue. Nous étions fait du même bois. Le sang des Amari...son sang coulait dans mes veines et me poussait à lui tenir tête et à rejoindre Overwatch ce qu’elle ne pouvait se résoudre à accepter...

Aussi, je me doute qu’afin de pallier mon recrutement, celle que j’aimais plus que tout au monde, avait du enchainer les missions sur le terrain pour s’assurer que le monde soit plus sûre le jour où je parviendrais à la rejoindre. Elle s’était tuée à la tâche afin que jamais je n’ai à prendre véritablement les armes comme elle avait du le faire quelques années avant ma naissance. Elle désirait à tout prix m’éviter de me voir mourir au combat... et à la place c’était moi qui l’avait vu disparaitre du jour au lendemain. Si je n’avais pas moi même choisi la voie des armes, peut être qu’elle n’aurait pas cherché à continuer le combat comme elle l’avait fait au crépuscule de sa vie. Il était clair, cependant, à mes yeux que mes décisions avaient conduit notre relation dans une impasse et m’avaient, par extension, empêché de profiter véritablement de la présence d’Ana à mes cotés. Cela nous avait miné...toutes les deux...et pour cela je continuais de me haïr.

Certes, dans ma jeunesse, je n’avais pu, contrairement aux enfants de mon âge, réellement profiter de ma mère du fait qu’elle devait souvent se rendre sur le terrain. Néanmoins, quand elle revenait et qu’elle en avait terminé avec ses formalités, nous passions tout notre temps ensemble. Quand bien même son travail était périlleux et lui prenait énormément de temps, elle prenait soin de moi. Notre relation était fusionnelle à l’époque et j’en viens à la regretter aujourd’hui car ce sont mes choix et mes choix seulement ainsi que mon obstination qui ont mis à mal ce lien si privilégié que j’avais avec elle.

Soupirant, je me contentais de regarder d’un air morose le paysage qui défilait sous mes yeux alors que mon véhicule traversait les ruelles du Caire embrumées par la pluie qui ne cessait de battre contre mon pare-brise. A croire qu’à mon instar, le temps était particulièrement morose...comme si une entité avait compris qu’aujourd’hui l’heure n’était pas aux réjouissances...comme si l’Egypte tenait, elle aussi, à manifester son désarroi et sa tristesse. En un sens, l’on aurait presque cru que le pays était en deuil et tenait à rendre hommage à celle qui l’a représenté pendant plusieurs décennies...à celle qui l’avait défendu avec tant de véhémence alors qu’Overwatch n’avait même pas encore été créé. Ana Amari avait laissé un vide qu’il était bien impossible de remplir aujourd’hui. Personne, pas même moi, n’avait su prendre sa suite pour la simple et bonne raison qu’elle était irremplaçable.

Jetant un coup aux alentours, je trouvais mon chemin rapidement afin d’arriver au mémorial de guerre du Caire au sein duquel reposait les victimes des deux Guerres Mondiales mais aussi celles des victimes de la Guerre Omniaque ainsi que nos plus grands héros. Chaque année, à la même période, je prenais congé afin de me rendre ici en vu de pouvoir rendre hommage à ma mère même si je ne savais que trop bien que sa tombe était vide. Toutefois, en  dépit de cela, je tenais malgré tout à aller la voir et à payer pour faire en sorte que tout soit entretenu par respect envers sa mémoire. Je tenais à m’y rendre aussi car j’en avais cruellement besoin. Depuis la disparition d’Overwatch, les morts de Jack et Gabriel, l’évaporation de Mccree, je n’avais plus personne à qui me confier...à qui parler. A l’époque, Amélie aurait été là pour moi...mais, hélas ce n’était plus le cas. Elle s’était évanouie dans la nature bien avant le décès d’Ana et son absence me pesait également même si j’essayais de faire tout ce qu’il y avait en mon pouvoir pour la retrouver même si je ne savais pas trop par où commencer...ce qui me mettait les nerfs à vif et ne faisait que me rappeler ma propre incompétence...

La seule et unique personne, chère à mon cœur, à qui je pouvais espérer me confier n’était autre qu’Angela Ziegler. Cependant pour rien au monde, je ne tenais à lui dire ce que j’avais sur le cœur et ce pour une raison très simple. Elle avait vu suffisamment d’horreurs et continuait à en voir. Quand bien même Overwatch avait été dissoute, la guerre avait repris...du moins en Russie. Or tel que je connaissais Ange, je pariais qu’elle devait passer tout son temps libre à essayer de sauver les innocents. Je pouvais, par conséquent, lui épargner mes états d’âmes. Elle avait déjà fort à faire avec son propre travail sans que je vienne derrière lui démontrer à quel point mon esprit n’était qu’un champ de ruines. Je ne désirais pas qu’elle s’investisse, encore une fois, auprès de ma personne pour constater que derrière le soldat qui se bat pour que justice soit faite et pour remplir son devoir...que derrière mes blagues, il n’y avait rien si ce n’est les vestiges d’une fillette apeurée par la mort et abattue par les disparitions de ceux qu’elle considérait comme faisant partie de sa famille.

Secouant la tête afin de chasser cette pensée, je constatais que j’étais enfin arrivée à destination et prenais donc soin de garer mon véhicule non loin de l’entrée du cimetière. Alors que je coupais le contact, je ne pus m’empêcher de sortir une photo de la poche de mon smoking afin de la contempler. Sur cette image, l’on pouvait me voir moi à l’âge de 12 ans mais aussi tous les membres originels d’Overwatch à savoir Jack, Gabriel, Angela, Jesse, Willem, Liao, et Ana.  Instinctivement, je posais mon pouce sur le visage d’Ana afin de le caresser et sans que je ne m’en aperçoive une larme, solitaire, se mit à couler le long de mon visage. Même si j’étais un soldat et que j’étais indépendante, mon être tout entier demeurait raccroché à un passé qui n’existait plus. Bien qu’il fut nécessaire, pour ma guérison, que je m’en franchisasse, je ne pouvais m’y résoudre. Ces souvenirs, cette photographie me faisaient certes souffrir mais ils étaient ce que j’avais de plus précieux en ce bas-monde. Aussi, je ne pouvais pas....je ne voulais pas enterrer ce passé et me contrefichais que, durant mes rares moments de repos, celui-ci puisse me submerger. C’était sans doute contreproductif et il était clair qu’un jour ou l’autre mon âme ou le peu qu’il en restait finirait par ne plus pouvoir accepter cette réalité, mais je n’en avais cure.

Souriant tristement, je rangeais la photographie et sortais de ma voiture non sans prendre soin de prendre le bouquet de fleur que j’avais emmené avec moi ainsi qu’un pistolet que je rangeais dans un holster et ce en ouvrant mon manteau. Puis, comme si de rien n’était et sans prendre la peine de prendre un parapluie, je me dirigeais vers l’endroit où se situait la tombe d’Ana Amari non sans jeter un coup d’œil aux alentours. Alors que des stèles de soldats, d’officiers voire même de grands personnages historiques m’entouraient, je ne pus m’empêcher de repenser à un extrait du poème de Verlaine qui, au vu des circonstances me semblaient des plus adaptés. Aussi, alors que j’avançais telle une ombre parmi les tombes, je ne pus m’empêcher de réciter à voix basse :


« Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon cœur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
»

Ces quelques vers, je les devais à ma mère qui était une grande amatrice de poésie. Même si tout ce que j’avais fait dans ma vie avait été réalisé en vu de rejoindre Overwatch, j’avais su cultiver mon jardin et développer un attrait pour certaines autres disciplines et la poésie en faisait partie car elle avait ça de beau qu’elle me permettait parfois d’exprimer ce que je ressentais. Elle m’offrait la possibilité de mettre des mots sur mes émotions car j’en étais bien souvent incapable. Après tout, j’étais un soldat et un soldat se devait de savoir tuer son prochain et non de savoir exprimer ses états d’âmes. Pourtant, en dépit du métier que j’avais choisi, en dépit de celui de ma mère ou des membres d’Overwatch, nous demeurions des êtres humains avec toutes nos imperfections et nos désirs....quand bien même je tâchais de ne rien montrer à mes subalternes afin qu’ils ne doutassent jamais de moi. Après tout, j’étais leur figure de proue et ne pouvais donc me permettre de leur offrir le visage d’une personne accablée par son passé...

C’était pour cela, que chaque année, je prenais un peu de repos à cette date précise afin de pouvoir faire tomber le masque et me retrouver face à face avec moi-même mais aussi avec le fantôme de ma mère qui était, désormais, juste devant mes yeux. En effet, sans que je ne m’en aperçoive, mes pas m’avaient guidée jusqu’à sa stèle sur laquelle était inscrit son nom, son grade, ses dates de naissance et de décès et son matricule. Il n’y avait rien d’autres. Ni photos, ni citations, ni décorations...rien. Je n’avais fait qu’exécuté les dernières volontés de son testament, même si certaines d’entre elles me déplaisaient. J’avais essayé de me rattraper à la fin même si je ne savais que trop bien, au vu de mon comportement, que je ne cesserais jamais de culpabiliser à son sujet.

M’agenouillant, je déposais ma gerbe de fleur au sol et caressais du bout des doigts le nom inscrit sur la stèle. Alors que je faisais cela, ma mémoire en profita pour me jouer un tour et me retrouvais aussitôt, une nouvelle fois, le jour de son enterrement. Je voyais le cercueil d’Ana que l’on mettait en terre, je voyais mon père, qui en dépit de ce qu’il avait perdu, restait digne. Je notais également l’apparence des membres d’Overwatch qui tous étaient venus lui rendre hommage une dernière fois. Ils étaient tous ici pour dire adieu à leur mère spirituelle et pour également me soutenir du fait que j’étais au plus mal à ce moment là. Si Ange ne m’avait pas soutenu, je savais que je me serais effondrée au sol et que j’aurais versé toutes les larmes de mon corps afin d’épancher le chagrin que j’éprouvais et que je ressentais encore aujourd’hui.

A cet instant de ma vie, je n’avais eu qu’une seule envie : Fuir. Fuir loin du monde, loin de mon entourage, loin de l’existence elle même tant chaque objet, chaque minute ne faisaient que me rappeler cette réalité que je ne pouvais pas accepter et qui continuait, malgré tout, de me tourmenter aujourd’hui.  Pourtant, malgré cela, j’étais restée et étais restée digne afin de lui rendre honneur même si contrairement à Zurich, je n’avais pas pu prendre la parole... Il n’y en avait eu nul besoin tant le silence de la cérémonie avait été éloquent. Elle nous manquait déjà à tous et son absence nous pesait.

M’administrant une gifle mentale, je revenais au présent et me concentrais sur ce que j’avais sous les yeux. Sans que je ne m’en sois aperçue je m’étais agenouillée au sol et étais demeurée immobile pendant plusieurs minutes en faisant fi de la pluie diluvienne qui s’abattait et qui me permettait de masquer les larmes qu’aujourd’hui, je ne pouvais plus retenir. A ne pas en douter, je devais offrir un triste spectacle en étant  assise ici, en étant totalement abattue, sous une pluie battante qui me trempait jusqu’aux os, mais je n’en avais cure. Aujourd’hui, j’avais le droit de laisser tomber le masque. Aujourd’hui, il s’agissait de ma journée...et de celle d’Ana... de celle des « retrouvailles » entre une fille et sa mère disparue. C’est ainsi, d’une voix brisée, que je ne pus m’empêcher de dire :


« Je suis rentrée...maman... »







Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

 ►Localisation :
Derrière toi...


 ►Equipement :
Sniper, Casque de visée

the world can always use more heroes
avatar
Fatale
Un tir, un mort
Sam 16 Déc - 12:23


Ghosts of the past
Ses doigts, fins, délicats, aux ongles parfaitement limés frappaient à grande vitesse les touches d’un clavier tactile. Les informations défilaient devant son regard inerte, alors qu’aucune émotion ne traversait son visage, aux traits parfaitements dessinés. D’une main distraite, sans quitter son écran des yeux, elle attrapait un mug rempli d’une infusion à la menthe, encore fumante. Elle se plaçait dans le fond de son siège, dégustant sa boisson tranquillement, une jambe croisée sur l’autre.

La sonnerie de son portable perturba le calme qui s’était installé dans sa chambre. Elle attrapait l’appareil et fronçait les sourcils lorsqu’elle aperçut le nom de son meilleur informateur apparaître sur le petit écran. Rare étaient les fois où il la contactait inopinément de la sorte et généralement lorsqu’il le faisait, c’était pour lui fournir une information cruciale pour sa traque …


“-Fatale, j’écoute.”
“-J’ai quelque chose … d’intéressant pour vous.”
“-Vraiment ? Quoi donc ?”
“-Je sais de source sûre, qu’ Amari se trouve actuellement en Egypte, et qui va sur une certaine tombe, portant son nom, tous les ans, à la même date.”


Fatale plissait les yeux, les oreilles grandes ouvertes. Voilà bien longtemps qu’elle attendait une information telle que celle-ci. Un sourire, narquois teinté d’une pointe de sadisme et de satisfaction ornait son visage pourtant angélique.

“-Où ?”
“-Au mémorial, à la capitale. Et elle devrait s’y rendre dans … trois jours.”
“-Parfait, tu as fais du bon boulot, James.”
“-A votre service, Madame”

La communication fut coupée par Fatale, qui s’empressait d’envoyer un message écrit à son chef. Cependant, sans lui révéler trop d’information. Faucheur était obnubilé par son désir de vengeance et il était hors de question pour la Veuve Noire de laisser l’être de la mort finir le travail qu’elle avait commencé il y a de cela plusieurs années.  - Je pars en mission, je devrais être revenue d’ici la fin de la semaine. Lieu: Le Caire. Fatale, terminé.-

Il n’y avait pas de temps à perdre, la Sniper devait se préparer. Et arriver sur place avant le jour J. Fatale aurait du se douter que cette pimbêche d’Ana aurait un mémorial à son nom, mais de là, à aller le voir, chaque année le jour de sa mort, elle ne se doutait pas que l’ancienne chère amie de Morisson avait tant d’égocentrisme. Elle la répugnait…

Il ne fallut que quelques heures à l’agent du Talon, pour préparer son départ, sans même attendre l’autorisation de son supérieur. Elle ne lui laissait pas le choix, quitte à en subir les conséquences à son retour. Elle avait mobilisé un petit hélico, avec à son bord uniquement le pilote. Autant faire des retrouvailles en petite comité et que le moins de monde possible soit au courant de ses intentions.
Armée de son Sniper et de sa visière de reconnaissance, Fatale restait silencieuse, bras croisés, dans l’engin qui décollait quittant la terre ferme pour plusieurs heures. Une sensation nouvelle venait hanter l’esprit de la Veuve, elle avait hâte et était même impatiente. Une chasse de plusieurs années qui allait enfin prendre fin d’ici quelques heures…
Sur place, Fatale réserva une chambre d’hôtel, sous un faux nom évidemment. Ana connaissait bien la vraie identité de sa rivale et il était hors de question qu’on découvre sa venue d’une quelque manière que ce soit.

Un repérage des lieux avait été nécessaire. Elle était arrivée dans la soirée, et avait donc profiter de la nuit pour se rendre au cimetière.  Sa visière de reconnaissance sur le visage, elle arpentait les allées de pierres et de croix, à la recherche d’un nom en particulier. - Ana Amari-. Elle mit que quelques minutes à trouver la tombe convoitée. Une tombe qu’elle savait parfaitement vide. Cette ironie lui arrachait un sourire.  Le lieu de recueillement était triste. Aucune fleur… Seulement le nom de cette femme tant adorée par ses semblables qu’elle avait fini par abandonné, par lâcheté. Elle se demandait si elle allait avoir de la peine en constatant que désormais, plus personne ne pensait à la grande Ana Amari… Au fond d’elle, la Veuve l'espérait.

Le jour de la rencontre arrivait. La Veuve n’avait pas l’heure exact de la venue d’Ana. Ainsi, elle s’était positionnée dans un énorme arbre, dont les branches et les feuilles lui offrait un abris. La chaleur habituelle du Caire avait fait place à une pluie torrentielle. Comme si le ciel, lui-même pleurait ces retrouvailles. Adossée contre le tronc de l’arbre, une jambe repliée, l’autre allongée sur une solide branche, la Sniper attendait. Elle avait une vision sur la tombe d’Ana, mais cela ne lui offrait pas un champs de tir optimal. La pluie réduisait sa vision et elle allait devoir descendre de son perchoir afin de pouvoir mener à bien ses intentions.

Elle attendit de longues heures, sans pourtant perdre patience. Ce n’est que lorsqu’elle entendit le bruit du gravier mouillé, perturbé par des pas qu’elle ouvrit les yeux, quelqu’un arrivait. Une personne dont elle ne voyait que la silhouette dans sa visière, une silhouette orangée, teinté parfois de rouge. Une silhouette qu’elle connaissait que trop bien…

Elle n’agissait pas tout de suite. Elle ne pouvait entendre ce qu’Ana disait. Cependant dans ses mouvements, sa façon d'être, elle exprimait une énorme tristesse. Peut-etre même une détresse à laquelle, Fatale était totalement indifférente. Alors qu’Ana tombait à genoux, elle utilisait son grappin pour descendre de sa toile et se rapprocher.

Désormais elle n’était qu’à quelques mètres d’elle. Sa visière était relevé, alors que son œil focalisait la lunette de son arme braquée sur son ennemie. Elle était prête à tirer avant de voir le visage de sa cible. Un visage jeune, à la peau hâlé, marqué par un tatouage sur l’oeil, encadré par des cheveux de jais. Il ressemblait en tout point à celui d’Ana mais était bien plus jeune. Fatale écarquillait les yeux alors qu’elle relevait la tête pour regarder la jeune femme, qui était face à elle, à seulement quelques mètres. Pourquoi n’avait-elle pas pensé que cela pouvait arriver ? Elle était persuadée de rencontrer Ana … Qu’elle n’avait envisager aucune autre option. La surprise s’était emparée du visage de l'araignée qui manquait de peu de lâcher son arme. Un genou à terre, son regard ambré fixé sur la jeune femme, son corps ruisselant de pluie, elle prononça qu’un seul mot, incapable d’agir ou même de s’exprimer d’avantage. Un seul et unique mot qui allait révéler à sa cible qui elle était.

“Isis…”
Eques, Never-Utopia.







Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

 ►Véritable nom :
Fareeha Amari


 ►Localisation :
Gizeh, Egypte


 ►Affiliation :
Helix Security (ONU)


 ►Equipement :
Une armure Raptora Mark VI et un lance-roquettes


 ►Age :
25

the world can always use more heroes
avatar
Pharah
Isis, Guardian of Egypt
Ven 19 Jan - 21:25


   J’ai perdu ma force et ma vie,
   Et mes amis et ma gaîté ;
   J’ai perdu jusqu’à la fierté
   Qui faisait croire à mon génie.

   Quand j’ai connu la Vérité,
   J’ai cru que c’était une amie ;
   Quand je l’ai comprise et sentie,
   J’en étais déjà dégoûté.

   Et pourtant elle est éternelle,
   Et ceux qui se sont passés d’elle
   Ici-bas ont tout ignoré.

   Dieu parle, il faut qu’on lui réponde.
   Le seul bien qui me reste au monde
   Est d’avoir quelquefois pleuré.




Pendant ce qui me parut être une éternité, je restais agenouillée devant la stèle d’ Ana, les yeux perdus dans le vide. Nulles pensées, nulles personnes ne venaient troubler mon recueillement...et pourtant dieu sait que j’eusse apprécié qu’Ana décidât de réapparaitre en cet instant pour me dire que tout ceci, sa mort, sa tombe, la chute d’Overwatch n’était qu’un cauchemar... Hélas, même si c’était là ce que j’espérais, je ne savais que trop bien que je ne faisais que me leurrer. La réalité était toute autre et il me fallait l’accepter que je le voulusse ou non. Aussi, je laissais ma culpabilité ainsi que ma tristesse, que je portais chaque jour comme un fardeau, s’exprimer au travers de mes larmes qui ne cessaient de couler au point que je dusse sortir un mouchoir pour les essuyer tant elles troublaient ma vision. Un tel geste était cependant vain au vu de mon chagrin qui ne cessait d’aller croissant au fil des minutes.

En effet, plus je restais devant sa tombe, plus j’en venais à me remémorer des souvenirs nous concernant. J’en arrivais même jusqu’à me rappeler de certains détails la concernant ce qui ne faisait qu’accentuer ma propre peine... Le son de sa voix, la couleur de ses cheveux, son parfum....tout me revenait en mémoire et me faisait prendre conscience à quel point Ana me manquait...à quel point je regrettais la présence de ma mère à mes cotés. Sur le coup, je ne pus m’empêcher de soupirer et de pester contre ma propre bêtise qui m’avait, pour ainsi dire, condamner à ne plus jamais pouvoir côtoyer celle qui m’avait mise au monde...  Le passé, en dépit de toutes nos avancées technologiques, ne pouvait être modifié... Il me fallait avancer et ce quand bien même cela me semblait impossible. Il était impératif que j’aille de l’avant et que je tâche de faire en sorte que son nom...son sacrifice ne soit pas oublié.

En un sens, en tenant à tout prix à me protéger et en passant de vie à trépas, Ana avait accordé une valeur à mon existence...une valeur que j’ignorais comment dépenser. Néanmoins, au nom de tout ce qu’elle avait représenté à mes yeux, je ne pouvais guère me résoudre à ne rien faire de ma vie et à laisser ainsi son sacrifice être inutile. Je me devais de lui faire honneur et ce même si je savais très bien qu’elle ne serait sans doute guère d’accord avec les choix que j’avais fait jusqu’à aujourd’hui. Rejoindre l’armée, puis Hélix Security n’était clairement pas l’avenir qu’elle avait envisagé pour moi. Cependant, bien que je susse qu’elle n’approuverait jamais ma conduite, je désirais plus que tout au monde faire quelque chose d’utile... qui pouvait importer et qui me permettrait de vivre judicieusement cette vie qui m’avait été octroyée. Aussi, je voulais marcher sur les traces de ma mère et apporter mon aide à ceux qui en avaient le plus besoin...

Souriant tristement en regardant la tombe d’Ana, je ne pus m’empêcher de murmurer les paroles suivantes d’un air amusé :


« Je suppute que pour manifester ton désaccord, tu m’aurais administrée une gifle derrière la tête et que tu m’aurais affirmée qu’une mère, et seule une mère, savait ce qu’il y avait de bon pour ses enfants... A croire que jusqu’au bout, je continuerais de contrarier tes espérances...maman... Où que tu sois, j’espère néanmoins que tu reposes en paix aux côtés des membres de notre famille... »

Caressant une dernière fois du bout des doigts le nom de ma défunte mère, je restais agenouillée un certain temps, perdue dans mes pensées jusqu’à ce que j’entendis une voix, non loin de moi, semblable à un murmure...une voix qui ne prononça qu’un seul et unique mot que je ne connaissais que trop bien. Ce mot...ce son si particulier et à la fois si mélodieux me firent tressaillirent instantanément. Mon cœur manqua un battement en entendant ce surnom qu’une seule et unique personne avait utilisé en ce bas-monde jusqu’à sa disparition. Se pouvait-il que... ? Y’avait-il une chance que... ?

Je ne savais trop quoi penser de cette situation qui, à ne pas en douter, m’échappait totalement et que je n’aurais jamais cru possible. En cet instant, j’avais peur...peur de connaitre la vérité, peur de me retourner, peur de découvrir que ce n’était là qu’un effet de mon imagination, peur même d’imaginer qu’un fantôme appartenant à mon passé avait osé apparaitre dans ce cimetière. Aussi durant des secondes qui me parurent être des siècles, je restais sans bouger et fermais les yeux tout en espérant silencieusement que ces paroles n’étaient pas une illusion et qu’elles annonçaient clairement le retour d’une personne qui était chère à mon cœur et qui me manquait... J’en venais, même, à émettre, intérieurement, une requête au Tout-Puissant. Il fallait que ce soit elle... Il fallait qu’elle soit là ! Cela ne faisait que trop d’années qu’elle avait disparu et savoir que mon imagination pouvait, peut être, me leurrer était une idée tout à fait insupportable. Amélie devait être ici à mes côtés !

Aussi, prenant mon courage à deux mains, je me relevais doucement puis me retournais en direction de ce qui me semblait être l’origine des paroles que j’avais entendu avant d’écarquiller soudainement les yeux. Amélie Lacroix....ma meilleure amie...ma compagne de jeux...ma sœur de cœur en quelque sorte. Elle se tenait là...à quelque mètres devant moi...tout aussi immobile que je l’étais. Sans doute était-elle, tout comme à mon instar, beaucoup trop choquée pour faire quoique ce soit et pour émettre le moindre son. Durant un bref instant, je ne pus m’empêcher de penser que je devais rêver et qu’elle n’était, malheureusement, qu’une illusion...qu’un fantôme de passé venu me hanter une nouvelle fois. Néanmoins, une partie de mon être envisageait que tout ceci puisse être la réalité...


« Auriel... »

Je n’avais pu m’empêcher, instinctivement, de laisser échapper ce surnom...tant j’étais émue par sa présence. Que ce fut un rêve ou non, j’étais heureuse mais également triste de la voir. Voilà bien trop d’années, que je la cherchais. Aussi, j’étais prête à faire tout ce qui était en mon pouvoir pour que ce rêve dure le plus longtemps possible si jamais ça en était un... Si tel n’était pas le cas en revanche... il me faudrait rattraper le temps perdu même si j’ignorais comment après toutes ces années... Aussi durant un long moment, je restais debout à la regarder longuement comme si de rien n’était tant j’avais peur qu’elle ne disparaisse si je venais à faire le moindre mouvement. Pourtant, il fallait bien que je tentasse de la rejoindre....que j’essayasse de lui parler...de m’excuser de ne pas avoir été là pour elle alors qu’elle en avait cruellement besoin.

Il était impératif que l’une de nous deux fasse le premier pas auquel cas je ne savais que trop bien que ce moment que nous partagions en cet instant n’était que fugace et finirait tôt ou tard par disparaitre pour laisser place à une dure réalité.. Aussi prenant mon courage à deux mains, je tentais de me rapprocher d’elle le plus doucement possible afin de ne pas la brusquer mais aussi car la peur enserrait mes entrailles. Je redoutais qu’en allant trop vite, celle-ci ne me paralyse ou ne me fasse défaillir tant j’en attendais beaucoup de ce moment.

En revanche, en dépit de la pluie et de mes dernières larmes qui continuaient d’obscurcir ma vision, plus je me rapprochais de celle qui était autrefois mon amie plus je notais à quel point elle semblait différente de celle que j’avais connu. Elle avait changé, c’était indéniable mais restait à savoir à quel point. En premier lieu, je notais la présence d’un fusil ce qui ne manqua pas de me faire, brièvement froncer les sourcils. Pourquoi avait-elle une arme ? Elle qui n’avait été jusqu’à sa disparition qu’une avocate portait un fusil de précision que ma mère n’aurait eu aucun mal à utiliser. Elle, qui pourtant était si douce et si timide parfois, tenait entre ses mains un instrument de mort ce qui n’avait aucun sens sauf si bien évidemment elle tenait à se prémunir de toute forme de danger ce qui n’était sans doute pas très étonnant du fait qu’elle avait été enlevée par deux fois.

Cependant, pourquoi pointait-elle son arme dans ma direction ? Cela m’échappait totalement. Voulait-elle m’assassiner ? C’était peu probable, après tout je demeurais sa meilleure amie et n’avais jamais fait quoique ce soit qui put l’offenser du moins c’est ce que je croyais. Sans doute avait-elle voulu me protéger d’une quelconque agression en vérifiant les alentours... C’était la seule hypothèse valable. Après tout même si le Talon avait enlevé Amélie, cette organisation n’avait pas pu la changer au point qu’elle désira me tuer. C’était tout bonnement inenvisageable même si en tant que militaire je ne savais que trop bien qu’à force d’être torturée un être humain pouvait tout accepter si cela permettait à la douleur de s’arrêter ne serait-ce qu’un bref instant. Quand bien même cela était possible, il y avait peu de chances pour qu’Auriel accepta  de mettre un terme à ma vie...tout comme je savais que j’en serais incapable.

Aussi, alors que je mettais un pied devant l’autre, je tâchais d’ignorer ce fusil et me concentrais sur le visage d’Amélie, qui de toute évidence, ne savait toujours pas comment réagir. Alors que je l’observais je notais les différents changements corporels qui avaient été opérés sur elle et qui ne manquèrent pas de me briser le cœur. Qu’avait-elle donc pu bien subir aux mains de ces monstres pour finir ainsi ? Sa peau avait pris une teinte violacée qui était tout sauf naturelle...tout comme sa chevelure d’ailleurs... Quant-à ses yeux, ils étaient dorénavant teintés d’une couleur dorée qui était presque malsaine... Le pire n’était cependant pas la couleur mais l’absence d’émotion que l’on pouvait presque ressentir en se perdant dans son regard ce qui me fît frissonner et imaginer le pire sur ses conditions d’emprisonnement.  Instinctivement, je ne pus m’empêcher de serrer le poing et de me mordre la lèvre jusqu’au sang. Si jamais je venais à mettre la main sur ceux qui lui avaient fait subir ça...

Outre son changement vestimentaire, je notais également la présence d’un tatouage sur l’un de ses avant bras ce qui me fît hausser un sourcil du fait que je n’arrivais pas à comprendre le sens que pouvait lui accorder Amélie. Même si je parvenais à parler le français couramment, grâce à mon amie ici présente, je ne saisissais pas les raisons qui l’avaient poussé à inscrire le mot cauchemar sur son corps. C’était tout bonnement incompréhensible. Que cherchait-elle à dire avec ce mot ? Vu son équipement et son air de prédatrice prête à bondir sur sa proie, il était fort probable qu’elle tenait sans doute à affirmer qu’elle était un véritable cauchemar pour ses ennemis. Personnellement, j’y voyais également une autre explication, qui intérieurement me faisait bouillir de rage au point que j’aurais aimé avoir les responsables de son état devant moi pour pouvoir m’expliquer avec eux. Ce tatouage, que je trouvais assez peu gracieux tant j’avais le sentiment qu’il ne s’agissait que d’une cicatrice sur le corps magnifique de mon ainée, pouvait bien signifier qu’elle avait, durant toutes ses années, vécu un véritable cauchemar dont elle n’arrivait pas à voir la fin...même aujourd’hui.

Cette pensée me révoltait et me motivait à rendre justice à Amélie qui, à mes yeux, n’avaient décidemment pas mérité le sort qu’on lui avait réservé. Entre ses enlèvements et le meurtre de son mari, elle avait payé un lourd tribut qu’elle n’aurait jamais du avoir à régler. Il s’agissait clairement d’une injustice, qui je le craignais, finirait par la poursuivre jusqu’à la fin de sa vie même si j’espérais, bien naïvement, parvenir à l’aider à surmonter toutes ces épreuves et à la sauver d’elle-même..

Finalement, au bout de ce qui me sembla être des siècles, j’étais en face d’Amélie, qui depuis mon intervention n’avait guère cillée... comme si elle hésitait encore sur la marche à suivre ce qui m’inquiétait quelque peu. Qu’avait-elle subie pour devenir comme ça ? Elle qui jadis était si joyeuse et n’hésitais pas, un seul instant, à me titiller en faisant preuve de son affection à mon égard, restais de marbre...comme si son être tout entier était dépourvu de toutes formes de sentiments. J’en venais presque à me demander si la personne qui était sous mes yeux avait encore un semblant d’âme et s’il s’agissait encore de mon amie tant elle semblait avoir changé...

Aussi devant son absence de réaction, je m’agenouillais devant elle et croisais son regard un long moment avant de me décider à poser délicatement une main sur sa joue afin de la caresser mais aussi pour vérifier que cet être qui était là, sous mes yeux, n’était pas une illusion créée par mon subconscient. Ce geste, pourtant si anodin, me rassura lorsque je pus la toucher mais me fit également frissonner tant ce que je ressentais me déroutait. Sa peau était si....froide que l’on aurait pu croire, aisément, que son cœur avait cessé de battre et que d’un instant à l’autre, elle finirait par rejoindre l’au-delà...ce qui était inconcevable à mes yeux... A vrai dire, sa seule mort était à elle seule un scénario que je ne pouvais pas envisager... Toutefois son état, en plus de me choquer m’intriguer...raisonner pour laquelle je ne pus m’empêcher de l’interroger à ce sujet :


« Mon Dieu...Que t’ont-ils donc fait subir ma Auriel ? Que t’est-il arrivé ?»

Instinctivement, mue par mes émotions, je la prenais dans mes bras en dépit du fait qu’elle tenait encore une arme entre ses mains et qu’elle ne semblait pas toujours pas réagir à mes différentes sollicitations ce qui, je dois le reconnaitre, m’inquiétais quelque peu tant j’ignorais quoi faire pour briser cette gangue de glace dans laquelle mon amie semblait être prisonnière. Cette absence de réaction m’attristais en plus de faire enrager non pas parce qu’elle ne semblait pas se soucier de ma présence mais plus car son comportement était le témoin le plus éloquent des mauvais traitements qu’elle avait du recevoir au cours de ces dernières années. Or, même si j’étais prête à rester à ses cotés désormais, je savais pertinemment que c’était à cause de mon incompétence qu’elle avait du connaitre un véritable enfer.. Qui plus est, j’étais tout simplement impuissante pour remédier aux atrocités qui devait probablement la hanter. Il aurait très certainement fallu qu’Angela Ziegler soit là pour savoir quoi faire... Après tout, j’étais un soldat et non un médecin... mes mains étaient faites pour tuer et pour détruire non pas pour soigner et réparer ce qui était brisé...ce qui pour le coup m’ennuyait profondément tant je tenais à Amélie...tant je désirais qu’elle réagisse un tant soi peu...

Peut être fallait-il pour cela un stimuli... Je savais ou du moins Angela m’avait un jour appris que pour faire réagir certaines personnes il était nécessaire d’utiliser certains mots ou certains objets. Aussi dans le cas de Mccree fallait-il par exemple utiliser une bouteille de whisky pour obtenir une réaction... Etant donné que je la connaissais, je pouvais donc possiblement la faire réagir en utilisant ma voix ou en évoquant des souvenirs...de notre vie passé même s’il faudrait certainement bien plus que tout ceci pour la ramener à mes côtés...


« Je suis désolé Amélie....désolé de t’avoir abandonnée...désolé de ne pas t’avoir secouru...et désolé de ne pas avoir pu t’épargner l’enfer que tu as du vivre pendant ces dernières années... »

Je me sentais coupable tout comme je ressentais de la culpabilité pour le décès de ma mère. Aussi, je ne pus m’empêcher de laisser quelques larmes rouler le long de mes joues alors que je continuais d’enserrer dans mes bras celle qui, pour moi, fut une amie très précieuse. Aujourd’hui plus que jamais j’étais prête à lui venir en aide si elle le voulait tant j’étais soulagé de la revoir...même si c’était en cette triste journée... journée qui était loin d’être anodine et qui me poussait à m’interroger. Pourquoi Amélie avait-elle choisie de se montrer aujourd’hui et surtout ici, dans ce fameux cimetière que je ne visitais qu’une fois par an tant cela m’était pénible... Comment savait-elle que je venais ici chaque année ?

Il s’agissait à ne pas en douter d’une drôle de coïncidence même si je ne pouvais m’empêcher pour le coup de penser que pour une fois la chance me souriait. J’essayais donc de ne pas accorder d’importance à ce léger détail et me concentrais sur ce qui était réellement important à savoir Amélie. Le reste pouvait bien attendre ! La pluie avait beau me tremper jusqu’aux os, je n’en avais cure...tout ce qui m’intéressait se trouvait juste devant mes yeux et je comptais bien faire tout ce qui était en mon pouvoir pour la conserver à mes côtés. Il était hors de question que je laisse le destin me l’enlever une fois de plus. Cette fois-ci j’étais entrainée....j’étais prête....je pouvais la protéger contre ses ravisseurs et ce quand bien même tel n’était pas son désir. Je tenais beaucoup trop à elle pour la laisser disparaitre.

Alors qu’il continuait de pleuvoir, je continuais de la serrer dans mes bras et caressais son dos afin de nous rassurer mutuellement bien que mon inquiétude allait croissante tant je n’arrivais pas à comprendre les modifications corporelles qu’elle semblait avoir subi et qui avait altéré son corps qui, à chaque minute qui passait, me paraissait être celui d’une étrangère...celui d’une personne décédée que l’on venait à peine d’entreposer dans une morgue. Cette simple comparaison eut tôt de me faire froid dans le dos tant elle s’avérait macabre... et j’eus tôt fait de l’occulter de mon esprit afin de penser à quelque chose de plus...joyeux...

La regardant de nouveau attentivement, je lui souris, nettoyais mes larmes d’un revers de ma manche et me saisis de sa main que je caressais afin de la rassurer et lui faire part silencieusement, que j’étais bel et bien là et que j’étais prête à l’écouter ou à l’aider si tel était son souhait.




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

 ►Localisation :
Derrière toi...


 ►Equipement :
Sniper, Casque de visée

the world can always use more heroes
avatar
Fatale
Un tir, un mort
Dim 11 Fév - 13:15


Ghosts of the past
Sa respiration était lente. Presque inexistante. Son regard était dirigé vers cette femme, qu’elle ne pensait pas revoir un jour. Sa prise sur son arme était ferme. Peut-être trop ferme. Son corps était figé. Totalement figé.

*Bouge … *

Aucun de ses membres ne répondaient. Comme si ni ses mains, ni ses bras, ni jambes voulaient qu’elle agisse. Une voix, en elle, lui hurlait de tirer. Maintenant. Tout de suite. L’autre, lui disait de s’enfuir, pour ne pas faire de mal, à cette femme, qu’elle connaissait que trop bien, qu’elle avait chérie, protégée et adorée, jadis…

*Elle t’a abandonnée, Amélie … Comme tous les autres*

Ses mains se resseraient sur son Sniper. Elle faisait abstraction de tout ce qui l’entourait. Le cimetière, les croix, les tombes, n’existaient plus. Le chant des oiseaux dans les arbres ne parvenaient plus à ses oreilles. Le seul son qu’elle entendait était le rythme lent, trop lent de son coeur, et les pas de Fareeha, qui s’approchait d’elle, sans la moindre peur. Sans penser une seule seconde que Fatale pouvait à n’importe quel moment tirer et faire subir à la fille, le même sort qu’à la mère …

Elle s’approchait. Encore. Elle n’était qu’à quelques mètres et telle une statue, la Veuve était toujours incapable de bouger.

« Mon Dieu...Que t’ont-ils donc fait subir ma Auriel ? Que t’est-il arrivé ?»

Sa voix … Cette voix… Faisait naître en elle une certaine nostalgie qu’elle n’aurait jamais dû ressentir. Elle faiblissait. Lorsque l’Egyptienne vint l’enlacer, un bruit métallique tombant sur le gravier se fit entendre. La Française venait de lâcher son arme. Elle restait toujours de marbre, mais ses yeux ambrés furent noyés de larmes, qu’elle ne pouvait pas retenir. Seule émotion visible sur son visage de porcelaine. Son corps froid profitait de la chaleur du sien, sans réellement pouvoir la retenir, la préservée.  Elle ne savait pas comment réagir. Elle ne savait pas qui de l’Ange ou du Démon allait remporter la bataille qui faisait rage dans son esprit.  


« Je suis désolé Amélie....désolé de t’avoir abandonnée...désolé de ne pas t’avoir secouru...et désolé de ne pas avoir pu t’épargner l’enfer que tu as dû vivre pendant ces dernières années... »


Encore une fois, elle restait extérieurement indifférente à ses propos. Mais intérieurement, il était tout autre. A aucun moment, Fatale ne lui avait rendu son étreinte. Elle en était incapable. Etait-elle vraiment désolée ? Cela suffisait-elle ? Son corps se crispait. Alors que des mains tremblantes se réfugiaient enfin dans le dos de Fareeha, pour finalement l’enlacer et la serrer contre son corps de poupée.

“Isis …”

Ses paupières se fermaient, alors que son visage venait s’enlacer contre l’épaule de l’Egyptienne. La voix de Fatale était troublée, mais faible, presque un murmure semblable au sifflement d’un serpent.  Ses épaules fut secoués dans des sanglots qu’elle n’arrivait pas à retenir, alors que ses doigts attrapaient le tissus des vêtements de la millitaire.


“Va t-en …”

Pourtant, elle refusait de la lâcher. Elle n’y arrivait pas. Comme si chacun de ses gestes était une véritable torture pour elle, lui demandant un effort colossale. Elle finit toutefois par relever son visage, totalement noyés de larmes.

“Va t-en. Pars…”

Pars … Enfuis -toi tant qu’il est encore temps. C’est ce qu’Amélie aurait voulu dire. C’est ce qu’elle essayait de dire sans réellement y parvenir. Mais elle connaissait Fareeha, mieux que personne, elle savait la jeune femme aussi butée qu’une mule et surtout … Jamais cette dernière ne pourrait penser qu’Amélie était capable du pire … de l’irréparable, surtout à son égard. Elle, qui autrefois, avait toujours prôner la justice, était celle qui la bafouait aujourd’hui.

“Je t’en prie … Je … ne tiendrais pas longtemps. Pars…”
Eques, Never-Utopia.







Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
the world can always use more heroes

Contenu sponsorisé





Revenir en haut Aller en bas
 

Ghosts of the Past [PV Fatale]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Overwatch : The Recall-