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 A Craving For Søren Lindahl.

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Flavian Cybrias


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Flavian Cybrias
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Sam 14 Oct - 20:31



A Craving for Søren Lindahl.
Flavian  ▬   Søren



Sa respiration était timide, lâchant des expirations rares et saccadées ; chacune d’elle étant une réussite de son corps malmené. Un voile sombre et épais obstruait tout souffle entrant ou sortant de son organisme. Dans son esprit embrumé il sentait comme une poigne d’ombre agripper ses poumons. Le brouillard qui dansait devant ses yeux l’empêchait de savoir où il était, ce qu’il se passait. Il ne se souvenait de rien qui aurait pu conduire à cette situation où il gisait contre un muret gris près d’un lampadaire terne.

Son plus grand réconfort était qu’il ne sentait plus rien, il était insensible au déluge qui se déchaînait sur la ville et au vent glaciale de la nuit. Plus de douleur ou de souffrance. Juste le silence et ses halètements l’entre-coupant. La respiration hibernante et le regard vitreux. Sa capuche trempée collant à son visage.

Ce fut une forme noire et pelucheuse qui le sorti de sa léthargie. Le camé plissa les yeux pour essayer de déterminer sa nature, le corps incapable de se mouvoir vers elle : bloque de glaise perdu au fond de l’océan.  Il la reconnue cependant après beaucoup d’observation.

C’est la chienne de l’autre fois. Celle qu’on a amené chez le vétérinaire avec Søren. Elle a l’air d’aller bien.

Avec un petit sourire grimaçant il fixa son museau et lâcha d’une voix étouffée un « Hey » enjoué. La chienne s’approcha de lui et le renifla avant de reculer de deux pas et de lâcher d’une voix outrée.

« Pouah. Tu sens les égouts.

-Je ne me souviens plus de ce qu’il s’est passé, j’ai du mal à respirer. Confia-t-il la voix cassée.

-Moi je vais te dire ce qu’il s’est passé. Tu t’es balancé dans les veines de quoi alimenter tout un hôpital universitaire. La petite boule de poils avait l’air significativement dégoûtée en disant cela. Peut-être était-ce aussi de la pitié dans sa voix.

-Moi ? Non, non. Je ne me pique pas…

-Ah vraiment ? »

Il suivit son trajet du regard alors qu’elle allait s’asseoir devant une seringue échouée. Sa paume rencontra son front alors qu’un violent mau de tête lui coupa un peu plus le souffle. Il ne se souvenait pas avoir pris cette seringue. Et pour cause, il ne se piquait pas ; il ne faisait que sniffer. Pas de piqûre, c’était et ce serait toujours sa première règle. Il savait pourquoi… Perdu dans ses pensées, Flavian ne vit pas le chien s’approcher et ne se rendit compte de sa présence que quand elle fut à quelques centimètre de lui, sa truffe touchant presque le bout de son nez trempé.

« Tu as la respiration qui s’affaiblit, tu vas commencer à faire de l’apnée, puis la détresse respiratoire va bientôt affecter tous ton organisme jusqu’à ce que ton cœur cesse de battre.

-Non. Je me sens bien, je t’assure.

-TU VAS CREVER, REAGIT BON SANG. »

La révélation le glaça. Oui… Il allait mourir s’il restait ici. Il le sentait, il sentait cette main sombre qui relâchait ses poumons maintenant écrasés pour se déplacer diaboliquement vers son cœur sur le déclin. Malgré la brume qui occupait son esprit comme autant de rideau séparant scène et monde « réel », une pointe d’angoisse perça à travers comme une lame chauffée à blanc. Mourir ainsi ? Jamais. Pas comme cela, c’était… Son visage pâle et hébété se retourna brusquement vers l’animal dans l’urgence et il lâcha d’une voix pâteuse mais volontaire :

« Qu’est-ce que je dois faire ?

-Tu ne le sais donc pas ? Tu dois appeler la seule personne qui peut t’aider.

-Personne ne peut m’aider, je suis seul. Je vais mourir alors que je n’ai rien fait pour changer le monde. Et je - Hé, qu’est-ce que tu fais ? »

Des petites dents s’enfoncèrent dans la chair de son poignet avec une indignation et un agacement palpable. Devant la chienne se trouvait son téléphone portable, à l’écran presque aussi brisé que lui. Il émettait une lumière éblouissante pour ses yeux fatigués, et au creux de sa paume serrée il sentait la froissure d’un papier chiffonné. Il l’avait oublié, perdu au fond de sa poche. Et le voilà soudainement réapparu dans sa main tremblante.

Søren me l’a donné la dernière fois.

« Alors qu’est-ce que tu attends ? Continua le canidé devant le gamin ahuri.

-Il t’a sauvé ce soir-là. Juste avant il m’a donné ça et m’a dit ‘’N’importe quelle heure…’’

-‘’… N’importe quel motif.’’ Oui, précisément.

Soudain cette option lui apparut comme la seule ayant du sens dans ce brouillard. Il devait appeler Søren Lindahl car lui seul l’aiderait. Lui seul voudrait le faire. Comme la fois où il l’avait sorti de ce restaurant.

La chienne lui tourna le dos en lâchant un « Maintenant si tu permets, j’ai des besoins à assurer » et trotta comiquement vers une ruelle sombre.

Flavian fut un peu inquiet pour elle mais dans son état il ne pouvait la suivre. Il devait appeler à l’aide. Il tendit sa main blessée et attrapa le smartphone, peu assurée ; la marque sanglante sur son bras ne ressemblait pas à celle d’une mâchoire de chien. Au contraire elle avait la régularité de dents moins espacées et plus plates. Mais ça, il était bien trop groggy pour s’en rendre compte. Ses doigts fébriles entreprirent de déplier fébrilement le papier fin et surement coûteux. L’eau se chargea rapidement de le rendre plus lourd, alors que les gouttes tombaient de part et d’autre de l’écriture élégante de l’homme d’affaire.

L’informaticien se hâta de retranscrire le numéro sur l’écran fragile de son téléphone mais pas assez rapidement pour que l’eau n’efface le dernier nombre tout en finissant de complètement imprégner la page de carnet.

« Non, non, non. » S’affola le brun alors qu’il essayait désespérément de déchiffrer les tâches d’encres. Soumis à ses mouvements saccadés et tremblants, le document ébranlé par la pluie acheva de se déchirer entre ses mains impuissantes. Il perdait son souffle en essayant de rassembler les espèces de bout de chiffons détrempés qui pendaient le long de ses phalanges engourdies. Sa respiration était de plus en plus difficile et la somnolence s’écrasait sur ses épaules faibles.

Réfléchis, réfléchis… Quel était ce numéro ?

Il regarda la suite de nombre qui s’affichait devant lui.

C’était un 6, j’en suis sûr !

Alors que son esprit semblait s’éclaircir, il bondit sur l’occasion et fini de composer son seul espoir. Il ne voulait pas mourir seul ici, il voulait une compagnie. Il voulait la compagnie de Søren Lindahl. Le plus tôt possible. Flavian posa la surface froide de son appareil contre son oreille avec appréhension, priant pour que cela fonctionne. La tonalité résonna. Plusieurs fois. Jusqu’à ce qu’un message préenregistré lui réponde avec fatalité.

« Vous êtes bien sur le téléphone de Maela Donhart, vous pouvez- »

Son index vint placidement raccrocher et il posa son portable entre ses jambes, l’air éteint. Son esprit l’avait trompé. Encore une fois. Quelques secondes s’écoulèrent tandis qu’il songeait à la vie continuant paisiblement sans lui.

Ses dents se crispèrent et il serra ses poings avant d’hurler puissamment.

« MEEEERDE !! »

Son cri se termina en un croissement de crapaud suivit d’halètements sporadiques tandis que sa respiration semblait le lâcher complétement. Il se recroquevilla tant bien que mal sur lui-même alors que le sommeil commençait à l’enlacer avec douceur. Le bruit qu’il faisait à chaque respiration était comme le vrombissement d’un ordinateur en surchauffe. L’environnement autour de lui commença à disparaître progressivement, si bien qu’il remarqua à peine que quelqu’un s’assit près de lui. D’ailleurs ce sombre inconnu lui parla mais Flavian passa en arrière-plan sa proposition.

« On se fait un speedball, petit gars ? »

Seuls les sanglots graves et difficiles du garçon répondirent à l’inconnu. L’informaticien ne pensa même pas à lui demander de l’aide ; comme si dans sa conscience détraquée une seule personne pouvait le sauver de cet oubli qui menaçait dangereusement de l’englober. Un soupire répondit à son absence de discussion.

Quand une main tatouée apparu devant lui, tenant son téléphone, il ne comprit pas tout de suite. Mais il entendait une tonalité résonner dans la nuit. Puis soudain cette voix. Il se jeta sur l’appareil et le bruit de son souffle sifflant couvrait presque ses paroles.

« Søren ! Søren. Il faut que tu m’aides. Je n’arrive plus à respirer, je me sens mal. Je ne veux pas mourir ici, j’ai merdé, je veux pas mourir ici. »

Le lampadaire semblait soudain refléter une lumière plus réconfortante.







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Søren Lindahl
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Dim 15 Oct - 1:11



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Flavian  ▬   Søren

« Je sais parfaitement que je me suis engagé. Tout ce que je demande c’est un peu plus de temps ! Le résultat sera à la hauteur. Dîtes-le lui. Vous ne pouvez pas passer à côté de ça ! Vous ne pouvez pas. » Malgré sa position de subordination il aboie l’absurdité de la situation et ordonne au bon sens de revenir. Søren mord furieusement sur ses dents tandis que ses lèvres sifflent une opposition qui s’évapore en échos face à la placidité de son interlocuteur. Son faciès est défait et ses cheveux cascadent sauvagement sur son front fiévreux. Le silence qui marque la fin forcée de l’appel le plonge dans une rage sombre et le téléphone portable étouffe entre ses doigts secoués de désordre. Une seconde la bête furieuse se fige, celle d’après c’est le carnage qui répond sans prévenir et la chambre impeccable du businessman vole en éclats. Lindalh envoie son portable s’écraser à la surface du lit et balaie d’un revers de main sourd sa lampe de chevet qui s’émiette au sol. Il jure en confondant Suédois et Anglais. Sa cage thoracique est perforée d’une respiration haletante. Inspire, expire. Il en appelle au contrôle de son corps qu’il a si longtemps travaillé puis loge puissamment ses poings sur ses hanches, le dos courbé. Le regard assoiffé de destruction s’absente au profit d’un rire aigu de démence qui fait spasmodiquement tressauter sa bouche étirée.
Au téléphone un des larbins de Valda Karala le rappelait mathématiquement à l’ordre : le temps imparti pour mettre la main sur le logiciel commence à dangereusement s’écouler. Le cadre a dépensé trop de temps à mener une parodie de vie ordinaire auprès de Flavian Cybrias et maintenant l’addition s’impose à lui. Son déplacement en Grèce doit être un investissement rentabilisé sans quoi c’est une dette au fer rouge que l’on gravera sur ses chairs. Voici le jeu auquel il a consenti de jouer. Mais c’est trop tôt. Il a merdé. Le blond passe une main déboussolée dans sa chevelure folle et soupire à s’en crever les poumons. Sans transition il arrache ses vêtements, aucune concession pour le prix, les abandonne au sol et s’engouffre dans la salle de bain. L’eau qui se fracasse au sommet de son crâne est le seul remède pour refroidir son système. Les souvenirs se superposent dans une cacophonie de nuances et l’homme fredonne une mélodie connue de seulement une partie de son esprit. Cela ne suffit pas alors il se gifle pour mieux resituer sa colère. Encore. Et encore une fois. Dans un dernier râle son humeur informe est maîtrisée. Le fracas de l’eau est à nouveau tangible et ses veines refreinent leurs pulsations contre ses tempes.
Les variations de Goldberg virevoltent dans la pièce laissée à l’abandon et Søren n’entend pas tout de suite. Lorsqu’il comprend que son téléphone le hèle il fuse hors de l’eau pour le saisir, détrempé. Numéro inconnu. Peu importe la confrontation se présente comme une évidence. Il gronde et se prépare à rendre les coups.
Mais la voix de l’autre côté de l’appareil n’engage pas le bon combat. « Flavian ? » Tâtonne-t-il alors que la réponse est pourtant évidente. L’homme d’affaires s’épaule lourdement contre le bois massif de son armoire pour appréhender ce qu’il comprend. Les larmes semblent s’écouler entre les mots frémissants du garçon et ses absences indiquent très clairement l’état de semi-conscience dans lequel il se trouve. « Qu’est-ce que tu racontes ? Ne dis pas n’importe quoi. Dis-moi immédiatement où tu es et ce qui se passe. » Il s’hérisse d’impuissance. Oubliée instantanément l’épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Encaisser les suppliques de l’ingénieur lui est insoutenable. Le temps qui manque bouillonne sous sa peau trempée. Il peut tant qu’il le souhaite lui hurler de lui donner une localisation mais rien n’y fait. Le discours reste incohérent. Pire la communication se perd et le cadre sent distinctement que son cœur vient d’oublier un battement. Il rappelle une fois. Puis dix. Et rien.
Il n’a pas le temps. L’adrénaline active son corps alors que son souffle est fracassé et Lindahl arrache un tiroir de l’armature de la commode pour renverser son contenu sur la moquette. Au sol il écarte les dossiers à la volée jusqu’à ce que sa main heurte le cuir d’un étui, l’objet de sa recherche en mains le cadre se relève et intercale son portable entre son oreille et son épaule. Il ne perd pas une seconde et enfile les premiers habits à sa portée. Un pantalon de toile et un pull bleu marine. Il vocifère, pitoyable effet placebo, entre ses dents crispées pour que l’appel soit plus rapidement pris, piétine le sol d’empressement. Lorsqu’il se trouve enfin confronté à sa cible la voix qu’il propose se charge d’une assurance impérative et il donne un nom saupoudré d’un matricule. Le Talon comporte quelques avantages dont celui de pouvoir usurper l’identité d’un agent fédéral. Søren prétexte en communiquant le numéro de Flavian que ce dernier doit être immédiatement tracé par les opérateurs, qu’une vie est en danger. Le blond est suspendu au non qui pourrait tout faire céder mais il ne vient pas. Il a les coordonnés. Il les a. Lorsqu’il raccroche sa main droite tremble et il doit l’emprisonner de la seconde, serrer sans retenue, pour poursuivre. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’une vie se perd devant lui.
Il n’a pas le temps il doit agir. Son corps prend à nouveau en charge le discernement que son esprit lui refuse. Une recherche sur google maps et l’endroit est localisé. Un foutu parc. Degré d’incertitude situé à une rue près. L’ingénieur ne doit pas en avoir bougé – Lindahl refuse catégoriquement. Flavian ne peut pas lui faire ça. Il n’a pas le droit.
Le blond charge son arme plus vite qu’il ne l’avait jamais fait, son cœur torpillé par des tambours de guerre et il la glisse dans la poche intérieure de sa veste. Il avait appelé un taxi, lorsqu’il termine de dévaler les escaliers le véhicule l’attend déjà devant l‘entrée de l’hôtel.
Le conducteur semble stupéfait d’accueillir un notable dans cet état mais l’aboiement du cadre le force à fuser vers la destination sans perdre de temps. Bien heureusement le taxi obtempère, Søren était prêt à pointer son Parabellum contre sa tempe afin de le motiver à faire son putain de boulot. Derrière la buée de la vitre passager le paysage est figé pourtant les minutes, elles, se succèdent. Les fils du businessman sont coupés et il est écrasé contre la banquette. En stase. Il en faut dix pour que le square daigne se dessiner.
Lindahl hurle au chauffeur de l’attendre ici sans quoi sa vie entière serait ruinée à compter de ce soir et il se rue, torche de son mobile à la main, à la rencontre de l’obscurité qui dissimule le brun à sa vue. La nuit est foutrement silencieuse, il ne trouve pas. Il ausculte trois fois les mêmes carrés. Il s’en arracherait les cheveux. Mais finalement une lumière striée de faiblesse lui apparaît. Un écran de téléphone à l’agonie. Flavian.
Lorsqu’il arrive à la hauteur du garçon il ne parvient pas à articuler un mot. Le businessman s’agenouille et porte une main devant son propre visage dans une tentative d’infirmer la découverte. Søren serre le poing face à ses lèvres pincées et plisse brutalement les yeux pour se reprendre. Flavian est défoncé. Son regard presque éteint est entièrement dévoré de noir et il ne suit pas les doigts que balade l’agent du Talon dans son champ de vision. Détresse respiratoire. Lindahl envoie sa main à la rencontre de la peau translucide et veineuse du garçon. « Je suis là d’accord ? Je suis là. Maintenant c’est bon Flavian. » Il ne sait pas qui de lui ou de l’ingénieur il tente le plus de convaincre. Il négocie. Sa propre voix est froissée, meurt en bouche pour se formuler en cendres. Non. Il lui doit de prendre ça en charge. Sans attendre l’homme d’affaires retire sa veste et donne son arme de poing à la poche arrière de son pantalon – il glisse ensuite le trench sur les épaules fragiles et glacées. Il ne cesse de lui parler pour accrocher son attention, ne pas la perdre. Et il le hisse précautionneusement entre ses bras.
Søren est frappé de sentir le corps malingre contre le sien. Si décharné qu’un simple geste pourrait le briser comme du verre. Il resserre sa prise pour éviter un maximum de secousses. Bon dieu il ne pèse vraiment rien. Il n’a aucun mal à le conduire dans l’habitacle du taxi.
Le visage du blond est perdu dans un mélange de résolution et de détresse mais il adosse l’ingénieur à lui, maladivement possessif, fait remonter son visage creusé de fossés violacés contre son épaule. Les urgences ? Non. Il est convaincu que le trajet serait trop long et sa chambre d’hôtel n’est située qu’à dix minutes. Il doit prendre une décision. Personne ne peut lui en vouloir, Flavian doit comprendre. Et bien sûr il n’est pas en état de comprendre. « Reste avec moi. » Ordonne-t-il dans le vague.
D’un geste brusque le cadre actionne les lumières de la banquette arrière. Sans pudeur il soulève les habits du concerné à la recherche de traces de piqûres, il connaît les endroits les plus fréquents. Les zones veineuses, il délaisse les superficies intra-musculaires. C’est forcément de la morphine. Amorphie, hypothermie, respiration faible mais régulière. C’est forcément ça ou alors il ne peut pas agir.
Ses doigts parcourent furieusement la peau, la pincent, la dévoilent crument à la lumière perçante et il mord sur ses dents pour ne pas jurer. Lorsqu’une couche tuméfiée d’épiderme roule entre ses doigts il pourrait en crier de soulagement. Il lui faut une injection de naloxone.
Ce qui se passe ensuite ? Il serait dur pour le cadre d’établir une temporalité exacte. Il se souvient vaguement avoir à nouveau soulevé Flavian pour le monter jusqu’à sa chambre. L’avoir installé sur le lit le buste droit afin de lui permettre de dégager ne serait-ce qu’un peu sa respiration. Il se souvient avoir appelé Karala en rognant sur sa dignité et en acceptant de souscrire une nouvelle dette - avoir presque imploré d'être mis en contact avec quelqu'un pouvant lui fournir le médicament en urgence et s'être entretenu avec un auguste inconnu la demie heure suivante. Avoir claqué la porte. Il se souvient avoir préparé le dosage et s’être assis à côté de l'informaticien. Et maintenant il lui saisit fermement le poignet. « Je suis avec toi tu comprends ? Je te préviens que ça va être extrêmement douloureux. Mais je suis là comme tu le voulais. Tu te souviens de ça ? » Alors que l’aiguille perfore sans s’annoncer la fine couche opaline pour trouver une veine saillante, Lindahl touche sa joue du bout des doigts. « Je suis là. »







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Flavian Cybrias
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Dim 15 Oct - 5:18



A Craving for Søren Lindahl.
Flavian  ▬   Søren



Devait-il vraiment planer bien au-dessus de toutes considérations pour accepter un contact inconnu sur son corps. Ses yeux voyaient mais son esprit n'analysait pas. Alors que sa carcasse se faisait soulever comme un sac de riz, il continuait de fixer son portable perdu entre ses mains ouvertes.  Il avait appelé Søren, alors tout allait bien. L’anxiété coulait sur lui comme la pluie de ce soir déchainé ; sans l’inquiéter outre mesure.

Flavian savait que l’autre homme étrange était toujours planté sous le lampadaire, son ombre déformé par la lumière de bruine. Il n’était pas mécontent de s’en éloigner enfin. Plaqué à l’arrière d’un véhicule, il put reposer son visage contre une surface accueillante et il se calfeutra dans une couverture qu’il ne se souvenait avoir jamais eu.  Ce déplacement cessa d’être une délivrance quand sa carapace fut malmenée par des doigts l’épluchant de part et d’autre ; enlevant méthodiquement chaque protection de textile sur son torse. Décollant son tee-shirt trempé de sa peau pâle. Toujours trop groggy pour ouvrir complétement les yeux, il chercha quand même à s’en préserver avec humeur en donnant des coups de coudes et tentant de bloquer de ses membres. Inutilement… La manipulation dura le temps qu’elle le décida et on ne le relâcha que quand on jugea cela nécessaire.

Etait-ce normal, tout cela ? Allait-on l’amener à Søren ? Où avait-il été intercepté par d’autres personnes, moins bien intentionnées ? Se demanda-t-il, les yeux fermés et la respiration laborieuse.

Encore soulevé, encore déplacé, il resta d’une passivité écœurante. Voilà la personne qui prétendait vouloir changer le monde ; un drogué échoué entre les mains d’on ne sait qui, on se sait où – un endroit résolument trop lumineux pour qu’il prenne l’effort de le contempler.

Il ne se souvint pas avoir monté des escaliers, être entré dans une chambre et encore moins s’être assis sur une literie de bonne facture. Trop perdu qu’il avait été dans son procès attenté contre lui-même. Coupable, plaidait-il !

La silhouette qui l’avait accompagné jusqu’ici lui été resté opaque, comme si une censure la recouvrait. Le monde autour de lui était sur liste noir et banni de son esprit. Chaque occurrence à lui était lu puis expédié dans une corbeille pour préserver sa tranquillité. Même respirer le rappelait trop à cet endroit pourri, alors son corps rejetait la manœuvre et se repliait sur lui-même.

Seulement, quand cette compagnie silencieuse et intangible disparue, le laissant seul dans la chambre inhospitalière, le poids de sa solitude traversa sans peine le voile épais d’opiacé qu’il l’enveloppait. Sa respiration s’accéléra. Où était Søren ? Pourquoi la personne était-elle partie ? Etait-ce sa faute ? Sa faute ; son obstination à ne pas affronter le monde, à ne pas briser ce voile qui le laissait impunément considérer les autres comme des silhouettes sombres et anonymes. S’il ne voyait pas Søren ce soir, ce serait la répercussion de ses actes lâches.

Alors l’informaticien fit l’effort. L’effort de se jeter dans l’océan tumultueux du monde physique, en essayant d’en comprendre les plus simples aspects. De par les images que ses yeux envoyaient à son esprit qui ensuite les traitaient dans un flou laborieux, il put appréhender qu’il s’agissait d’une chambre d’hôtel. Il y’avait une mallette noir inquiétante sur l’édredon. Quand sa camarade d’infortune revint dans la pièce, un soulagement mal avisé empoigna son torse cependant. Elle s’assit près de lui et lui attrapa le bras. Le regard vitreux, le brun en profita pour tenter de défaire la censure protectrice sur son visage, d’entendre les mots qu’elle avait à lui transmettre. Il plissa les yeux et acquiesça. « Je suis là. » Disait-elle. Il se sentit mieux. Alors que l’aiguille passa la peau fine de son bras, il défit lentement le cryptage qui dissimulait la personne à son esprit.

Il sentait le produit passer dans ses veines tandis que son regard accrochait un pull de laine bleu, finement coupé et près du corps. Quelque chose de bon goût et d’assez classe. Son regard sombre semblait courir sur le corps qu’il avait en face de lui, à la recherche de toutes les informations qu’il pourrait découvrir sous cette opacité apparente. Plus ses yeux couraient sur la silhouette, plus il trouvait de détail. Un pantalon en toile. Des yeux bleus. Plus ses pupilles retrouvaient une couleur claire. Et plus son corps se tendaient.

Ce fut aussi subtile qu’une vague emmenant un pan de sable ; le produit passa comme un courant impérieux sur le voile qui troublait ses idées, et l’emporta avec lui. Assez naturellement pour que le moment où cela se produisit ne fut pas identifiable mais que le résultat fut significatif.

Les yeux de Flavian, soudains pleins d’angoisses tombèrent successivement sur des cheveux en batailles et mouillés, une seringue dans des doigts fins et pâles et des munitions abandonnées négligemment sur un coin de lit. Le souffle, toujours manquant, du brun s’accéléra, alors que beaucoup de pensées, maintenant libérées, se déversèrent soudain sur sa conscience. Surdose d’idées noires et d’inquiétudes.

Il y avait trop de pensées, de peur et trop de solitude qui le submergea tout entier. Il ne pouvait rester calme, il voulait fuir. Fuir cette situation dangereuse mais aussi ce rappel à une réalité qu’il esquivait dès que c’était possible. Dans un mouvement de repli, il croisa le regard de son ravisseur en s’éloignant. Ses yeux bleus et pénétrant. Et il le reconnu. Ce qu’il avait pris à son premier regard lucide pour un autre homme n’était que Søren Lindahl à la négligence qui frôlait l’incohérence.

« -  Søren ? »

Sa voix grave s’éleva, essoufflée et perplexe. Il avait mal au cœur et au torse, mais ce fut secondaire. Son sentiment fut partagé entre un brusque réconfort qu’il n’arrivait pas à expliquer et l’horreur de ce qu’il découvrait dans cette chambre. Pour commencer ; ce réconfort l’envahi tout entier, comme la lumière du jour après une nuit particulièrement noir -lumière que l’on savait arriver au petit matin mais qu’on avait attendu fébrilement pendant des heures. Ce sentiment que c’était « fini », qu’on avait atteint notre but, c’était ce que Søren lui avait apporté soudain et brusquement. Mais en demi-teinte alors qu’il constatait les produits médicaux renversées et les munitions oubliées.

Alors l’informaticien eu le choix ; se faire un nouvel ennemi et exiger des explications. Ou accepter le poids de l’ignorance pour espérer trouver en Søren un allié indispensable qu’il ne pourrait questionner. Evidemment, jamais il n’aurait dû ne serait-ce qu’y réfléchir. Flavian s’était toujours fait des ennemis en mettant son nez dans les affaires de beaucoup qui n’avaient légitimement rien demandé. Alors ignorer ce qu’il avait sous les yeux… Et bien c’est ce qu’il décida de faire pourtant. Car tout de suite il lui était impensable d'éloigner Søren de lui à l'instant présent.

« -Qu’est-ce qu’il se passe, que faisons-nous ici ? »

Qu’avaient-ils bien pu faire dans cette chambre d’hôtel ? Il ne se souvenait de rien, sauf que…

« -Je t’ai appelé à l’aide ? »

Son esprit ne l’aidait pas à se concentrer, empêtré dans un goudron d’angoisse et de tristesse liée à la chute de son état d’insensibilité et de répit extrême. Tout ce qu’il lui répétait en boucle était tel un mantra Søren est là.  Son souffle se remettait modestement tandis que le garçon passait ses jambes en dehors du lit, s’asseyant à côté du blond en baissant le regard.

« Je n’aurai pas dû t’appeler » Lâcha-t-il brusquement comme une évidence. «  Je n’avais pas les idées claires. » Son regard cherchait son sweat et ses chaussures dans la pièce. « C’était une erreur de te le demander. Je suis désolé. Merci… »

Il t’a sauvé la vie ! Le houspilla une voix rigide dans son esprit, qui semblait vouloir rendre à l’homme d’affaire ses mérites.  Seulement assis de là où il était, il pouvait voir la crosse du pistolet du blond dépasser de sa poche arrière et des gouttes de sueurs coulèrent en même temps que celles de pluies sur ses tempes. Il la regardait d’ailleurs avec insistance et dû se faire force pour détourner le regard. Etrangement il avait la conviction intime que cette arme ne serait pas retournée contre lui ; ce n’était pas cela qu’il craignait. Ce qu’il craignait c’était de voir Søren au cœur d’acte qu’il ne pourrait que réprouver.

Il voulait partir de suite mais une boule au ventre ainsi qu’une vague de culpabilité l’arrêtèrent. Ce sentiment horrible qu’il serait plus seul que jamais si il passait cette porte, s’il quittait Søren, y était pour beaucoup. Mais en plus il avait ce sentiment d’avoir profité de lui sans savoir exactement comment.

«  Je… » Que devait-il dire devant le blond ? Alors qu’un quart d’heure plus tôt il ne le reconnaissait même pas, trop défoncé. Que ça ne se reproduirait plus ? La honte brûlait sa peau tandis qu’il s’appuyait sur la tête de lit pour se relever, la respiration sifflante. « Je ne me pique jamais. Je ne me souviens plus… Enfin… Je vais rentrer chez moi… »

Søren est là ! Lui répétait la voix, outrée de le voir tenter de partir.







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Søren Lindahl
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Lun 16 Oct - 4:44



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Flavian  ▬   Søren

La chaleur l’envahit et dévale en gouttes le long de son front. Il observe frénétiquement sa montre, secondes superposées à son rythme cardiaque. Le cadre se pince l’arête du nez, se masse vigoureusement les tempes, souffle lourdement pour faire taire l’agitation qui s’empare de lui. La situation est stabilisée et il matraque son esprit de cette information. Autour de lui la pièce semblait fumeuse, inexistante. Un décorum branlant et lointain. Seule la seringue était restée tangible. Peu à peu les choses reprennent du sens et la musique revient. Lorsque les pupilles du brun en reviennent à un semblant de présence la joie qui traverse les traits de Søren est éclatante, sa cage thoracique légèrement libérée ce dernier échappe un rire clair de pur soulagement. De victoire. Et il observe le garçon face à lui comme un joyau. Il a envie de l’étreindre. Il n’a jamais connu ça – mais l’émotion est si sauvage qu’il n’y réfléchit pas.
D’un sourire il abaisse le regard en se permettant de quitter une seconde la peau laiteuse – c’est là qu’il se confronte enfin à sa négligence. Ascenseur émotionnel.  Un « Fan! » en suédois siffle hors de ses lèvres pincées. Il n’avait pas vu ces maudites cartouches et il leur adresse un regard perçant comme si elles avaient fauté à sa place. L’avant-bras de Flavian est toujours logé entre ses doigts et le garçon échoppe soudain d’une prise bien plus forte en réponse à la contrariété du blond. Les yeux bleu industriel de Søren se braquent sombrement sur la jeune âme troublée et la traversent pour évaluer si la faille était ou non découverte. Son visage figé dans l’expectative. A en juger par la question fiévreuse de l’informaticien il n’y a pas de doute : le voici effrayé. Lindahl ne le tolère pas. Pas après avoir tant investi dans sa récupération et pas alors que son état physique est encore préoccupant. Il refuse catégoriquement de laisser mourir ses efforts à cause d’une bavure minime. Il faut impérativement qu’il parvienne à le calmer. « On est dans ma chambre d’hôtel. Au Blue Bay. Je suis immédiatement venu te chercher. Tu ne risques plus rien il n’y a que toi et moi ici. Je ne laisserai personne d’autre t’approcher. » La sincérité frappe lourdement ses traits en fin de phrase, peut-être trop pour ne pas démontrer son attachement malade. Il n’est pas en état de lisser sa prestation. « Bien sûr que tu m’as appelé… Et je suis venu. » C’est pourtant une évidence. Une note d’incompréhension peinée traverse sa voix. Il se sent obligé de souligner une nouvelle fois qu’il avait répondu présent à l’appel au secours, ses yeux s’agitent à la recherche d’une validation. Ce que Flavian ajoute est assimilé par le businessman comme un coup violement porté, qui marque aussitôt sa posture. Ses épaules se tendent. Une erreur. Le mot boucle puis reboucle âprement tandis que son visage s’enferme dans quelque chose d’indéchiffrable. Il doit invalider ce non-sens, effacer son propre bouleversement. Prendre le contrôle. Lindahl ne laissera pas à l’informaticien la chance de s’éloigner de sa poigne – ses muscles sont encore tendus et ses veines bouillantes de presque l’avoir perdu.  Alors il ne fait pas dans la demi-mesure. C’est forcément les cartouches qui l’effraient, il n’a commis aucune autre erreur, alors il entend désamorcer ce souci frontalement. En bénéficiant au passage de son trouble, en l’organisant lui-même. « Si tu pars maintenant je ne pourrais pas surveiller ta récupération. Je ne peux pas me le permettre, Flavian. Tu dois me comprendre. » Son regard s’absente tandis que sa sentence non-négociable est portée par une voix pourtant si douce. Sans transition l’agent du Talon hôte son Parabellum de sa poche arrière et le présente devant son interlocuteur. Joue gonflée, regard égal. Expression désintéressée. L’arme tourne entre ses doigts. « Si c’est ça qui t’inquiète tu ne le dois pas. Pendant leurs déplacements les cadres de Vishkar sont tenus d’amener une arme. C’est ça depuis les émeutes de Rio. Ma compagnie ne fait pas exactement l’unanimité et ma vie pourrait être compromise. Bien sûr c’est officieux ce que je te dis. Et je ne m’en suis jamais servi. Je l’ai prise avec moi pour te rejoindre parce que je pensais que tu avais été agressé. » Son histoire est évidemment fausse mais ce qui est vrai c’est qu’il n’a jamais tiré. Pas avec cette arme. Mensonge vertueux ? Søren le traverse à nouveau du regard pour appuyer sa plaidoirie. Il alloue  au silence le temps de reposer. La confession du brun le laisse presque immédiatement ensuite en demi-teinte et son visage se plisse. A sa connaissance la plupart des drogués disent ne pas consommer en s’engluant dans le déni. Mais une part de lui ne parvient pas à adosser cette idée à l’image qu’il nourrit de Flavian – quelque chose en lui veut recevoir sa parole comme celle d’un évangile. Ses mains fusent sans prévenir à la surface de la peau du garçon, encadrent son visage. Ses doigts dessinent les reliefs saillants de ses pommettes pour lui démontrer sa compréhension. Mieux, sa proximité. Qu’il ne le rejette en rien. « Est-ce que quelqu’un aurait pu te faire ça ? » L’idée le traverse comme un éclair. Sa voix gronde avec virulence et sa prise se fait plus féroce. « Est-ce que tu te souviens de quelque chose ou de quelqu’un ? » Les pires scénarios défilent devant les yeux électriques de Lindahl. Mais il n’arrive à extirper aucune information valable de l’informaticien depuis le début de cet échange – il doit changer son fusil d’épaule pour savoir ce qu’il veut. Il doit le ramener vers lui une bonne fois et ôter de sa tête l’envie de vouloir lui fausser compagnie. Il doit lui prouver qu’en sa compagnie il ne risque rien afin de le garder durablement sous son aile. Comment faire ? Le registre de persuasion de Søren est plutôt étendu mais une méthode l’entête tout particulièrement, trop pour ne pas exhumer son besoin excessif. « Flavian. Je suis là. N’importe quand et pour n’importe quoi. Tu n’es pas seul. » Sa voix se fait stable, grave et solennelle. Il relâche la pression qu’il exerçait et ne conserve qu’une main douce portée contre sa joue, tout en se rapprochant de lui. « Tu comprends ça ? Tu n'es plus seul.» Le souffle brisé de Flavian ricoche contre ses propres lèvres ornées d’un sourire et il ne faut qu’une seconde de plus pour que Søren dévore la distance restante. Il l’embrasse.
Alors que ce n’est pas la première fois qu’il effectue ce geste cette fois et avec lui le contact l’affecte plus qu’il ne l’aurait cru. Tout lui semble instantanément plus logique.






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Flavian Cybrias
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Mer 18 Oct - 20:16



A Craving for Søren Lindahl.
Flavian  ▬   Søren



Son corps étant tendu sous les doigts impérieux de l’homme d’affaire. Il perdait le contrôle autant que Søren feignait de l’avoir, le bras gainé et tremblant. Même si d’un œil extérieur, le blond semblait avoir un rapport de force appréciable, du point de vu de l’informaticien ils étaient tous les deux emprisonné par un besoin maladif ; celui de fuir ou celui de retenir. Personne ne maîtrisait réellement la situation. C’était plutôt la situation qui les manipulaient. Ils étaient comme des produits chimiques aux propriétés instables qui une fois en présence de l’autre avaient des effets imprévisibles et destructeurs. Comment prévoir cette réaction alors qu’ils n’avaient aucun point commun ?

Ses yeux grands ouverts pour ne rien perdre de ce qui se déroulait étaient vissés dans ceux du cadre supérieur. Deux choses l’empêchaient de s’extirper de sa veste mouillée empoignée. La première était qu’une fois extirpée du tissus, Lindahl lui mettrait la main dessus en quelques secondes, n’ayant qu’à se lever pour l’agripper sans difficulté. Courir ? A entendre l’espèce d’halètement qui sortait de sa gorge à chaque respiration il était convaincu que ce serait le dernier exploit qu’il aurait la possibilité de faire de sa misérable vie. Mais son deuxième obstacle était l’image de son appartement ; prison de solitude dans lequel il tentait souvent de se faire tout petit pour limiter son emprise.

Devait-il pour autant s’en laisser affecter ? Devait-il accepter la présence de Søren Lindahl ; dangereuse et aux objectifs flous seulement car il semblait -en ce soir d’overdose – être le seul remède à ce sentiment perçant d’isolement ? Pourquoi ne pouvait-il pas ressentir ce soulagement avec un vendeur de supérette ou un collègue de travail ? Devait-il être si détraqué que rien ne put être simple et « normal » ?

Flavian écouta les justifications du blond en détournant le regard, pour ne pas croiser ses yeux bleus. Pour ne pas accepter aussi facilement une faible excuse face au fait d’être armée dans une ville où tout le monde rêvait de l’être au détriment des autres.

C’était si dur ; surtout quand son homologue le croyait dur comme fer, ce qui n’arrivait à proprement parler jamais.

« Est-ce que quelqu’un aurait pu te faire ça ? »

Son œillade accrocha malencontreusement les prunelles azurées et il ne put s’en décrocher. Il aurait dû s’en écarter dès le premier effleurement. Flavian répondit à voix basse ; la voix rauque et fuyante.

« Non, je ne crois pas… J’ai toujours toutes mes affaires et ce n’est pas en me donnant de la morphine qu’on aurait pu me faire parler…

-Est-ce que tu te souviens de quelque chose ou de quelqu’un ?

-Je… »

Non, tu n’as venu personne ce soir moi Lui murmura son esprit, assuré. Crois-moi Malgré tout… Si ses souvenirs étaient exacts.

« -Il y avait un homme, un dealer peut être mais je dirais plutôt que c’était un consommateur. Il avait des piqûres anciennes sur le bras. Peut-être que c’est lui qui me l’a fourni… »

D’habitude il tairait ce genre d’information, trop dangereuse, trop vite retourné contre soi pour les donner. Mais ici, avec cet homme, il sentait que ça ne serait pas une arme. Pourtant son esprit lui disait qu’il ne pouvait avoir plus tort. Le blond était un laquait -le mot laquait se superposait mal à son visage- d’une grande multi-nationale connu pour leur façon non éthique de gérer les conflits. Cet état de fait lui donna un coup de fouet dans sa décision de fuir loin de toute cette affaire. Soudain dressé et près à arracher la poigne de Lindahl de sa manche. Autant que pour la morphine, il devait faire un sevrage de cet homme. Ne pas s’en approcher le temps que sa présence rassurante quitte son organisme jusqu’à ne devenir qu’un être parmi tant d’autre.

« Flavian. Je suis là. N’importe quand et pour n’importe quoi. Tu n’es pas seul. »

Ses mots et sa proximité réchauffèrent les tempes et le torse du drogué comme autant de petits brasiers allumés au sein de sa carcasse. Les poings serrés et le regard fuyant, il articula difficilement :

« Je dois y aller, laisse-moi y aller. »

- Tu comprends ça ? Tu n'es plus seul.

- Je dois – »

Elle était là ; la détonation résultante de leurs présences. Les réactifs qu’ils étaient se faisaient remplacer immanquablement par un nouveau tout qui les liaient comme une seule matière. Flavian aurait dû le repousser violemment, l’empêcher de le transformer sans retour arrière possible. Alors comment expliquer qu’il abandonna toutes ces considérations pour chercher en Søren Lindahl le souffle qui lui manquait désespérément. Il ne s’accrocha pas à lui mais à la place pencha sa poitrine vers lui pour agripper bien plus fougueusement ses lèvres.

Ses lèvres et son visage ne disait pas la même chose. Sa bouche cherchait à ne pas le lâcher une seule seconde, redoublant d’ardeur à chaque recule alors même que sa cage thoracique se retractait à bout de souffle. Son visage lui était crispé, ses yeux clos avec fermeté comme pour ne pas constater du désastre qu’il lançait en cette chambre d’hôtel luxueuse. Ses poings étaient vissés à son corps, en poing tremblant sous la force de sa poigne.

Quand ses paupières se soulevèrent, il s’éloigna avec autant de brusquerie qu’il n’avait répondu au baiser ; le souffle haletant et la transpiration coulant le long de sa nuque.

Sans un mot, la silhouette fluette enleva sa veste et la posa sur le guéridon, avant de retirer ses chaussures qui s’extirpèrent dans un bruit mouillé. Le message était clair.

Flavian avait fait le choix de l’égoïsme ; décider de fermer les yeux et de croire au magnifique mensonge qui était que Søren Lindahl était en contrôle. Ce qui n’était pas le cas, pour autant il se déchargeait sur lui en ne disant pas un mot. Cela ferait peut-être plaisir au blond sur le coup, mais cela allait vite être une charge de responsabilité bien plus colossal qu’il ne l’imaginait. L’informaticien tira une chaise à lui et s’installa, le dos rond et les jambes écartées dans une posture de repos.

Il se souvint qu’à l’école, il y avait des jeux idiots à boire et qu’une fois il y avait participé avec des étudiants plus âgés. Il ne sut plus pourquoi, mais le caractère contraint de la chose était évident le connaissant. Et une phrase l’avait marqué. C’était « J’ai déjà pleuré en le faisant. » Cela avait provoqué une vague de taulé moqueuse alors que personne n’avait levé son verre en lançant des « allez ! » outré. Comme si l’idée était stupide en elle-même. Pourtant les regards fuyants et la chappe de plomb qui s’abattit sur le reste de la soirée lui avait bien fait comprendre -malgré son inexpérience- que tous n’étaient pas sincère. La phrase lui avait semblé obscure cependant. Pourquoi le faire pour ce résultat ?

Il comprenait pourquoi dans l’immédiat… Si chaque rapprochement était aussi pénible que celui-ci. Comme un insecte allant se brûler sur une ampoule de jardin. Un besoin irrépressible mais nocif.

Flavian prit une grande inspiration et lui jeta un coup d’œil timide.

« … Tu as des vêtements ? »







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Søren Lindahl
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Mer 25 Oct - 13:45



A Craving For Søren Lindahl.
Flavian  ▬   Søren

Le baiser est électrisant et Søren est captivé – il retient le moment autant que possible de ses mains qui saisissent jalousement le corps malingre du garçon. Muselées les trompettes de l’incompréhension qui grondaient sous son crâne lorsque Flavian voulait le quitter la seconde d’avant. Dissipée son irritation de ne pas obtenir ce qu’il voulait. L’homme d’affaire le couve d’un regard béat d’accomplissement comme s’il voyait pour la première fois. Un joyau se dessine devant lui. Alors un rire clair nait hors de ses lèvres sans qu’il ne s’en aperçoive et il caresse la joue du garçon du bout des doigts, subitement sans oser trop la toucher. La porcelaine pourrait spontanément s’ébrécher. Il le détaille d’un regard en suspension. Le bleu des yeux illuminé.
Et une révélation s’amorce, Lindahl ne connaît rien de ce goût-ci. Celui que l’on rencontre dans une démonstration d’affection sincère. D’après son ordinaire ces gestes sont purement utilitaires et la plupart du temps utilisés à dessein de faire taire. Un baiser et il obtient ce qu’il veut de la négociation s’il a bien travaillé en amont. Son environnement de travail préfère l’efficacité au sentimentalisme, ne s’encombre ni de la morale ni de dignité. Or il incarne lui-même cette doctrine jour et nuit. Il est un businessman dans l’intime comme dans le professionnel, c’est son fonctionnement, prendre ce qu’il veut en se nourrissant de la confiance d’autrui. Faire fructifier son capital en dépossédant les autres.
C’est assurément la première fois qu’il garde une trace quelconque à la suite d’une embrassade. Lindahl est aussitôt déphasé de la situation qu’il partage avec Flavian. Son euphorie est telle qu’il se fait involontairement sourd à la détresse de son interlocuteur qui se dilue dans la comparaison de leurs humeurs. Le blond pourrait déjà nommer la situation par des termes fantasmagoriques et invoquer le destin comme évidence les liant. Son bonheur est trop brûlant pour ne pas être malsain.
Aussi Lindahl se gèle. Les mouvements saccadés du garçon le recadrent. Flavian, lui, n’est pas dans cette bulle hors du temps. Le serpent voit l’informaticien retirer sa veste et ses chaussures. Il l’observe s’installer sur la chaise, offrir à ses yeux éberlués une position relâchée. Il a l’impression d’avoir gagné ici plus qu’en additionnant ses promotions – tout à coup il tâtonne et ne sait plus vraiment comment transformer l’essai, redoute presque d’invalider la réussite en faisant un faux pas. Ses yeux peinent à maintenir un contact frontal contre ceux pourtant hagards du brun et il se racle la gorge en demandant une permission tacite de s’approcher à nouveau. Il n’a plus le contrôle de l’espace. En l’attente d’une confirmation il reste à distance raisonnable et ne lui propose que des œillades modestes. L’ascendant change de mains mais Søren ne s’en offusque étrangement pas – c’est à ses yeux un investissement valable. Sa joie violente retombée dans une stature figée, expectative. Les bras rigidement vissés le long de son corps. Il brûle d’officialiser la situation par des mots mais ses tentatives meurent en bouche et il déglutit, irrésolu. Il veut se faire impératif et nommer la chose qui se joue entre eux pour la posséder mais il redoute que cette dernière lui échappe. Il doit organiser ses pensées.
Lorsque l’informaticien ouvre enfin la bouche en lui adressant une demande c’est comme si la situation se débloquait et Søren peut s’affairer à une tâche tangible. Il ne prend pas le soin de répondre et fuse jusqu’à sa penderie qu’il éventre de ses mains qui défrichent les nombreux habits, à la recherche de quelque chose qui pourrait convenir aux habitudes de Flavian. Ses chemises lisses et autres polos ne répondent pas à cette description alors il les néglige d’un revers de main las, certains finissent par joncher le sol. Il lui faut environ une minute d’inspection brute pour en extirper quelque chose de portable – c’est ironique de constater à quel point ses standards y perdent. Le garçon lui fait réellement reconsidérer l’ordre de ses priorités.
Søren dépose sur le lit un pantalon de jogging et un t-shirt bien trop amples pour le garçon avant de croiser des bras de plomb. Les pieds lourdement vissés au sol il remonte un regard sur son interlocuteur. « Ce n’est sûrement pas à ta taille mais c’est tout ce que j’ai. Je devrais te laisser te changer maintenant. Et tu dois sûrement vouloir te reposer, nous parlerons de l’homme que tu as vu à ton réveil. » Si ses yeux sont tendres sa voix ne chancèle pas. Il retrouve un semblant d’élocution qui impose, qui décide pour l’autre. Il invoque en parallèle sa compréhension et souligne sa volonté de lui laisser de l’espace comme s’il réclamait un bon point. C’est le seul mode de communication qu’il connait et concernant cet étranger qui aurait drogué l’informaticien, il veut bien se faire comprendre.
S’il estime que le laisser reprendre des forces est nécessaire il entend tout de même obtenir quelque chose en rétribution de ce moment laissé vacant – il ne veut pas que ce qu’il a accompli jusqu’au baiser se perde. Avec une douceur lui étant étrangère le cadre s’approche de l’ingénieur. Il ne peut rien y faire ; sa proximité l’emporte dans la même agitation que plus tôt. Qu’il refreine en déposant sobrement un baiser sur le front humide de Flavian, les yeux clos et les mains légèrement frissonnantes. L’instant est à savourer. C’est son paiement.
Il reste une seconde debout à ses côtés. « La salle de bain est juste à droite. Tu devrais te réchauffer sous la douche. Tu y trouveras évidemment de quoi te sécher. Garde le lit, je prends le canapé de la pièce à côté. » Là encore un énoncé dirigiste. Lorsqu’il s’en rend compte le besoin de nuancer survient pour une raison lui étant à la fois impérative et inconnue, son timbre de voix se fond dans une douceur qui ne cache plus sa loyauté malade l’espace d’une seconde. Il la découvre encore lui-même. « Si tu as besoin de quoi que ce soit, Flavian… N’hésite pas à venir me trouver. D’accord ? » Sa main s’appuie contre l’épaule fragile du garçon qu’il serre précieusement le temps d’un sourire extraordinairement sincère.
Lindahl ne tarde pas davantage et il s’absente pour regagner son lit de fortune. Il ne prend pas le soin de passer une tenue plus confortable en sachant pertinemment qu’il ne trouverait pas le sommeil. Son regard est noir d’anticipation alors que son faciès se crispe.
Les minutes défilent dans le noir relatif de la pièce. Son écran d’ordinateur, trônant sur la table basse, souligne les traits tirés du cadre tandis que son regard bleu industriel y inspecte une série de lignes. Des noms adossés à des images. Søren inspecte, armé d’une rigueur mortelle, les profils des dealers susceptibles de sévir dans les environs du parc où il a récupéré l’informaticien. Des sites sur le deep web aux profils tweeter où les usagers organisent leurs trafics en usinant des mots de code affligeants de simplicité, tout est écumé.  L’agent du Talon note soigneusement les coupables potentiels dans un recoin de son esprit, immortalisés dans un marbre qui ne laisse pas de traces.

Mais tout à coup une salve de bruits sourds et le blond étouffe un sursaut, pas un juron. Quelqu’un matraque la porte de la chambre d’hôtel. Furieux d’être ainsi dérangé, d’autant que Flavian doit dormir, le cadre dévore l’espace le séparant de l’entrée et ouvre avec fracas. Pour se confronter à deux agents de police.
« Mondieur Lindahl ? On nous a signalé de drôles d’activités par ici. Quelqu’un vous aurait vu transporter un homme inconscient. Nous voudrions vous parler. »Le putain de chauffeur de taxi, enrage intérieurement Søren qui ne bride que très peu son irritation face à ces deux gêneurs. Son faciès s’arque dans une politesse dédaigneuse. Il rit de dérision pour écraser cette pseudo autorité. « Messieurs. Premièrement je ne vois pas de quoi vous parlez. Deuxièmement, si vous m’accusez de quelque chose alors formulez-le explicitement. Il faudra toutefois en répondre à Vishkar Corporation et très certainement à vos supérieurs si ce malentendu se poursuit. » Pour autant les agents ne semblent pas décidés à baisser les bras.






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Flavian Cybrias
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Ven 27 Oct - 23:21



A Craving for Søren Lindahl.
Flavian  ▬   Søren



Une seule chose marchait à ce moment précis, c’était l’acquiescement. Cela, ça marchait bien, comme si en acquiesçant, il pouvait balayer les mots du menton et faire semblant de ne pas être là. Pas que les mots de Søren étaient blessants, au contraire. C’était la situation qui l’empoignait et l’entourait et l’étouffait. Cette reconnaissance qu’il ne voulait pas avoir et qui obstruait sa gorge envers quiconque. Flavian souhaitait que Søren lui laisse de l’espace… Et c’est ce qu’il allait faire sans avoir besoin d’en être prié, renforçant cette boule de gratitude qui rendait la respiration du plus jeune haletante. Les attentions l’échaudaient, tout était un appel à la fuite. Une fuite qui serait extrêmement douloureuse vu ce qu’elle lui coûtait. Comme la morphine. On lui disait ; "il faut arrêter la morphine, c'est mauvais pour toi. Sur le long terme, tu en souffrira plus qu'elle ne te fera du bien". Mais pour lui, le prix était trop cher à payer. Il fallait qu’il s’éloigne avant que Lindahl soit sa morphine. L’était-il déjà ?! Le contacte de ses lèvres sur son front étaient trop neutre pour être normal. Neutre… même pas. Il avait le goût de quelque chose de prometteur qui était "mauvais" seulement car il se refusait d’y goûter par principe. Mais ce principe était une réelle précaution ; lui éviter d’être empoisonné.

« … … … Tu y trouveras évidemment de quoi te sécher. Garde le lit, je prends le canapé de la pièce à côté. »

La panique le pétrifiait sur place, les mots du blond était écoutés mais pas imprimés, comme un bruit de fond.

« Si tu as besoin de quoi que ce soit, Flavian… N’hésite pas à venir me trouver. D’accord ? »

Ses phrases glissaient sur lui, tout ce qu’il comprit c’était que Søren était parti. Il bondit à la salle de bain et s’aspergea le visage à grand renfort d’eau glacée. Cela n’empêcha pas ses émotions de lui échapper et il s’accroupit, les mains cramponnées à s’en déchirer au bord du lavabo. Son visage se déforma alors que des sanglots silencieux l’emportait tout entier. Pourquoi lui, pourquoi forcément celui-là ? Pourquoi c’est si difficile ? Pourquoi quelqu’un qui était le contraire de sa cause ; un ennemi naturel à ses besoins ? Ou plutôt son besoin ; celui de retourner l’ordre du monde. Ses mains tremblaient sur la surface de porcelaine et ses genoux s’effondrèrent lamentablement sur le carrelage. Il n’avait pas d’amis… Il en avait eu, pendant de courtes périodes. Mais ça s’était toujours mal soldés. Alors il n’y travaillait plus. Il fuyait cela même avec un besoin maladif de s’en prémunir. Des proches, en avait-il ? Flavian décidait que non en tout cas. Pas là, pas ici, pas maintenant ; peut-être à une autre époque. Alors, était-ce le statut du blond qui le mettait dans cet état... ou l’assurance que cette fois il y perdrait beaucoup et avec fracas ?

Les questions tournaient dans sa tête, mais les seules réponses qu’il y trouvait était la chaleur qui le consumait tout entier et la douleur de ses tempes malmenées par la tempête qui l’habitait. Il resta un quart d’heure enfermé dans la pièce, à pleurer dans un décor de brochure vip.

Et si tu arrêtais de chialer et que tu allais dormir ? Demain tu partiras sans sommation -en l’évitant même, avec de la chance- et tu reprendras ta vie en supprimant son numéro de ton téléphone.

Il décida de suivre ce que son esprit lui disait de faire. De juste se mettre en veille. Il prit une douche avec passivité puis enfila les vêtements secs qu’on lui avait procuré. Heureusement, l’élastique du sous-vêtement permettait de ne pas le retrouver en bas de ses chevilles au moindre mouvement brusque, ce qui n’était pas le cas du reste. Mais cela faisait du bien. Et ils sentaient bons.

L’informaticien se traîna jusqu’au lit et s’y jeta, encore trempé et le noir était si profond qu'il il s’y jeta pour oublier. Il pénétra les ténèbres pour un sommeil, comme souvent, sans rêve.

Juste du vide et de l’attente.

D’un geste rigide son corps se redressa souplement. Assit sur le matelas de bonne facture, le dos droit et les jambes tendu, il étira ses bras devant lui. Ses pupilles fines coururent sur la scène qui s’offrait à lui ; celui des produits oubliés au sein d’une mallette douteuse, des vêtements échoués aux quatre coins de la pièce. Un petit mémo dans son esprit enregistra notamment l’absence de l’arme à feu. Quel désordre !  Le côté luxueux des lieux se retrouvait rappelé aux traces que laissaient une vie désordonnée ; les draps étaient détrempés et le mobilier se retrouvait bousculé dans ses habitudes d’exigences.

Les bruits aussi n’étaient pas habituels dans un endroit comme celui-ci, alors que le son de la voix de Søren s’élevait contre celles toujours plus autoritaires des garants du bien (des plus que) commun(s). Le bruit et le bordel, voilà qui avait un goût de milieu populaire dans cet hôtel qui vendait le silence à prix d’or.

Ce n’est que cinq minutes plus tard que ses pas le guidèrent vers la source de cette agitation qui ne se tarissait pas au fil du temps. Tout d’abord, d’un bond il était debout, ses jambes soutenant son corps encore groggy avec obéissance. Il rattrapa d’une main vive le pantalon qui coulissait le long de sa taille. Si ces vêtements, sur un corps si décharné, aurait pu prendre l’apparence d’un grotesque manque de jugeotte, le jeune adulte les exhibait comme un choix, avec une assurance qui faisait de ce pantalon tombant et ce tee-shirt volatile, une seconde peau. Mais il fallait dire qu'il était habitué à revêtir ce que, de prime abord, on ne lui attribuerait pas. En deux pas, il arpenta le petit salon et arriva dans le minuscule couloir qui menait à l’entrée principale de la chambre. Couloir où se découpait la silhouette de l’homme d’affaire dans la lumière d’une blancheur irréelle qui l’enveloppait tel un suaire. Les pieds nus du brun laissèrent des traces humides sur le parquet alors qu’il se mouvait vers eux, vers lui, avec une démarche maîtrisée.

Dans un premier temps se furent les yeux des interlocuteurs du blond qui s’arrêtèrent sur cette arrivée improvisée, mais Cybrias ne douta pas d’avoir capté l’attention de son nouveau camarade quand sa main se posa avec un naturel tout calculé au creux de ses reins.

« -Qu’est-ce qu’il se passe ? » Demanda-t-il d’un air amusé, comme si l’arrivé de deux policiers à trois heures du matin ne pouvait être qu’un jeu. Son sourcil arqué était d’ailleurs très clair : peu importe les règles, c’est moi qui gagnerai la partie messieurs. Comme si son attitude n’était pas assez arrogante, l’explication sommaire qu’on lui donna fut la cause de l’exaltation de son effronterie.

La main du garçon se posa sur sa hanche, ses yeux allant tantôt à l’un et à l’autre, l’air de dire et la police se déplace pour ça ?

« C’est bon Søren, ces agréables personnes n’ont pas l’air de journalistes de tabloïdes, je pense qu’on peut raisonnablement leur répondre. » Le brun le couva d’un regard complice, la main dans son dos était passé sous le textile et faisait des ronds sur sa peau laiteuse. Le contact visuel ne se rompit que pour que ses yeux retournent se greffer sur les forces de l’ordre. « Hm… Søren et moi avons eu une soirée arrosée. Enfin moi surtout car lui… Ca doit être le sang scandinave, mais rien ne l’affecte. » Alors qu’il parlait, la main toujours dans le dos de Søren passa sur l’arme à feu que Flavian avait pu remarquer tantôt et la renfonça un peu plus dans la poche arrière de son jean, avant de la recouvrir complètement et méthodiquement -sous couvert de caresses- par le tissu pour qu’aucune forme ne puisse s’y déceler. Un fois ceci fait la main s’éloigna tout naturellement pour venir appuyer les propos de l’informaticien à grand renfort de gestes. « J’étais vraiment malade comme un chien, et je n’étais même plus en état de formuler une seule putain de pensée cohérente dans le taxi. Mais après un café salé, j’ai pu me débarrasser de tout ce poison. Je ne vous fais pas un dessin. »

Le policier le plus âgé semblait satisfait de la réponse, prêt à repartir rapidement, mais surement dans un excès de zèle, le plus jeune insista, trouvant peut-être l’histoire trop belle.

« -Notre témoin a vu M. Lindahl attoucher la personne inconsciente que vous dites être. Il lui aurait enlevé ses vêtements et l’aurait palpé avant de la soulever pour l’emmener à sa chambre d’hôtel.»

Cybrias l’écoutait énumérer ses faits tout en sortant de la poche de son survêtement tombant un paquet de cigarette humide. Il mit le bâtonnet entre ses lèvres et actionna le briquet tout en suivant son interlocuteur du coin de l’œil et en acquiesçant froidement. Il ponctua même la fin de l’affirmation par « hm-hm » désintéressé avant de se redresser et de prendre le temps d’inspirer la fumée.

« Il est possible qu’avant mon malaise, nous étions sur le point de débuter quelque chose d’un peu plus pimenté. Enfin, comme vous avez l’air de ne pas trop aimer les sous-textes, je me permets de sous-titrer « avoir des rapports sexuels. » » Il expira sa fumée avec longueur « Donc on a trouvé un petit parc pour profiter de la nuit. Mais je me sentais tellement mal que je l’ai convaincu de le faire à son hôtel malgré le risque qu’on le voit. C’est quelqu’un d’assez important, même si tous les cadre sup’ se ressemble, et ce n’est pas forcément bon pour l’image. Pour ne pas refréner ses ardeurs, je lui ai dit de ne pas attendre la chambre pour être un peu tactile mais -» Il tira encore un coup sur la cigarette avant de la regarder pensivement tout en laissant les volutes s’élever entre eux «- en voyant à quel point j’étais malade, il n’a pas trop insisté. Votre gars est un menteur, il m’a à peine soulevé le tee-shirt. Franchement, un vrai gentleman, d'autre n'aurait pas eu cette délicatesse. Il m’a fait monter à sa chambre et il m’a fait vomir. Et quand je suis allé mieux, on a pu en profiter. Là encore, j’évite les dessins ? Même si je n’étais pas mauvais en schéma à l’école cependant. » Il croisa ses bras, sa main tenant toujours sa clope devant lui. Alors que plus rien ne le retenait, son pantalon tomba, dévoilant sa cuisse à moitié, mais il l’ignora royalement.

« Peut-être pouvons-nous jeter un œil, si ça ne vous dérange pas, monsieur ? » Continua le plus insistant en fixant le blond

Le plus ancien sembla, suite à cette perte de temps monumentale, en avoir assez et vouloir partir ; les histoires de queues des peigne-culs, ça ne l’intéressait que très peu. Mais le plus jeune ne parvenait à ronger son frein. Peut-être par réel soucis de professionnalisme. Peut-être pour épingler deux pédales coûte que coûte. Va savoir. Ce qui était important, c’était que cette question amena à un changement d’espace. Cybrias se mit ostensiblement devant Søren, dans une volonté évidente de donner du poids à ses propres paroles, à sa présence, à faire oublier l’autre. Une façon de dire que ce n’était plus avec Søren Lindahl qu’il fallait traiter, mais avec lui. Et que toute demande était dorénavant destinée à sa personne. Ses yeux traduisaient une lassitude désabusée et un mépris infini. Mais après avoir à nouveau tiré sur la cigarette, il sourit d’un air suffisant.

« Bien évidemment. »

Dans la chambre plus de seringues, plus de produits, seulement des vêtements et une boite de préservatif sur le guéridon. Dans la salle de bain, seul une odeur forte de savon et la buée encore présente sur les parois de la douche et le miroir. Tout se passa très vite ensuite, à coup de « désolé pour le dérangement monsieur, merci de votre coopération. »

La porte claquée, le brun écrasa sa clope dans l’évier avec un soupire prononcé et un air agacé. Il parcouru le salon du regard, pièce qu’il n’avait pas eu l’occasion d’observer en arrivant ici, perdu dans de drôle de limbe. Sans gêne, il se pencha vers l’écran d’ordinateur du blond et parcouru les onglets et les programmes lancés. Un sourire à moitié attendri, à moitié prit de pitié vint déformer ses traits.

« -Tu cherche qui m’a drogué, n'est-ce pas ? » C’était la première fois qu’il s’adressait à lui comme s’il était une personne présente dans la pièce et qu’il attendait d’elle qu’elle réponde. Un souffle goguenard sorti de ses lèvres alors qu’il secouait la tête. « C’est mignon de me croire. Cependant tu te fatigues…» Ses mains s’ouvrirent devant lui comme s’il se blâmait lui-même gentiment « je suis un junkie. » Il se pencha à nouveau vers l’ordinateur. Ses yeux reflétaient la teinte bleutée du pc en face de lui alors qu’il pouvait constater de l’intelligence des moyens déployés en parcourant son contenu. Pas mal… « Les junkies ! » Continua-t-il toujours sur le ton de la révélation. « Sont des menteurs. TOUS ! Et tu peux me croire, j’en ai connu. Il n’y a que ça dans ma famille. »

Le brun se redressa pour le regarder dans les yeux, comme s’il le lui devait, comme si Søren le méritait après tout ce qu’il avait fait ce soir. Et il ne voulait avoir de dette.

« -Mais ce soir, j’y été un peu fort. Je prends en intra quand… Je sens que je perds les pédales. Que je pourrais faire quelque chose qui met en danger tout ce que j’essaye de mettre en place. J’essaye d’arranger les choses. J’imagine que tu comprends… Je n’ai pas envie d’être un pauvre type qui n’a jamais laissé aucune trace ici-bas. »

D’une démarche nonchalante il s’approcha du blond, une main tenant fermement l’élastique de son pantalon pour éviter de l’avoir sur les chevilles.

« Mais j’ai bien failli y rester ce soir. La seule chose qui m’a sauvé ...  »

Ses deux mains s’abattirent sur les bras du blond.

« ... c'est toi ! Merci, mon grand. Je pense que toi... ! » Son index pointa impérieusement le torse du blond. « Et moi- » Son pouce se tourna vers lui-même. « -avons à discuter. Tu devrais t’asseoir, kiddo. Ca risque d’être un peu technique à partir de maintenant. »







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 ►Affiliation :
Le Talon.

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Søren Lindahl
Everybody wants to rule the world
Dim 29 Oct - 22:28



A Craving For Søren Lindahl.
Flavian  ▬   Søren

Son visage est froncé, outragé. Sa patience se morcèle et sa prestation lissée de politesse s’effrite, son regard bleu tempête accroche les agents avec une virulence en croissance exponentielle. Sans filtre, excédé comme un enfant n’ayant pas à considérer les conséquences, le trentenaire les transperce d’un silence bouillonnant qui trahit son implosion imminente. Son sourire se craquèle pour ne laisser qu’une expression de colère mal contenue. Grésillante. Il ne répond plus à leurs questions. Comment osent-ils interférer dans ce moment ? Le cadre ne peut tolérer cette présence parasite à côté du partenariat qu’il doit tisser avec l’informaticien. Cela équivaudrait à souiller un instant sacré, un instant n’appartenant qu’à eux deux. Il ne peut supporter la moindre interface venant contrarier la récupération de Flavian – récupération à laquelle il a tant travaillé. Alors qu’il s’apprête à claquer la porte en méprisant royalement les répercussions une silhouette se découpe dans son champ de vision, le dissuadant aussitôt de laisser jaillir sa rage.
Il se doit d’être au meilleur de lui-même devant lui. Pour lui. Alors le cadre se recompose en balayant ses cheveux, adresse à l’ingénieur une injonction non-négociable nuancée d’un regard précautionneux. « Flavian. Je vais régler ça tu peux aller te recoucher. » Une ordonnance qui meurt aussitôt formulée.
Søren est figé sur place lorsque la main de l’informaticien s’installe dans son dos. Ce contact est tellement inespéré qu’il apaise immédiatement la bête qui jamais n’aurait songé à en demander tant. Toute sa colère se liquéfie pour laisser place à une incompréhension bien tangible. L’agent du Talon laisse courir sur le plus petit des yeux ouvertement déboussolés, il n’arrive pas à formuler du cohérent alors il s’abstient pour ne pas démériter. Le garçon prend-il la mesure de ce qui se déroule devant lui ? Lindahl est percuté par l’évidence lorsque Cybrias profite de leur proximité pour réajuster l’arme qui menaçait d’apparaître – à laquelle lui-même ne pensait plus. Il comprend alors qu’il est en train d’assister à une réelle prouesse. Muettement, religieusement, il lit sur le visage de l’ingénieur des expressions qu’il n’avait jamais compris auparavant. Ses yeux luisent d’une admiration sauvage. La révélation est chaude et ensoleille son visage. Eux deux, eux seuls, partagent l’intimité du secret. Il pourrait s’agir d’un coup de foudre si le cadre réfléchissait par le registre du sentiment, pour lui il s’agit davantage de l’incarnation du destin. Flavian Cybrias et lui sont voués à travailler ensemble. A s’élever. C’est si évident qu’un sourire béat fend ses lèvres closes, à intervalle irrégulier il ne peut s’empêcher de pouffer d’un rire qui dévoile ses dents blanches. Son euphorie est violente mais il la contient pour ne pas interrompre la démonstration de son partenaire – car oui, le partenariat est désormais une évidence. Ils travaillent déjà ensemble à cette seconde. Il voudrait toucher en retour Flavian. Le besoin est impérieux et embrume par à-coups son regard figé sur le corps frêle. Il veut l’enlacer. Il en a besoin pour remercier cette chance. Pour autant le garçon et sacré et le moment ne semble pas propice. Søren reste à sa place, à son poste, respectant les engagements qu’il n’a pas formulé mais qui existent de manière absolue. Il acquiesce à la version des faits de Cybrias sans rien ajouter et ne sait regarder que lui. La perfection.
Puis une douche froide. Cet enfoiré de flic veut entrer – or si ce dernier observe l’état de la chambre les complications s’ouvriront en arborescence. Lindahl s’y oppose vigoureusement en pensées mais ne formule rien en mordant violemment sur ses dents, il vient chercher son partenaire d’un regard bas qui questionne tacitement la marche à suivre qu’il souhaite engager. Søren se serait loyalement adapté à n’importe quelle configuration, aurait même accepté de sortir son parabellum si Flavian avait esquissé ne serait-ce qu’un geste dans cette direction. Ici il se décale donc d’un pas pour permettre aux officiers de procéder à l’inspection. Si son cœur tambourine contre sa poitrine sa résolution reste stable. La chaleur qui coule le long de sa nuque est ignorée. Cybrias lui apparaît pleinement en contrôle alors il n’a pas le droit de douter. Une confiance éperdue est non-négociable dans un partenariat de cette valeur.
Et les faits lui donnent raison : la chambre est maintenant nettoyée de tout soupçon. Le cadre tique lorsqu’il reconnait la boîte de préservatifs – il aurait préféré que Flavian ne tombe pas dessus mais se raisonne, son associé doit comprendre qu’il s’agit là d’un outil semblable à un autre. Honteux il lui adresse une œillade presque fautive, le faciès crispé.
Mais en une seconde les gêneurs sont révoqués du revers de la main.
Et les voilà à nouveau seuls. Si l’informaticien occupe amplement l’espace Søren reste ancré sur place. Statufié dans son émerveillement pour encore une seconde il finit par le lui offrir sans nuances. « Flavian… J’ai l’ai toujours su. Dès la première fois où je t’ai vu. Maintenant je sais que tu comprends aussi. » Il ne résiste plus et dévore l’espace qui ose encore les séparer. Il explose du rire d’un enfant devant son plus beau noël. « Tu le ressens aussi n’est-ce pas ? » Ses bras allaient l’empoigner et enfin le toucher à nouveau, besoin furieux embrasant chaque centimètre de sa peau. Mais il est arrêté avant d’être satisfait. L’informaticien s’échappe pour observer son écran et Lindahl ne parvient pas s’en offusquer. Il s’agit sûrement d’un rappel à l’ordre légitime – des explications s’imposent en effet.
Le cadre ne s’attendait pas à ça. Là où la révélation qui lui parvient aurait pu entacher sa rêverie malade elle ne fait qu’amplifier davantage son besoin d’incarner pour Flavian le partenaire idéal. Il ne lui en tient pas rigueur, bien trop enfiévré à l’idée d’être celui pouvant l’aider. Car c’est assurément le rôle que l’informaticien vient de lui reconnaître. Cette validation est si puissante qu’elle anime son corps et cette fois, enfin, Søren referme ses bras robustes autour de la silhouette malingre. Le blond dépose son menton contre l’épaule frêle et ferme les yeux pour mieux s’abreuver de cet accomplissement qui entête. « Je serai là pour t’aider à laisser cette trace. Je ne laisserai plus ça se produire. Toi et moi, nous allons devenir des dieux. » S’il le relâche c’est uniquement parce que le brun en fait la demande. Pour y répondre fidèlement il s’assoit.
Une moue peinée ourle légèrement ses lèvres mais il n’oppose aucun commentaire. Le contact lui manque déjà cruellement. Il n’est pas rassasié. Il s’assène alors une gifle mentale car une fois encore il ne doit pas fauter devant lui. L’entendre énoncer un « toi et moi » est une nouvelle preuve. Le sérieux revient ainsi ordonner son visage et redresse son dos rond dans un semblant d’assurance. Une nouvelle nécessité s’impose, celle de la transparence pour rendre l’initiative de Flavian qui vient de la lui offrir. Ses mains vissées à ses genoux le blond ose accrocher le regard de Cybrias. Il n’a jamais parlé de ça, le refoulement est si profond que les mots ne semblent pas exister. « Tu as raison je comprends. » Mais il s’agit pour commencer de l’évidence à souligner, ce lien entre eux est un guide. Le reste est plus laborieux. « J’ai travaillé très dur pour ne pas ressembler à mon père. A un raté mort en ne laissant derrière lui que la preuve de son incapacité à construire quoi que ce soit. Son entreprise criblée de dettes n’aura vécu pitoyablement que deux semaines de plus que lui. » Une grimace. Une négation de la tête. Ses mots sont hachés avec une violence sourde et son expression faciale se déforme à vue d’œil pour finalement retomber dans une moquerie enfantine avec la chute de son histoire. Versatile il interrompt ce registre pour rayonner d’un amour soudainement brut, pétillant dans ses yeux bleus. « Tu n’es pas comme lui. » Il se redresse pour lui faire face. Ses mains viennent lentement encadrer le visage du plus petit et il le couve d’un regard transi –  humide, des gouttes perlent sans qu'il ne se sente honteux. « Je t’aime. » L’ultime évidence. S’il ne connaît pas les déclinaisons du sentiment de ça il est persuadé. Il l’aime de la manière la plus absolue qu’il connaisse – celle qui accorde la confiance, celle qui rend le dévoilement logique. En suspension, troublé par la force de l’instant, Søren dessine contre la peau du plus petit des arabesques éperdues. « Il y a beaucoup de choses que tu ignores me concernant, Flavian. Tu dois savoir qui je suis pour que nous puissions travailler sur de bonnes bases. » Une inspiration coûteuse. « As-tu déjà entendu parler de Valda Karala ? »






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 ►Véritable nom :
Flavian Cybrias


 ►Localisation :
Patras (Grèce)

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Flavian Cybrias
Recrue
Ven 17 Nov - 12:11



A Craving for Søren Lindahl.
Flavian  ▬   Søren



Cybrias éprouva un certain soulagement quand il vit enfin l’homme d’affaire s’asseoir comme il lui demanda. Il reprenait le contrôle ; ce contrôle qui lui manquait terriblement au quotidien, contraint qu’il était d’observer la faiblesse peser dans chacune de ses décisions. Cette soudaine proximité et cette discussion commençait à l’indisposer, n’étant absolument pas de son fait. Il fallait avouer qu’il avait de mal à cerner ce que cet esprit versatile face à lui pouvait échafauder.
Pour preuve, il était reparti dans un discours qui n’avait rien à voir avec ce dont le jeune adulte voulait l’entretenir. Alors il posa ses mains sur ses hanches avec un air désabusé, se consolant d’avoir de nouvelles informations à user sur Søren et qu’au moins il soit enfin tranquillement assis.

« Tu n’es pas comme lui. »

Eeeeet le revoilà debout. Quelle joie. Une sensation d’éclaboussure le fit relever les yeux, qui s’était détournés pour mieux montrer leur dépassement pour ce genre de considération. Ce que l’informaticien découvrit en le faisant figea son mépris et sa nonchalance, laissant échapper complétement les éléments qu’il penser acquis à sa compréhension. Pourquoi le blond pleurait-il maintenant ? Ce genre de démonstration était autant de radeaux à contre-courant dans le lit de son résonnement. Il ne songea pas une fois à se moquer, pas à trouver cela pitoyable, trop occuper à tenter d’user de cette nouvelle donnée pour mieux comprendre l’homme d’affaire et ce qu’il était possible d’en ressortir. Alors que les mains pâles du blond prenaient leurs aises sur ses pommettes, le plus petit laissait ses mains ouvertes de part et d’autre d’eux, n’effleurant même pas son interlocuteur, comme si le toucher aurait été montré une permissivité qui n’avait pas lieu d’être.

« Je t’aime »

Et la voilà. L’ultime évidence. Pourtant elle tombait comme un cheveu sur la soupe, mais quand cela sorti de la bouche de l’allumé ce fut comme un éclairage complet sur la scène. Même si Cybrias n’arrivait pas à saisir la raison de cette révélation, ce qui alimentait l’amour du cadre supérieur envers sa personne, il n’avait pas besoin de comprendre le fond de l’affaire pour s’en servir. Les sentiments amoureux l’avaient, de toute façon, toujours bien plus dépassés que Flavian qui n’était pourtant pas un modèle de romantisme.  Deux révélations dont il ne douta pas une seconde, si bien qu’il sauta sur l’occasion. Avec un regard bien plus doux il attrapa le bras de Søren pour attirer son attention, les yeux plus déterminés que jamais. Sa main libre se leva et passa impérieusement sur sa nuque alors qu’il le regardait dans les yeux sans faillir.

« C’est pour ça que je sais que tu es le seul à pouvoir m’aider, kiddo. »

Malgré sa résistance face au contact, il laissa gracieusement le plus grand s’adonner à des caresses réconfortante (pour sa propre personne, évidemment) sur son épaule.

« Il y a beaucoup de choses que tu ignores me concernant, Flavian. Tu dois savoir qui je suis pour que nous puissions travailler sur de bonnes bases. »

La méfiance s’activa dans l’esprit du brun. Pourquoi lui disait-il cela ? Etait-ce un piège ? Ça n’en avait pas l’air… Peut-être parlait-il seulement de Vishkar. Préservait-t-il sa coquille si immaculée dans un besoin d’être le plus beau pour parader devant lui, ou en savait-il plus ?

« As-tu déjà entendu parler de Valda Karala ? »

La réponse à cette révélation fut le regard choqué du plus petit. Mais attention à ce qu’on ne s’y méprenne pas, ce n’était pas le contenu qui l’étonnait au point de l’avoir contraint à un pas de recule, mais bien son exactitude confirmait tout ce qu’il doutait depuis longtemps. Lien entre organisation terroriste et multinationale -qui était déjà un fil d’Ariane que l’on devinait en plissant les yeux- devenait à présent une corde de foulards criards rayonnante d’accusation. Voilà qui l’intéressait. En regardant le blond il prit conscience qu’il ne pourrait user de cette nouvelle -et pour le moins étrange- relation sans un minimum de forme, ce qui n’était pas son fort. Il n’avait généralement qu’à traiter avec des personnes froides et aux intérêts purement pécuniers quand ce n’était pas de tout simplement ignorer le monde en travaillant dans son coin. Alors il devait être doux. Il devait être précautionneux.

« Je la connais. C’est une grande personnalité ; un vrai modèle de ce qu’est notre modernité. Un modèle monarchique dissimulé sous une une parade de faux-semblants « démocratiques » qui est vouée à faire croire à la plèbe sa chance d’accéder à une coure inatteignable. Héritière, perspicace et machiniste hors pairs de ses mignons aristocrates. »  Son regard se plissait alors qu’il toisait le suédois dans une tentative de le décrypter. « Je ne comprends pas ce qu’elle vient faire dans la discussion. » Dit-il, comme le pauvre idiot qu’il jouait. Ce qu’il avait trouvé dans la chambre de Lindahl, monsieur tout le monde n’y avait pas accès ; pour autant, le blond n’avait pas l’air d’être un quelconque dealer et encore moins un junkie. Alors, comment connaissait-il un fournisseur de produit médicaux hospitaliers ? Ce type n’était pas clair, tout portait à croire que tout en lui restait encore à découvrir et cela arrangeait beaucoup les affaires de Cybrias.

Ce Cybrias qui posa brusquement une main sur l’épaule de Søren en la serrant et la desserrant, faisant des cercles bourrus et mal dosé sur sa peau lisse, ne le laissant pas enchaîner avant de se précipiter sur l’occasion de lancer la machinerie. Avant d’apprendre que l’homme d’affaire n’avait sûrement pas les mêmes aspirations que lui, il devait l’amener à ses filets.

« D’ailleurs, cette femme organise un gala bientôt. Et je compte bien en être. Car j’ai un projet qui vise à laisser une marque profonde et peut être bienfaitrice sur le monde dans son entièreté. Ce projet peut être mon- non… » Il resserra sa prise sur son épaule. « Notre monument nous apportant la prospérité. Comme la formation d’une terre divine à notre image. Nous pourrions devenir des dieux. Ne pas mourir en ratant la possibilité de construire notre passage sur cette terre. Je ne veux pas mourir en étant insignifiant, comme tellement de personne, comme tellement de gens ordinaires, comme mon frère, comme ton père. » D’une main ferme, il attrapa son autre épaule pour l’encadrer de sa fine présence. « Et pour cela, je veux savoir qui tu es… Je veux que tu me le dises, que tu me dises tout. Même si je sais déjà qui tu n’es pas : une personne quelconque. Dis-moi qui tu es, Søren»







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A Craving For Søren Lindahl.

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Overwatch : The Recall-